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22 novembre 2006

Journée franco-japonaise:philosophie des sciences et éthique

le programme et les résumés d'une journée philosophique franco-japonaise qui se tiendra le vendredi 24 novembre (vendredi prochain) à l'Institut d'histoire et de philosophie des sciences, 13 rue du Four.

Les thèmes portent sur la philosophie des sciences de la vie et l'éthique. Vous y êtes cordialement invité(e).

Journée franco-japonaise:
philosophie des sciences et éthique
IHPST, 13 rue du Four, 75006 Paris, 24 novembre 2006

9h45
Introduction de la journée et accueil des conférenciers (O. Kanamori, J. Dubucs, J. Gayon)

10h
Tetsuya Kono
Les animaux comme problème philosophique et éthique
Traditionnellement, la philosophie moderne s'est distinguée nettement de la psychologie par la manière dont elle comprend les rapport entre les êtres humains et les animaux en général. Il a certes existé une tradition de pensée pour soutenir que les différences les uns et les autres étaient seulement quantitatives. Mais la majorité des philosophes a reconnu une différence fondamentale dans le fait que les animaux n'ont pas de capacité linguistique. De la sorte, l'humanité a été définie d'une manière qui supposait une différence importante avec les animaux. Dans mon intervention, je voudrais montrer que les deux traditions s'appuient implicitement sur une idéologie plus ou moins partagée, et je mettrai en cause leur façon de définir l'humanité, en me référant aux résultats récents des sciences cognitives et de l'éthologie contemporaine.
Répondant: Georges Chapouthier (IHPST)

11h
Osamu Kanamori
Itinéraire philosophique et social de Daniel Callahan: une perspective pour la méta-bioéthique
Vers la fin des années 1960, Daniel Callahan et Willard Gaylin ont donné une impulsion décisive à la bioéthique en l'institutionnalisant en Amérique. Les engagements et la pensée de Callahan sont essentiels pour comprendre les caractéristiques, la portée, et sans doute certaines limites de la bioéthique américaine. En examinant la majorité des ouvrages importants de Callahan, j'essaierai de mettre en lumière la trajectoire intellectuelle et sociale de sa pensée, et de réfléchir sur ce que c'est que la bioéthique en tant qu'appareil social d'ajustement entre les problèmes posés par la médecine contemporaine et les dimensions variés de notre existence biologique et culturelle.
Répondant: Jean Gayon (Un. Paris 1 & IHPST)

12h-14h Déjeuner

14h
Hiroyuki Yamaguchi
La fondation du comité d'éthique de la recherche médicale au Japon
Le premier comité d'éthique au Japon fut fondé en 1982 à l'Université de Tokushima ou je travaille actuellement. Nous avons interviewé l'un des fondateurs, le Professeur Mori, sur l'histoire et les buts  poursuivis dans la fondation du comité, dans l'espoir de  dégager les caractéristiques du comité japonais relativement aux comités des États-Unis. Une des caractéristiques du cas japonais est  que le comité d'éthique et de la recherché médicale fut fonde pour susciter une acceptation sociale de la fécondation in vitro. En un mot, l'objectif du comité japonais était surtout de favoriser les recherches scientifiques, tandis qu'aux États-Unis, ils avaient plutôt pour but de les contrôler et de les régulariser. J'exposerai les problèmes actuels des comités éthiques au Japon.
Répondant: Jean-Paul Amann (Collège de France)

15h
Masataka Muramatsu
La réception de Bichat au Japon
La discussion de Bichat sur la vie et la mort n'a longtemps attiré l'attention que de quelques spécialistes au Japon. Mais, quand "la loi de la greffe d'organe" (1997) a légalisé "la mort cérébrale", ceci a engendré des controverses sur le "critère de la mort", et quelques historiens des sciences et sociologues ont eu recours à la pensée de Bichat pour relativiser les conceptions simplificatrices de la mort qui intervenaient dans ces controverses. Je voudrais présenter ce débat et les travaux qui y sont lies. Ils ont aidé à approfondir la compréhension de la médecine occidentale au Japon.

Répondant: Jean-François Braunstein (Un. Paris 1 & IHPST)

16h-16h30
Pause


16h
Shin Abiko
Amane NISHI et le problème "Mind-Body"
Il y a cent cinquante ans, lors de l'ouverture de leur pays à la civilisation occidentale, les jeunes intellectuels japonais se sont rués presque exclusivement sur les sciences et les technologies. Mais Amane NISHI (1829-97) a sciemment opté pour la philosophie, et l'a définitivement introduite au Japon, en inventant pour la circonstance le mot japonais qui désigne la philosophie, à savoir tetsugaku. Ce que NISHI a retenu de la philosophie occidentale, ce n'est pourtant ni le platonisme, ni le cartésianisme, mais le comtisme, dont il réticent essentiellement non la sociologie, mais la mais sa réflexion sur la biologie. Parmi les savants présents dans la "biologie" comtienne, ce n'est pas Bichat ou Blainville qui l'ont principalement intéressé, mais Gall. Ainsi, la philosophie occidentale introduite au Japon pour la première fois par NISHI, n'était pas métaphysique, mais tout à fait positive, trop positive même: pour NISHI, tous les problèmes philosophiques semblent se réduire a des problèmes phrénologiques. Dans mon intervention, je m'interrogerai sur l'attitude indéniablement insolite de NISHI vis-à-vis de la philosophie occidentale, et je me proposerai d'élucider, non pas le mind-body problem lui-même, mais le sens philosophique éventuel de ce problème.
Répondant: Michel Bourdeau (IHPST)

17h30
Chiaki Kagawa
La neuroéthique: une nouvelle bioéthique?
Une grande étude sur une cohorte d'enfants est en cours sous le patronage du gouvernement japonais pour mieux comprendre le développement cérébral des enfants «normaux» à l'aide de l'imagerie fonctionnelle.du cerveau. En même temps, le projet d'une nouvelle éthique des problèmes soulevés part les neurosciences commence à se mettre en place au Japon. Cette neuroethique se distingue-t-elle de la bioéthique existante? Nous voudrions faire une comparaison entre ces deux éthiques et essayer d'indiquer les traits de neuroéthique.
Répondant: Eric Charmetant (IHPST)

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