Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Leblogducorps
Publicité
Leblogducorps
Publicité
Archives
Publicité
28 novembre 2007

Vanessa Beecroft & Anthon Beeke

Vanessa Beecroft perd son "Alphabet"

LE MONDE | 27.11.07 | 15h38  •  Mis à jour le 27.11.07 | 15h38

Vanessa Beecroft, le 7 avril 2005, à Berlin. | AFP/MICHAEL KAPPELER Vanessa Beecroft, le 7 avril 2005, à Berlin.

AFP/MICHAEL KAPPELER

Augmentez la taille du texte
Diminuez la taille du texte
Imprimez cet article
Envoyez cet article par e-mail
Recommandez cet article
Citez cet article sur votre blog
Classez cet article
Réagissez à cet article

D'un côté, Anthon Beeke, graphiste et designer néerlandais né à Amsterdam en 1940, fort d'une réputation de provocateur inventif. De l'autre, Vanessa Beecroft, artiste américaine, quoique née italienne à Gênes en 1969.

Ses performances et photographies de grandes filles nues à la peau blanche et à la chevelure rousse lui ont valu une notoriété rapidement internationale. Elles passent pour des icônes du post-modernisme, d'autant que l'artiste adopte volontiers des poses d'intellectuelle pour justifier ses mises en scène.

En janvier 2006, Vanessa Beecroft concevait l'exposition inaugurale de l'Espace Louis Vuitton, à Paris, sur les Champs-Elysées. Intitulée "Alphabet Concept", celle-ci présentait un alphabet dont chaque lettre est dessinée par plusieurs nus féminins de façon à obtenir des majuscules. Dont un LV, initiale de la marque, pour laquelle Beecroft avait auparavant réalisé une installation, des mannequins blanches et noires - nues évidemment - dans les rayonnages du magasin parisien, parmi les articles de maroquinerie. La collaboration entre l'artiste et la firme satisfaisait si bien LVMH que les Edizioni Charta ont publié à Milan en septembre dernier le livre VBLV, pour "Vanessa Beecroft Louis Vuitton", dans lequel l'alphabet anatomique est reproduit.

En 1969, Anthon Beeke avait eu la même idée et l'avait réalisée de façon identique. Son alphabet a été édité en 1970 par De Jong and Co. Vanessa Beecroft n'en savait rien. Elle l'affirme dans un communiqué publié conjointement avec Louis Vuitton, daté "novembre 2007". Elle y reconnaît que son travail est "une copie non autorisée" de l'oeuvre du designer néerlandais. Elle affirme "n'avoir jamais eu l'intention de créer une confusion entre le travail d'Anthon Beeke et le sien" et s'excuse pour les malentendus qu'elle a pu susciter. En conséquence, elle renonce à tout usage ultérieur de son Alphabet Concept. Les Edizioni Charta ont immédiatement retiré de la vente VBLV et annoncé cette mesure sur leur site Internet, de même qu'Anthon Beeke, dont le droit d'auteur se trouve ainsi reconnu. L'affaire est donc considérée comme réglée.

AnthonBeekeB.jpg

AnthonBeeke3.jpg

beecroft_vuitton.jpg

BeecroftVuitton02.jpg

wimdelvoye1.jpg

Reste un point d'histoire : bien avant Anthon Beeke et Vanessa Beecroft, l'idée de dessiner des lettres avec des corps nus avait séduit les premiers imprimeurs du début du XVIe siècle.

Ils cherchaient alors à associer les proportions idéales de l'homme à celles de son écriture. Que Beeke et Beecroft ne s'inquiètent pas : ces anonymes ne réclameront rien au nom du copyright. Ils n'en sont pas moins les véritables inventeurs de jeux de corps et de lettres.

Publicité
Commentaires
Publicité