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23 août 2006

Taxidermie HARDCORPS film

Sans tabou, György Pálfi traite de l'obsession corporelle à travers trois hommes, trois générations de la même famille. Pour son deuxième film, après Hic (de crimes en crimes),le réalisateur hongrois signe un film radical et innovant. Une expérience à vivre.

http://www.imedias.biz/cinema/focus-taxidermie-7648.php

"On peut tout filmer, mais pas le montrer à tout le monde. Tel est la maxime que l'on pourrait attribuer à Taxidermie, film présenté en sélection officielle du dernier Festival de Cannes, dans la section Un Certain Regard. Entre les phallus en érection, les vomis et les éviscérations, György Pálfi ne s'est fixé aucune limite. Mais l'œuvre du cinéaste hongrois est loin de se résumer à des images insoutenables. Pálfi nous raconte trois histoires, ou plutôt une scindée en trois. « J'envisage ce film, l'histoire de ces trois générations comme un film à sketches. Un film à sketches qui n'obéirait pourtant pas aux règles traditionnelles du genre car c'est bien ici une histoire complète qui en émerge » explique-t-il.
Le corps humain est au centre de Taxidermie. Dans la première partie, Morosgovanyi est obsédé par le désir charnel. Son fils Kalman pratique un sport (manger un maximum dans un minimum de temps) qui déforme son corps. Mais comme sa discipline n'est pas homologué, il sera rongé par l'absence de notoriété internationale. Le dernier de la lignée, Lajos, devenu taxidermiste, veut faire de son corps une œuvre d'art au-delà de la mort.

L'humour noir permet d'adoucir la dureté des images

Inspiré de deux nouvelles de l'écrivain hongrois Lajos Parti Nagy, Taxidermie marque avant tout par certaines images difficilement supportables. Pálfi veut proposer au spectateur des scènes qu'il n'a pas l'habitude de voir. Déformations surréalistes, prises de risques dans la mise en scène, inventivité… Taxidermie est une véritable expérience, dont on ne ressort pas totalement indemne. Son audace fera parler de lui, en bien ou en mal. Mais il fera parler, ça c'est sûr. L'humour noir permet d'adoucir la dureté des images. Car Taxidermie n'est pas une simple provocation, c'est avant tout une réflexion et une oeuvre d'art extraordinaire (au sens premier du terme). « J'espère juste avoir réussi à faire un film instinctif sur la perfection et l'imperfection de l'Homme » glisse le cinéaste.
Les destinées de ces trois personnages atypiques s'insèrent dans l'Histoire de la Hongrie. On peut distinguer les trois périodes traversées avec le souffre-douleur d'un gradé durant la seconde guerre mondiale, l'icône sportive du régime communiste et le citoyen dans un monde triste à pleurer. Merci pour la leçon d'Histoire et la claque reçue M. Pálfi"

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