05 novembre 2009
Coffret Immigration Achac
TABLE RONDE
PRESENCE DES SUDS EN LIMOUSIN,
UN AUTRE REGARD SUR L'IMMIGRATION
(LIMOGES, mercredi 18 novembre 2009)
Le Groupe de recherche ACHAC vous informe que, suite à la parution le 15 septembre 2009 du supplément presse Présence des Suds en Limousin (Le Populaire du Centre - La Montagne), une table ronde sur le thème de la Présence des Suds en Limousin, un autre regard sur l'immigration se tiendra le mercredi 18 novembre 2009 de 16h30 à 18h30 dans la salle d'Assemblées de l'Hôtel de Région Limousin (27 boulevard de la Corderie à Limoges).
Table ronde en présence de Sylvie Vaugelade, 5e Vice-présidente de la Région Limousin, chargée de la démocratie participative ; de Sylvain Laurens, chercheur, maître de conférences en sociologie à l'université de Limoges ; de Pascal Blanchard, historien, chercheur associé au CNRS (Laboratoire Communication et politique), co-dirige le Groupe de recherche ACHAC ; de Frédéric Callens, Directeur régional de l'Acsé Limousin ; de François Gilardi, Directeur délégué du Populaire du Centre ; de Laurent Debrach (sous réserve), Adjoint au Maire de la ville de Limoges, chargé de la politique de la ville et de Patrick Escola, Délégué académique aux relations européennes et internationales au Rectorat de l'Académie de Limoges.
L'entrée est libre sous réserve des places disponibles.
ACTUALITES DU GROUPE DE RECHERCHE ACHAC AUTOUR DU COFFRET EVENEMENT
Du 20 au 30 octobre
2009 : exposition Lorraine, porte des Suds, mairie de
Metz.
Du 6 au 22 novembre
2009 : exposition Lorraine, porte des Suds , Hôtel de
Ville de Nancy.
9 novembre, 18h30 : Immigration maghrébine en France
(1920-1980), émission avec
Pascal Blanchard et Yvan Gastaut, sur Beur FM
(106.7).
12 novembre, 18h30 : Immigration maghrébine en France
(1850-1920), émission avec
Pascal Blanchard et Yvan Gastaut, sur Beur FM
(106.7).
Du 15 au 20 novembre (dates de
diffusion à préciser), 18h30-20h00 : Toutes les Frances autour du
coffret Un siècle d'immigration des Suds en France, sur RFO, émissions présentées par Ahmed El
Keiy.
18 novembre, 16h30 : table ronde Présence des Suds en Limousin : Un autre
regard sur l'immigration, Hôtel de région Limousin,
Limoges.
25 novembre, 17h30 : conférence Bretagne, Mémoire des outre-mers et
immigration des Suds, autour de l'exposition Bretagne, mémoire des outre-mers et du
livre Grand-Ouest, mémoire des
outre-mers dans le cadre de Convergences Culturelles, Ligue de
l'enseignement 35, Rennes.
Du 25 au 31 décembre
2009 : exposition Bretagne, porte des outre-mers, dans le
cadre du festival Convergences
Culturelles, galerie de la Ligue de l'enseignement 35,
Rennes.
27 novembre, 18h00 : débat Médias, opinion et discours publics sur
l'immigration , avec Pascal Blanchard, Yvan Gastaut, Éric Darras, dans le
cadre du festival Origines
Contrôlées, Bourse du Travail, Toulouse.
28 novembre, 18h00 : débat Sport et immigration, avec Pascal
Blanchard et Yvan Gastaut dans le cadre du festival Origines Contrôlées, Bourse du Travail,
Toulouse. A l'issue du débat, projection du film Des Noirs en
Couleur.
Du 31 novembre au 4 décembre,
(tous les jours) : Un siècle
d'immigration d'Afrique noire, émissions sur Africa n°1
(107.5).
1er décembre,
18h30 : Immigration maghrébine en France
(1975-2010), émission avec
Pascal Blanchard et Ahmed Boubeker, sur Beur FM (106.7).
2 décembre, à partir de 17h00 :
Présentation du coffret-événement à la Cité nationale de
l'immigration à Paris. La présentation sera suivie d'une table
ronde autour du coffret des huit beaux livres animée par Ahmed El Keiy
qui rassemblera Nicolas Bancel, Emmanuel Bertin, Pascal Blanchard, Gilles
Boëtsch, Ahmed Boubeker, Frédéric Callens, Éric Deroo, Driss El Yazami, Marie
Poinsot et Laure Teulières.
2 décembre, 17h30-19h30 : présentation en
avant-première à la Cité nationale de l'immigration de trois
expositions régionales du Groupe de recherche
ACHAC : Île-de-France/Paris, carrefour des Suds ;
Rhône-Alpes, carrefour des Suds ; Marseille/Provence,
porte des Suds.
16 décembre, 19h30 :
projection du film Paris
Couleurs, suivie de la conférence à l'occasion de la
sortie du coffret : Immigration, histoire
et mémoire, le trio infernal ?, dans le cadre de Campus solidaire,
Bègles.
