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25 septembre 2008

Le corps sublimé

Quatre films, quatre expériences, quatre regards tous aussi singuliers sur notre monde. Quatre manières d'exorciser les peurs ancestrales qui siègent en l'homme. Quatre peintres de la lumière qui cherchent à représenter ce qu'on cherche à tout prix à ignorer dans notre quotidien : l'exclusion, la monstruosité, la mort. Jérôme de Missolz nous emmène dans une double séance de près de 1h30 chacune suivre l'aventure incroyable de quatre artistes hors normes qui sculptent les corps (morts comme vivants) en quête du sublime photographique.

COUP DE COEUR
LE CORPS SUBLIME
Un documentaire de Jérôme de Missolz
Durée : 2h55
Date de sortie : 05 septembre 2007

le corps sublimé

Pourquoi le sens des choses est dans ce que l'on ne voit pas ? Eternelle problématique qui travaille au quotidien l'ensemble des artistes photographes de tous bords, les acculant à sonder les tréfonds de la matière impondérable et sans corps qu'incarne la lumière.
Il serait vain de s'atteler à la critique des quatre différents films qui sont ici réunis sous la bannière commune intitulée Le Corps Sublimé. Au lieu de proposer une séance unique dont la longueur excéderait les 3 heures, les distributeurs ont choisi de proposer deux séances. Deux expériences à la fois distinctes et complémentaires. Chacune d'entre elles représente un vibrant témoignage des mondes extrêmes qui habitent l'univers de la photographie.

La première séance s'articule autour du corps féminin dont l'intimité devient la pierre angulaire des deux moyens métrages : "I" réalisé en 1995 de 13 minutes, et "Sans titre" réalisé en 2006 de 72 minutes. Le premier se présente sous la forme d'un documentaire qui suit un modèle prénommé Isabelle. Agée de 30 ans, en public elle est secrétaire médicale dans un hôpital de la capitale, et depuis près de quinze ans, en privé elle propose de poser nue devant l'objectif des plus grands photographes du monde entier avec comme seule exigence d'avoir un exemplaire d'un tirage. Le second film, "Sans titre", est un portrait fictionnel de Francesca Woodman. Le réalisateur Missolz plonge ici dans l'expérience imagée des mots, des couleurs, des sensations, les faisant se parler au rythme d'une secrète harmonie, cherchant à explorer par le biais de l'image animée l'univers si personnel de la défunte photographe.

le corps sublimé

La seconde séance propose de plonger plus en avant dans les méandres créatives de deux grandes figures masculines de la photographie : Jan Saudek, Prague Printemps 90 de 25 minutes, et le second Joel-Peter Witkin, l'image indélébile de 1994 dure 55 minutes. A la manière d'un documentaire qui les suit au quotidien Missolz met en perspective le travail inhabituel de ces artistes atypiques qui parviennent à franchir les limites habituelles de la représentation pour tendre aux confins de la fascination des corps hors normes. Tous deux proposent un univers pictural chargé d'une intensité rare où la fascination rejoint le morbide.

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