Simondon
la parution du n°3/2006 de la Revue philosophique, consacré à l'oeuvre de Gilbert Simondon. Vous en trouverez ci-dessous le sommaire et les résumés d'article :
Sommaire:
Jean-Hugues Barthélémy : "Présentation de l'Encyclopédisme génétique"
Pierre Montebello : " Simondon et la question du mouvement"
Jean-Hugues Barthélémy : "Deux points d'actualité de Simondon"
Vincent Bontems : "Encyclopédisme et crise de la culture"
Bernard Stiegler : "Chute et élévation. L'apolitique de Simondon"
Gilbert Simondon : "Mentalité technique" (article inédit)
Résumés:
Pierre MONTEBELLO. – Simondon et la question du mouvement
Qu’est-ce qu’un mouvement réel ? En posant cette question avec une vigueur nouvelle, Simondon a aussi redonné sens à quelques moments essentiels de la philosophie française. Simondon avait lu Maine de Biran et Bergson, et sera lu comme eux par Deleuze. Par-delà ces rencontres factuelles, est passée entre eux une façon d’élever en problème majeur la question du mouvement, et de ne pas séparer mouvement, conscience et tout. C’est cette double dimension « métaphysique et logique » (Simondon) du mouvement que nous avons voulu ressaisir.
Jean-Hugues BARTHELEMY. – Deux points d’actualité de Simondon
Si l’Encyclopédisme génétique de Simondon offre de quoi surmonter la crise du sens qui caractérise l’époque des technosciences, c’est d’abord parce qu’il présente une pensée de l’homme, de la technique et de la connaissance capable d’assumer deux paradoxes sans jamais tomber dans la contradiction. D’une part, il construit une pensée non-anthropologique de la technique qui pourtant ne se présente pas comme « destinale », dépassant par là le débat entre la sociologie des sciences et la pensée heideggerienne. D’autre part, il rend possible une théorie de la connaissance qui distingue radicalement Relativité philosophique et relativisme.
Vincent BONTEMS. – Encyclopédisme et crise de la culture
Le désir de répondre aux déséquilibres issus de la dissension entre culture et technologie alimente l’ambition philosophique de Gilbert Simondon. Son « engagement technologique » prend sens à partir d’une conception complexe et non-dualiste du progrès humain. On peut restituer, à partir de textes parfois inédits, l’élaboration de l’Encyclopédisme, dont Simondon se réclame et dont il repère les phases successives. Le projet final d’une communication multiphasée éclaire la fonction régulatrice dévolue à la philosophie dans la Culture
Bernard STIEGLER. – Chute et élévation. L’apolitique de Simondon
Même si Simondon, comme l’a bien relevé Jean-Hugues Barthélémy dans Penser la connaissance et la technique après Simondon, souligne le rôle de stabilisateur du transindividuel dévolu à la technique, il n’analyse pas la dimension intrinsèquement technologique du préindividuel. C’est pourquoi la religion, que Simondon origine pourtant dans la magie, n’est pas pensée depuis sa constitution profondément technique. Or, cette question revient là où Simondon s’avance du côté de la psychanalyse : la critique simondonienne de cette dernière n’a pas clairement formulé l’objection qu’il faut lui adresser, à savoir qu’elle ne pense pas le rôle de la technique dans l’individuation, c’est-à-dire dans le désir.
Gilbert SIMONDON. – Mentalité technique
« Cet exposé n’est pas orienté vers l’ontologie mais vers l’axiologie. Il vise à montrer qu’il existe une mentalité technique, et qu’elle est en cours de développement, donc incomplète, et risquant d’être prématurément considérée comme monstrueuse et déséquilibrée.[…] Nous allons tenter de montrer que la mentalité technique est cohérente, positive, féconde dans le domaine des schèmes cognitifs, incomplète et en conflit avec elle-même parce que mal dégagée encore dans le cadre des catégories affectives, enfin sans unité et presqu’entièrement à construire dans l’ordre du vouloir » (Simondon).
Cordialement,
Jean-Hugues Barthélémy
Université de Paris 8