Groupe de recherche ACHAC 80 rue Laugier
75017 Paris
04 novembre 2009
Pour le moins

Il y a des matières dignes. Le bois - qui chez les Grecs anciens a même fini par donner son nom à "la matière" -, le fer, le roc, tous ces matériaux denses, stables, dotés d'arêtes vives et de contours nets. Mais l'indignité frappe les substances floues, dégradées, malaisées à situer : miettes, poudres, poussières. Négligées, ces sous-choses sont aussi méprisées. On en vient même à se demander si elles existent vraiment. Ont-elles une place dans la réalité ? Ne sont-elles que des ombres, mi-être mi-néant, presque rien ?
On aurait tort de croire que ce ne sont là seulement que des interrogations rhétoriques, de fausses questions, plus ou moins divertissantes, ou des curiosités d'esthètes. En effet, en suivant le parcours de François Dagognet parmi ces territoires délaissés, on s'aperçoit qu'il ouvre des voies importantes. Car ce philosophe qui parle clair, et figure parmi les plus originaux et les plus féconds de sa génération, n'a pas fini, à 85 ans, de surprendre son monde.
En s'attachant à l'analyse philosophique du minuscule, des substances diminuées, de l'ultrabanal, il dérange, mine de rien, la métaphysique. On comprend, en le lisant, que les granulats, les farines, le pulvérulent, toutes ces infra-matières faites de substances usées, émiettées, particulaires, ne sont pas seulement à réhabiliter. Elles ont aussi beaucoup à nous apprendre sur l'identité, la substance, l'être.
Il s'agit donc ici de bien plus que d'une réhabilitation de la poussière dans sa dignité, ce qui ne serait déjà pas inutile. En fait, Dagognet propose rien moins qu'une déflation drastique de toutes les classiques conceptions de la matière, qui se révèlent à la fois grandiloquentes, cosmiques et comiques. Le philosophe plaide pour l'infime et le minime, sachant combien ce choix est également riche de conséquences artistiques et esthétiques multiples. La phrase à retenir : "Le plus déterminant se situe dans le plus diminué."
POUR LE MOINS de François Dagognet. Encre marine, 126 p., 19 €.
02 novembre 2009
Le retour à l'intime

En clôture de la quatrième année de leur séminaire « Sorties de guerre des deux conflits mondiaux », Guillaume Piketty et Bruno Cabanes ont organisé les 19 et 20 juin 2008, à Sciences Po, un colloque international consacré au « retour à l’intime au sortir de la guerre, de la Première Guerre mondiale à nos jours ». Bénéficiant du soutien de la French-American Foundation, cette manifestation a brillamment répondu aux attentes d’un ambitieux programme de quatre demi-journées. En réservant plus de la moitié des communications à des intervenants venus de l’étranger, majoritairement d’outre-Atlantique, en privilégiant la perspective d’histoire comparée, en tentant le croisement entre des problématiques déjà initiées lors des années précédentes et une réflexion centrale autour de la notion d’intime, analysée dans ses significations, ses fonctions, ses structures et ses processus à l’échelle macro comme micro-historique, le colloque a relevé son double défi : amorcer une typologie des sources pour une telle histoire et préciser les problématiques communes aux conflits du XXe siècle. C’est donc à la recherche des traces du retour de l’intime que nous a invité le Centre d’histoire de Sciences Po.
Les quatre communications de la première demi-journée centrée sur les « Expériences de guerre, écritures de soi et récits familiaux » se sont intéressées au difficile, voire impossible, retour à l’intime après la guerre, en replaçant le combattant dans les cadres de sociabilité qui sont les siens lors du retour : celui de la famille perturbée, dans la relation enfants-pères au front (Manon Pignot) comme au sein de la fratrie dans le cas d’un appelé revenu d’Algérie (Raphaëlle Branche), de même que celui de la communauté nationale non combattante après la Première Guerre mondiale (Odile Roynette, Ethan Rundell). Utilisant les correspondances privées, les récits autobiographiques, mais également des archives orales, les quatre communications révèlent combien la discordance des expériences de guerre entre le soldat et les siens à l’arrière bouleverse l’ordre de l’intime préexistant et favorise l’adoption de représentations qui apparaissent incommunicables aux anciens combattants. La « nostalgie du front » ressentie par les combattants, qui, revenus des tranchées, ont eu tant de mal à témoigner, comme l’ « invention des pères » dans les représentations enfantines seraient l’expression de démobilisations culturelles contrariées, voire inabouties, mais aussi des limites du langage pour transmettre une expérience guerrière vécue comme au-delà du dicible, ainsi que le confirment les régimes de silence dans l’enquête orale sur la guerre d’Algérie.
