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17 septembre 2006

Danse corps, ville Ballet national de Marseille

Biennale de la danse
Métapolis II : une chorégraphie de Frédéric Flamand et Zaha Hadid
Ballet National de Marseille
Une réflexion sur la disparition du corps dans la ville.
Metapolis II engage le chorégraphe Frédéric Flamand et l’architecte designer Zaha Hadid dans une réflexion sur la disparition du corps dans la ville. Objet sans limite, la ville s’est métamorphosée en mégapole, en objet informe. Tout n’est plus que flux emportés par un mouvement brownien .La rotation des stocks préfigure les âges de la vie .La ville héritière de la Renaissance et des Lumières se fragmente puis se médiatise. Hollywood et sa banlieue Los Angeles anticipent la cité de demain, où le centre aura disparu comme polarité des énergies. La friche, les territoires délaissés, délestés par la ville seront des nouveaux lieux où s’inventeront de nouvelles formes de sociabilité. L’omnipotence des caméras de surveillance contiendra les franges du monde urbain. Les écrans deviennent les lieux de la représentation, l’infographie le sens du monde. Les anciens lieux symboliques de l’être-ensemble se figent en musée ou deviennent des sites de rencontres. L’écran d’ordinateur est un des lieux où l’on pourra encore saisir les traces avant la mise en place de logiciels chargés d’éliminer toutes traces de passage. Le temps s’allège .l’apesanteur gagne ! Le processus de miniaturisation tend aussi à dématérialiser l’ordinateur en le transformant en objet nomade. Cette entropie généralisée est perçue par le chorégraphe et l’architecte comme une force de régénération. Metapolis II est un arrêt sur image d’un processus en cours .L’espace scénique se déploie dans une architecture qui se transforme progressivement en images de synthèse. Les danseurs sont littéralement happés par la scénographie, les corps deviennent des écrans, des images virtuelles. Le dedans et le dehors se fondent. Le mouvement devient la seule force tangible à quoi le spectateur peut encore se raccrocher.
La mutation accélérée de nos villes a-t-elle aiguisé notre réflexion sur le rapport étroit entre les individus et l’architecture qui conditionne leur quotidien ? Pour le chorégraphe Frédéric Flamand, cette préoccupation est aujourd’hui centrale. Elle débute en 1996 par une collaboration étroite avec les architectes américains Elisabeth Diller et Ricardo Scofidio dans la conception du spectacle Moving Targets. Le Festival de Marseille, sensible à cette problématique innovante, a présenté l’oeuvre à l’Opéra de Marseille dès 1998. À chacun de ses projets suivants, le chorégraphe belge a approfondi cette recherche, bénéficiant du concours de grands noms de l’architecture mondiale comme Jean Nouvel, Dominique Perrault et Zaha Hadid. Plus encore que de «faire danser l’espace», ces différents travaux, accompagnés d’un dispositif multimédia, ont montré la pertinence d’une relation, dans la conception même du spectacle, entre l’architecte et le chorégraphe : «Tout l’espace est en mouvement, explique Frédéric Flamand. On ne sait plus si les danseurs dansent devant ces structures et les images ou, au contraire, s’ils en sont les réceptacles». Zaha Hadid et Frédéric Flamand donnent cette année une suite à leur première collaboration chorégraphie/architecture avec Metapolis II. Nourrie par les grandes avant-gardes du XXe siècle, Zaha Hadid aime à se définir comme une Babylonienne avec «5000 ans de culture», revendiquant son patrimoine oriental. Cette nouvelle oeuvre annonce de fait une grande collusion entre histoire et modernité.
FRÉDÉRIC FLAMAND
Dès ses débuts, Frédéric Flamand s’intéresse aux problématiques extérieures à la danse : technologie, multi-disciplinarité. En 1991, le chorégraphe est nommé directeur artistique du Ballet Royal de Wallonie, où il élabore un dialogue entre techniques classiques et expressions contemporaines, mettant l’interprète au centre des préoccupations artistiques. Depuis 1996 il développe un travail au long cours à propos de l’architecture (avec Zaha Hadid, Jean Nouvel, Thom Mayne et La Cité Radieuse avec Dominique Perrault présenté au festival de Marseille en 2005). Frédéric Flamand est à la tête du Ballet National de Marseille depuis septembre 2004.

ZAHA HADID
Britannique d’origine irakienne, Zaha Hadid est la première femme à recevoir le Prix Pritzker en 2004, le plus prestigieux prix de l’architecture contemporaine. Architecte déconstructiviste, elle définit son travail comme “une expression du mouvement moderniste” se nourrissant des symboles de la culture arabo-islamique qui est la sienne. Elle bâtit aujourd’hui, à travers le monde, des oeuvres aux géométries fragmentées et aux angles aigus, beautés abstraites et dynamiques qui défient la gravité autant que les conventions de l’architecture moderne. Elle est l’auteure de la future tour commandée par l’armateur

http://www.festivaldemarseille.com/download/MetapolisII.pdf#search=%22fr%C3%A9d%C3%A9ric%20flamand%20m%C3%A9tapolis%202%22

http://www.biennale-de-lyon.org/danse2006/fran/movie.htm

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Commentaires
C
Déhanchés architecturaux sur les bords du Golge persique :<br /> http://www.linternaute.com/savoir/grands-chantiers/06/actualites/dubai-dancing-towers-zaha-hadid.shtml<br />
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