L'organe de la pensée XVI-XVIIIe siècles 23 juin REHSEIS
la journée sur "L'organe de la pensée; XVIe-XVIIIe siècle" qui se déroulera le 23 juin au REHSEIS.
L’organe de la pensée à l’âge classique :
XVIe-XVIIIe siècle
Journée d’étude, Vendredi 23 juin 2006, 10h00-16h30
Les modèles métaphoriques ou scientifiques ayant permis d’appréhender et de décrire les différents modes d’activité du cerveau ont dû changer, s’affronter et être modifiés à de nombreuses reprises au cours d’une longue histoire.
L’origine des théories sur le rôle fonctionnel des ventricules et sur la localisation des facultés de l’âme remontent à l’époque Antique où prend racine l’œuvre d’Hérophile d’Alexandrie dont les travaux marquent les débuts des théories ventriculaires. A partir du Moyen-Age, les facultés mentales sont directement inscrites sur la surface du crâne alors divisée en trois parties représentant les trois ventricules. Cette doctrine cellulaire qui survivra jusqu’en 1700 perd, pourtant, du terrain à partir de la Renaissance : les anatomistes reviennent à une conception classique du modèle servant à décrire le fonctionnement de la matière cérébrale pensé en termes d’esprits animaux et de rete mirabile. Parmi les nombreuses recherches marquantes, celles de Léonard de Vinci, Jacomo Berengario Da Carpi, d’André Vésale, de Charles Estienne ou de René Descartes peuvent être citées. Au milieu du 17e siècle, une révolution est opérée par Thomas Willis qui émet l’idée selon laquelle le corte
x possède des fonctions cérébrales.
Les termes permettant de décrire et d’individuer les modes d’activité de l’organe de la pensée sont utilisés sur un mode métaphorique comme des outils interprétant les observations anatomiques, pathologiques et cliniques. Ils sont utilisés selon une double signification relativement aux qualités physiques et à la condition mentale en vue de procurer des explications rationnelles et conclusives.
Le dix-huitième siècle reprend et objective les problématiques sur la localisation des facultés de l’âme, les usages des différentes parties du cerveau et les interactions de l’esprit et du corps. De nombreux courants de médecine philosophique se développent et les sciences du vivant vont de l’étude de la matière à celle de l’Homme.
De quelle façon les modèles métaphoriques doivent-ils être considérés ? Comme une description illustrant une fonction cérébrale ? la métaphore appliquée à la composition et à la condition de la substance cérébrale est-elle impliquée dans le développement et la stabilisation de théories physiologiques ? Peut-elle être considérée comme une connexion de cause à effets entre la pathophysiologie et la symptomatologie ?
Programme
10h00-10h15 : Introduction
10h15-11h00 : Carmela Morabito (« Professeur de Psychologie cognitive », Université de Rome "Tor Vergata")
« The Observations on Man : the association theory from epistemology to neurophysiology in Hartley’s Work »
11h00-11h45 : Rafaël Mandressi (CETSAH Centre d’études transdisciplinaires Sociologie Anthropologie Histoire)
« L’imagination blessée : possession démoniaque, neurophysiologie et « maladies d’esprit » au XVIIe siècle ».
12h00-14h00 : Déjeuner
14h00-14h45 : Paolo Quintili (Chercheur chargé de cours, Université de Rome "Tor Vergata")
« Cerveau et esprit dans la médecine philosophique de Montpellier, avant Diderot (1709-1750) »
14h45-15h30 : Céline Cherici (REHSEIS- Paris7)
« Les différents modes de connaissance de l’organe cérébral entre métaphore et anatomopathologie, casuistique et généralité : quel modèle pour quel cerveau? »
15h30-16h30: Discussion
Céline Cherici (REHSEIS)