Le second atelier consacré aux « Espaces publics, espaces privés, espaces intimes en sortie de guerre » a déplacé l’interrogation sur la composante essentiellement sensorielle du retour à l’intime et du rapport au monde des acteurs des conflits, en élargissant notamment à la photographie le corpus des sources convoquées. La question de la pérennité de l’identité résistante quand la libération fait disparaître l’armée de l’ombre (Guillaume Piketty) ; l’acquisition de référentiels spatio-sensoriels inédits et des sociabilisations nouvelles qu’ils induisent comme éléments du processus de sortie de guerre tel qu’il est à l’œuvre dans le camp des « personnes déplacées » en Allemagne (Daniel Cohen) ou dans le Munich en ruines d’après-1945 (Anne Duménil) ; les stigmates physiques de la violence et leur reconnaissance idéologique dans le cas des invalides de la Grande guerre patriotique en URSS (Beate Fieseler) ou les séquelles de mutilation corporelle (Carine Trévisan), autant de thématiques qui appréhendent le retour à l’intime à travers la médiation du monde extérieur et des réseaux de sociabilité, détruits ou à reconstruire. La réflexion convergente engagée par les communications souligne combien la reconstitution d’espaces de l’intime dépend du rapport à un nouvel environnement que les acteurs sont capables d’instaurer. Ainsi, l’expérience sensorielle des ruines à Munich ne bouleverse-t-elle pas seulement les repères spatio-temporels urbains, et avec eux les cadres sociaux de la mémoire, mais engendre également une perception politique du nouveau paysan urbain, dénazifié par les occupants américains, déblayé pour oublier. L’espace domestique des « assembly centers » offre paradoxalement aux displaced persons un lieu de normalisation et de ré-humanisation, conditions nécessaires à la redécouverte de l’intime. C’est à l’inverse une expérience de déclassement que font les vétérans de la grande guerre patriotique, le primat accordé par Staline à la reconstruction économique après 1945 les privant de la reconnaissance de la mère patrie qui célèbre dorénavant les héros du travail. La transition dans l’après-guerre s’avère également plus difficile pour certains résistants qui ont du mal à se déprendre d’habitudes valorisées dans la clandestinité et à adapter leur identité aux temps de paix, sans doute moins exceptionnels.
La troisième matinée consacrée à « L’avenir de la violence » a cherché à évaluer l’impact de l’expérience guerrière sur la rémanence de la violence dans les sociétés d’après-guerre, en examinant notamment la pertinence de la notion de « brutalisation » quand elle est appliquée aux comportements individuels. Les intervenants ont donné à voir quatre itinéraires, individuels ou collectifs, transformés par la guerre, le cas d’Henri Perrin, prêtre du STO puis figure de proue du courant missionnaire français après 1945 (Guillaume Cuchet), le syndrome du survivant tel que l’a élaboré le psychiatre Niederland à partir de l’expérience des juifs rescapés des camps nazis (Bruno Cabanes), ou encore les réactions de la société allemande à la défaite et à la chute du nazisme, qu’elle soit tentée par le suicide en masse (Christian Goeschel) ou qu’elle affirme de façon concomitante une « emotional community » et une « community of guilt » (Frank Biess). Ces études de cas mettent en évidence combien la permanence de la violence et plus généralement les réactions à la déprise de guerre sont également fonction de la perception que les acteurs ont de leur futur dans l’après-guerre et du rôle qu’ils s’y voient assumer. C’est particulièrement manifeste dans la réflexion tentée par Frank Biess sur le lien entre l’élaboration d’un discours de peur et d’angoisse par la société allemande, notamment face à une vengeance alliée ou juive imaginée, et l’affirmation d’un sentiment collectif de honte et de culpabilité face à la guerre d’extermination nazie. Cette configuration a le double avantage de permettre aux Allemands ordinaires de se présenter eux-mêmes comme victimes de la guerre et de lier leur destin personnel avec celui de l’Allemagne en tant que collectivité nationale. Dans un autre registre, l’impossible démobilisation spirituelle d’Henri Perrin liée à l’extraordinaire communion dans les camps en Allemagne et aux opportunités pastorales qu’elle contenait a conduit le jeune maréchaliste de 1942 à devenir délégué cégétiste en 1954, accomplissement sans doute de sa vocation de prêtre-ouvrier. Autre exemple, l’effort de Niederland pour prendre en compte la souffrance, physique et psychique, des survivants de la Shoah dans les procédures d’indemnisation participe à la reconnaissance des droits des victimes. En élaborant le syndrome du survivant, à l’origine du post-traumatic stress disorder, il ouvre la voie à une définition psychologique des traumatismes hérités de l’expérience de guerre.
Six dernières contributions, trois sur l’après-Première Guerre mondiale, trois sur le second après-guerre, ont abordé le retour à l’intime par le biais des « Reconstructions des rapports de genre et des identités sexuées ». Leur regroupement a permis une mise en écho qui respecte les singularités historiques des deux sorties de guerre tout en soulignant des similitudes dans les stratégies déployées pour retrouver l’intime. Partant du même constat héraclitien que la « guerre est père de tout » et chamboule l’économie de l’intime des couples, des familles endeuillées ou des communautés juives rescapées dans l’Allemagne vaincue, comme elle précipite la crise du modèle masculin mis à mal par la virilité insolente des libérateurs américains en France, les contributions n’hésitent pas à élargir le corpus des sources consultées pour débusquer ce retour à l’intime parfois si pudique à se dévoiler à l’historien (presse féminine, archives judiciaires, caricatures, photojournalisme, photographies de portrait…). Chacune à leur manière, elles apportent des éléments de réponse à la réflexion sur l’interaction entre imaginaire socio-historique dominant au sortir de la guerre et nécessité de redéfinir les identités individuelles sexuées des acteurs impliqués. Ce peuvent être les différents scénarios élaborés par les couples en Grande Guerre pour imaginer retour du soldat et retrouvailles conjugales dans un après anticipé en correspondance (Clémentine Vidal-Naquet), comme l’influence des expériences de guerre sur la réorganisation des relations de couples en fonction des représentations collectives héritées du conflit, nationalisation du corps des femmes avec la valorisation de l’épouse/mère en ange du foyer et la focalisation sur la figure de la jeune fille pour conjurer les angoisses du manque d’hommes après 1918 (Dominique Fouchard), nouvelle distribution des rôles conjugaux à l’avantage des épouses de prisonniers de guerre français derrière l’apparent retour au statu quo domestique en 1945 (Sarah Fishman), ou à l’opposé la reconnaissance du pouvoir tutélaire des veuves par la famille et par les autorités publiques dans le cas des orphelins de guerre (Peggy Bette). Cela peut également être l’aspiration collective des rescapés juifs à retrouver une normalité parmi les vivants en réponse au projet d’extermination nazi par l’affirmation de corps virils sains et forts, de taux de fécondité et de nuptialité exceptionnels, d’un « sionisme fonctionnel » pris en charge par le groupe She’erith apletah (Atina Grossmann) ou encore la diffusion par Stars & Stripes de l’image d’un GI, libérateur superbe adulé par les Françaises, qui vise à faciliter l’acceptation d’une présence américaine de plus en plus impérialiste en Europe à l’orée de la guerre froide (Mary Louise Roberts). Ces contributions soulignent combien l’histoire du retour à l’intime ne saurait faire l’économie de l’étude des projets sociétaux qui reformulent les conceptions de la virilité/féminité, de la paternité/maternité en transition et conditionnent leurs processus régénérateurs.
Le choix des thématiques, la qualité des interventions et la tenue remarquable des débats auront sans doute contribué à lancer une dynamique de recherche sur ce terrain immense qu’est l’histoire du retour à l’intime. La publication prévue des actes constituera un bel apport au renouveau de la recherche sur les conflits au sens large, initiée depuis plusieurs années notamment par Michael Geyer et Benjamin Ziemann autour de la « sociabilisation de la violence ». On peut donc souhaiter que les prochaines manifestations s’attacheront à définir plus rigoureusement et surtout plus systématiquement la notion d’intime, à rétablir certains déséquilibres chronologiques (respectivement 6 et 11 contributions pour les sorties de la Première et la Seconde Guerres mondiales, rien sur la guerre d’Espagne ou la République de Weimar), géographiques (11 contributions sur la France et 5 sur l’Allemagne mais rien sur la Russie après 1917 ou les États-Unis en tant que tels, une seule intervention sur une guerre de décolonisation), voire thématiques (les PG restent des acteurs oubliés) pour tenter véritablement la comparaison « jusqu’à nos jours ».
01 novembre 2009
L'odeur du sang humain


31 octobre 2009
Ecologie sociale de l'oreille
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Écologie sociale de l'oreilleEnquêtes sur l'expérience musicale
Edité par Anthony Pecqueux, Olivier Roueff
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:: Résumé :: Sommaire :: Détails | ||||||||
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Cet ouvrage participe d'un renouveau au sein des débats actuels sur l'étude des pratiques artistiques. Ce n'est plus seulement le genre musical étudié qui définit la recherche, mais le regard porté, la perspective sociologique : une expérience musicale ne laisse inchangés ni la musique, ni ceux qui la produisent, ni ceux qui l'écoutent. Elle apparaît dès lors comme une épreuve qui passe entre producteur, auditeur et musique, et qui s'en trouve elle-même modifiée à travers des processus de façonnement et de structuration mutuels entre ces trois pôles. Huit expériences sont ainsi restituées à partir de solides enquêtes de terrain, sur les perceptions du rap dans l'espace public, la sociabilité des raves, les appropriations du dispositif festivalier ou la pratique des amateurs de jazz.
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30 octobre 2009
Professionnelles de l'amour

"'L'histoire se passe à Rome. Ses protagonistes sont une femme connue pour monnayer ses charmes et un affairiste roué occupant de très hautes fonctions à la tête de l'Etat. Selon un observateur, la première a une réputation si sulfureuse qu'on ne peut "prononcer son nom sans déshonneur". Quant au second, il ne connaîtrait qu'un seul dieu : l'argent.
Vous pensez avoir identifié Patrizia D'Addario et Silvio Berlusconi ? Erreur. La lorette, ici, répond au doux nom de Chélidon, son client s'appelle Verrès, et leur contempteur n'est pas un journaliste malveillant de La Repubblica, mais l'avocat le plus redouté de sa génération : un certain Cicéron.
La fulmination du célèbre orateur contre le libidineux prêteur et sa cocotte diabolique fait partie des textes qu'a dénichés Marella Nappi pour composer cette savoureuse anthologie consacrée aux "professionnelles de l'amour" qui exercèrent leurs talents dans la Grèce et la Rome antiques. Des textes extraits d'une centaine d'oeuvres signées Aristophane, Catulle, Horace, Juvénal, Ovide, Plutarque, Properce, Tacite ou Xénophon, pour ne citer que les plus connus.
"Les courtisanes, nous les avons pour le plaisir ; les concubines, pour les soins de tous les jours ; les épouses, pour avoir une descendance légitime et une gardienne fidèle du foyer." Souvent citée, cette phrase attribuée à Démosthène a le mérite de la clarté. Un peu trop peut-être. Comme l'explique en effet l'anthropologue Claude Calame dans l'entretien qui sert d'introduction au recueil, la courtisane, dans l'Antiquité, n'était pas "opposée terme à terme" à la femme mariée. Notant que la condition juridique de l'épouse légitime a varié selon les lieux et les époques, l'universitaire rappelle que les statuts des femmes libres, esclaves ou affranchies se situant "en marge du mariage" furent, eux aussi, très divers.
De la fille publique "dégouttante de vin et de parfums, pâle, fardée, embaumée comme un cadavre" et rôdant dans "les lieux qui craignent la police" (Sénèque), aux riches hétaïres admises dans l'intimité des puissants - telle cette Thaïs qui fit chavirer les coeurs d'Alexandre le Grand et du roi égyptien Ptolémée Ier -, l'ensemble de la "profession" est ici représentée. On notera au passage la richesse lexicale du latin, qui faisait la différence entre les ambulatrices, appelées ainsi car elles racolaient en sillonnant les rues, les prosedae qui, au contraire, restaient devant leur porte, et les bustuariae, qui préféraient sévir dans les cimetières.
Au fil des pages, c'est aussi l'entourage sordide de ces "précaires de l'amour", selon la jolie expression de Marella Nappi, qui perd son mystère : grâce à Apulée, le lecteur côtoie ainsi ces "marchands de chair humaine" qui réduisaient les filles aux "servitudes du lupanar" ; avec César, il fait la connaissance de sa maîtresse Servilia qui, en redoutable mère maquerelle, incita sa propre fille à partager la couche de l'illustre général ; en lisant Martial, enfin, il apprend que les prostituées, dans le quartier interlope de Subure, à Rome, pouvaient carrément êtres mises aux enchères.
Cette pratique originale, en aiguisant les rivalités entre les clients, faisait monter les prix. Ceux-ci, toutefois, n'atteignirent jamais les tarifs exigés par Laïs, cette effrontée dont Alciphron disait qu'elle mettait "toute la Grèce en émoi", et qui proposa à Démosthène de partager une nuit avec elle pour la somme faramineuse de 10 000 drachmes. Ce qui inspira à l'orateur cette immortelle fin de non-recevoir : "Je n'achète pas si cher le remords."
PROFESSIONNELLES DE L'AMOUR. ANTIQUES ET IMPUDIQUES. Textes réunis et présentés par Marella Nappi. Les Belles Lettres, "Signets", 334 p., 13 €.
29 octobre 2009
Croque mort
Croquemort
Une anthropologie des émotions
de Julien Bernard

Les funérailles constituent un cadre social particulier avec ses règles et ses codes. Il y a le mort, la famille et ceux qui enterrent. Julien Bernard
a répondu à une offre d'emploi proposant d'être 'porteur de cercueil
pour les cérémonies funéraires'. C'est ainsi qu'il a fait profession de
croquemort au sein des pompes funèbres. Faisant parallèlement des études de sociologie,
il note au jour le jour son approche et la réalité de ce terrain à la
fois central et à part dans notre culture. Comment s'intégrer à une
équipe de travailleurs de la mort, comment, entre la compassion,
l'engagement, l'humour noir
et l'obligation au protocole, arrive-t-on à développer et à porter un
regard objectif sur cet étrange et nécessaire travail social qui se
constitue 'par le bas' grâce à des mécanismes de coordination effective entre les individus sociaux.
Depuis la rencontre des familles jusqu'à la tombe ou le crématorium en
passant par la délicate prise en charge des corps, ces professionnels
de la mort apprennent à gérer leurs émotions. Véritables grammairiens
du 'soutien', ces hommes qui nous enterrent sont aussi les metteurs en scène et les acteurs de nos funérailles durant lesquelles ils essaient de 'mettre en sens' la mort et de maîtriser la balance de l'énergie émotionnelle et collective que libère toute perte humaine.
28 octobre 2009
Quand la femme pose...

Née en 1839 grâce au procédé du daguerréotype mis au point par Louis
Jacques Mandé Daguerre, la photographie fut dès ses début intimement
liée à l'image sensuelle de la femme.
Au cours des décennies qui
suivirent, tous les genres jouirent d'une énorme popularité : paysages,
monuments, portraits, mais aussi photographies érotiques voire
pornographiques, notamment de femmes. Feuilletez cet album et découvrez
au fil des pages le charme des plus beaux modèles de l'âge d'or de la
photographie érotique. Une véritable célébration de la sensualité, du
plaisir et de la joie de vivre de l'époque.
Le corps humain comme étalon de mesure
La revue Magma , revue électronique en sciences humaines et sociales, spécialisée en approches et méthodes qualitatives, annonce la parution d'un numéro sur Le corps humain comme étalon de mesure.
Voici le link
http://www.analisiqualitativa.com/magma/0703/index.fr.htm
| LE CORPS COMME ÉTALON
DE MESURE |
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[ ÉDITORIAL ] |
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| De l’importance du corps humain pour prendre la mesure du social Le corps humain comme étalon de mesure a participé et participe encore de la construction de la réalité sociale. Certaines parties du corps servent depuis des millénaires à quantifier et qualifier le monde qui nous entoure, y compris les humains entre eux. Par exemple, le pied a été le premier moyen de quantifier les terres pour les partager; tandis que le jet d’une chaussure sur un être humain qualifie encore la pire insulte en Irak. Aujourd’hui, la mesure du corps s’est affinée et la biométrie part du fait que tous les êtres humains possèdent une empreinte génétique différente, qui permet de les différencier les uns des autres à partir de leur corps et ainsi de les identifier, voire de les sélectionner. Certaines parties du corps ont en effet une qualité biométrique: si le nez n’a pas cette qualité, les oreilles, les lèvres, l’iris par exemple, possèdent cette qualité que les empreintes digitales ont révélée depuis plus d’un siècle en ouvrant la voie à la police scientifique. |
Jérôme Dubois |
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[ ARTICLES ] |
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| Le corps à corps du maréchal-ferrant comme mesure de sa nouvelle pratique La renaissance du métier de maréchal-ferrant depuis les années 1980 s’est opérée au prix d’une reconstruction professionnelle des postures corporelles et pratiques mentales de l’artisan. Actuellement itinérant, assujetti aux contraintes de rentabilité, il assume seul la contention de l’animal. Autrefois à son côté, il se trouve actuellement positionné «sous le cheval», le porte et le supporte. Usant de son corps comme d’un instrument, le maréchal met alors en place de multiples techniques corporelles pour ajuster ses actions aux comportements de la bête, pour lui faire sentir sa domination et mieux contrôler l’animal dans l’accomplissement de son difficile travail de ferrage. Cette contribution se propose d’explorer les pratiques corporelles, les transactions dans lesquelles il entre avec l’animal, ainsi que son rapport à sa souffrance et son plaisir, mettant en lumière la construction d’une nouvelle corporéité professionnelle. |
Monique Dolbeau |
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| Expressions de la doublure corps / terre dans l’imaginaire politique autochtone contemporain au Canada Ce texte vise à présenter, de manière exploratoire, un aspect particulier d’une recherche en cours qui porte sur l’imaginaire politique autochtone contemporain au Canada. On y trouvera un portrait impressionniste d’un axe de la production symbolique autochtone contemporaine, axe qui s’est graduellement constitué dans la recherche en cours comme une hypothèse de lecture. Cette hypothèse est à l’effet que l’imaginaire politique autochtone contemporain apparaît comme étant organisé autour d’une constellation d’images/symboles dont la dominante est la référence au corps. Plus précisément, cette dominante semble être structurée par une doublure schématique, sans cesse reconduite dans cet imaginaire, entre le corps et la terre. Cette doublure corps/terre semble manifester dans ce cas précis une notion implicite selon laquelle le corps est un espace à géométrie variable - le corps est, comme je veux l’appeler, un «corps-territoire». |
Dalie Giroux |
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| Le corps en œuvre: stratégies esthétiques et politiques de la représentation La période 1960-1980 constitue pour les arts plastiques un tournant décisif dans l’évolution de la représentation du corps. Avec les premiers happenings dès 1950, puis surtout avec les performances, dont le nombre n’aura de cesse d’augmenter jusqu’à la fin des années 1980, des genres nouveaux émergent, qui lui sont entièrement consacrés. Et le phénomène déborde les pratiques par définition liées à la physicalité: la vidéo, ainsi que les médiums plus traditionnels comme la photographie, la sculpture, et la peinture témoignent eux aussi d’une présence singulièrement incarnée dès 1960. La corporéité y est exposée, déployée, disloquée dans toute sa complexité, devenant le territoire d’expression d’un référentiel aussi multiple que les artistes sont nombreux - à tel point qu’il semble presque vain de questionner ses enjeux. Ce contexte est aussi celui au sein duquel lequel les artistes femmes commencent à affirmer leur statut, affichant une visibilité croissante; en performance notamment, les proportions semblent d’un équilibre inédit entre les femmes et les hommes. |
Clélia Barbut |
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| L’oeuvre artistique d’Alex Fleming: illustration du corps comme espace de production de significations culturelles et politiques Nombre d’artistes s’occupent du corps en tant que dispositif de production de significations sociales (le corps habillé, docile, masculin, féminin, citoyen, étranger, esthétisé, sain, malade, monstrueux, etc.). Le plasticien brésilien Alex Flemming se situe dans ce courant. Son travail se caractérise par une profusion d’installations, sculptures et photographies où le corps devient le médium de la problématisation du politique, de la mémoire collective et de l’identité dans la culture occidentale contemporaine. Cet article se propose d’analyser comment, chez l’artiste, le corps est construit en tant qu’élément d’analyse de phénomènes tels que la «dépersonnalisation» de l’individu, la production des identités culturelles et de la violence dans les conflits internationaux. Il s’intéressera particulièrement à montrer comment le corps pourrait aujourd’hui mettre en évidence les dimensions «subjectives» de tels phénomènes ainsi que les relations de pouvoir «moins visibles» qu’elles impliquent. |
Fernando do Nascimento Gonçalves |
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| Le corps de la vieillesse dans la publicité et le marketing Étudier l’impact des médias sur la vie implique d’étudier comment les représentations s’y diffusent. En voici un exemple particulier puisqu’il implique une représentation d’ordinaire cachée de l’exposition médiatique. La personne âgée, en effet, ne présente pas un corps envié, propice au rêve et à la marchandisation. Comme le principal procédé publicitaire repose sur l’identification et que, en même temps, l’identification à une personne âgée n’est pas enviable, comment faire pour susciter la consommation de produits ciblés pour la vieillesse sans utiliser le «corps vieux»? Pour répondre à cette question, il faut déjà séparer les deux catégories de la vieillesse: celle des seniors qui offre un marché potentiellement important et celle de la «vieillesse ingrate» qui n’intéresse pratiquement pas l’offre de consommation. Ensuite, il faut dégager des quelques publicités, montrant des personnes âgées, des cibles et des procédés ; en effet, l’emploi d’un «corps vieux» n’a pas nécessairement pour objectif de s’adresser à des personnes âgées; dans le cas contraire, de multiples procédés sont utilisés qui, pour la plupart, cherchent à éluder le «corps» pour, malgré tout, favoriser l’identification. |
Patrick Legros |
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| La mesure des performances corporelles extraordinaires dans les métiers du sport, du luxe et de l’art La mesure des performances est aujourd’hui omniprésente dans les sports. Cette quantification corporelle n’étonne plus outre mesure. Elle est devenue sociologique. Les affaires de dopage ne fragilisent pas cette tendance. Les performances sportives de l’élite mondiale sont devenues très éloignées de ce que le commun des mortels peut envisager. Elles sont incroyables et pourtant réelles. Parfois, une fraction de seconde seulement sépare le bonheur de la victoire de la désillusion d’une défaite. En dehors des arènes sportives, d’autres performances sont réalisées. C’est le cas par exemple des équilibristes, des «nez» dans de nombreux secteurs (viniculture, cosmétique, etc.), des contorsionnistes, des imitateurs, etc. A travers 21 entretiens, nous esquissons l’étendue des performances réalisées, donc leurs mesures multiples. Comment ces performances, le plus souvent chiffrées (en nombre de fragrances testées par jour, en minutes d’équilibre maintenu sur un rouleau, etc.), sont-elles vécues? Les exercices et les excès corporels sont devenus leur quotidien, la mesure, leur étalon… qu’ils tentent de maintenir ou de varier avec l’âge, à mesure que leurs capacités déclinent. |
Stéphane Héas |
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| Les masques de la masculinité dans le recours à la chirurgie esthétique Depuis la fin des années 1990, un nombre croissant de Canadiens ont recours à la chirurgie esthétique comme véritable projet corporel. Un problème sociologique central émerge de ce recours massif. Pourquoi une pratique traditionnellement féminine devient-elle une pratique hautement signifiante pour ces Canadiens? La chirurgie plastique comme pratique culturelle équivaut à une mesure physique de l’évolution des pouvoirs entre les genres dans des pays comme le Canada. En outre, elle sert d’indicateur corporel de la manière dont les hommes vivent la crise actuelle de la masculinité. A la suite de Douglas (1970) ou Sontag (1991), le bouleversement normatif des corps, leurs modifications et leurs représentations publiques sont, en effet, des mesures corporelles des changements des relations de pouvoir entre hommes et femmes. Ces évolutions au Canada déstabilisent réellement les modèles de masculinité hégémonique, et sont directement observables à travers les modifications à même la peau de ces hommes. Ces recours chirurgicaux permettent de révéler les doutes, l’anxiété et l’anomie qui parsèment les cultures contemporaines. Ils redéfinissent les formes de ce travail corporel traditionnellement féminin. Il s’agit donc d’analyser comment les corps masculins modifiés par la chirurgie constituent une mesure aiguë du genre et un révélateur d’identités dans les sociétés comme le Canada. |
Michael Atkinson |
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| Le modèle du corps en danse classique comme prescription mathématique Nous proposons d'examiner les différentes dimensions singulières du modèle du corps comme prescription mathématique dans l'enseignement de la danse classique ainsi que dans le domaine de création chorégraphique. Après une perspective socio-historique, nous avons choisi le cas particulier du travail du chorégraphe américain William Forsythe, reconnu pour son apport dans le renouvellement des codes esthétiques classique. En effet, dans le domaine de la danse, le modèle du corps comme prescription mathématique est indispensable dans l'acquisition de coordinations spécialisées. Ce modèle géométrique et harmonieux est souvent inscrit dans une opposition technique (qui s'acquiert par l'effort) à une sensibilité artistique (qui a toujours été là). Questionner le modèle du corps comme prescription mathématique dans le domaine de la danse, c'est mener une critique de son économie de production, de sa politique intérieure (du gouvernement de son propre corps à celui des spectateurs), de ses conditions d'exposition et de réception, de ses processus de création, et plus encore de la formation de ses artistes. Aussi, la question qui a conduit notre recherche est celle du modèle du corps en danse classique, plus précisément la survalorisation de la prescription mathématique dans un esprit de perfectionnement. |
Biliana Vassileva Fouilhoux |
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| Le corps dansant à l’épreuve de la sociologie Corps matière, corps outil, corps objet ou sujet, le corps dansant est imbriqué dans des problématiques identitaires variées, elles-mêmes intriquées dans l’espace social. Il peut être appréhendé comme le révélateur d’une problématique sociétale particulière: «Ce corps [dansant] apparaît comme une empreinte et une mémoire du vécu personnel, mais aussi du vécu social, intégrant les diverses contraintes, normes et valeurs socioculturelles de notre société». Comme le rappellent P. Duret et P. Roussel à propos des corps des culturistes et des anorexiques, les corps «définis comme des outils privilégiés du travail sur soi […] soulèvent et tout à la fois répondent à un ensemble de questions identitaires», dont ils distinguent trois récurrences: «celle de la continuité ou de la rupture de la construction de soi», «celle des moyens mobilisables pour affirmer une identité menacée» et «celle aussi de la montée en singularité». La dimension identitaire du corps est ici pensée à l’échelle individuelle, interrogeant des invariants du travail du corps en tant qu’expression d’une identité propre à chacun. Si le travail chorégraphique est interrogé non pas pour et par les motivations personnelles de ceux qui le pratiquent mais par et pour sa dimension sociale et son inscription dans l’Institution, alors le corps dansant devient un outil probant d’analyse sociale. |
Pauline Vessely |
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| Des monts et des mondes: ce que le corps des marcheurs solitaires fait à la sociologie En faisant de l’expérience de la marche solitaire un détour permettant d’éclairer les racines sensibles et la dimension corporelle du vivre-ensemble que la culture moderne refoule et rend inopérantes, l’enjeu de notre propos est le suivant: caractériser la manière dont l’expérience sensible participe à la formation de «collectifs». Les marcheurs solitaires, par leur désir de fuite (récréation sociale), recomposent dans l’environnement de la marche tout un tissu de relations aux «êtres» et aux «choses» qu’ils croisent et avec lesquels ils se sentent liés (re-création sociale). C’est à l’examen de ce lien, entre fantasme et réalité, que nous nous livrerons: au-delà de la récréation sociale ce serait bien la joie du corps, d’une part celle de se redécouvrir un corps plein de vitalité à partir duquel sentir pleinement le monde, et de l’autre celle de se vivre comme «articulé» à une multitude d’«autres», qui constituerait le fondement de l’expérience solitaire de la marche. Les marcheurs se vivent comme de simples composantes d’un ensemble plus vaste au sein duquel aucune discrimination véritable n’est établie entre humains et non-humains. Pour qu’il y ait société, il faut qu’il y ait du (des) corps, il faut également des passions, de l’affect. A tenir compte d’une assemblée élargie de tels «corps» (humains, vivants, matériels, naturels…), se forment sous les yeux du marcheurs et du sociologue, avec évidence, de nouveaux collectifs «hybrides» où le naturel et le culturel s’indéterminent l’un l’autre pour se fondre et se rendre tolérant l’un à l’autre. |
Jérémy Damian |
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| Marins, terriens et touristes sur la côte d’Albâtre: «renoncer, moi? jamais!» L’objectif de cet article est de montrer et de questionner la territorialisation de la Côte d’Albâtre à partir des expériences corporelles qui s’y déploient. Ce littoral, à première vue peu propice au développement des loisirs, sert pourtant de «terrain de jeu» à quelques pratiquants d’activités de nature. Nous cherchons à mieux comprendre dans quelle mesure les activités de nature participent de la production d’usages et d’images constitutifs de médiation(s) territoriale(s) et d’identité maritime spécifique à la Haute-Normandie et dans le même temps distincte de celle des non pratiquants. |
Barbara Evrard |
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| Le corps, instrument de connaissance du monde: la connaissance des Anciens Toltèques Cet article traite le corps comme instrument de la connaissance de l’univers. Le corps s’étend vers des contrées infinies, se prolonge, atteint d’autres règnes, cherche l’unité absolue de ce qu’on appelle l’intention. L’intention est le mot clé pour les Anciens Toltèques, réunissant sous ce mot le visible et l’invisible, la volonté de la Nature et celle de l’univers. Le corps n’est qu’un instrument et pour arriver à le parfaire devons chercher la totalité de nous-mêmes, réussir la communication de deux côtés, droit et gauche, aller à la quête d’autres expériences, inimaginables. Les conditions nécessaires sont d’avoir un corps puissant et d’emmagasiner de l’énergie. Tout l’enseignement des sorciers est fondé dans un vrai changement de conception du monde et de la perception de ce monde. L’objectif final est celui de pouvoir choisir sa propre mort ; la vraie, la seule, l’unique liberté de l’homme. |
Mabel Franzone |
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| Homo acrobaticus et corps des extrémités Qui dit «Acrobate», voit souvent un héros ou un champion qui «en impose» par ses tours spectaculaires. Des spectateurs distants s’avouent sidérés et impressionnés par les exploits des «casse-cou» et les envolées du corps en tous sens: à travers une telle représentation, c’est un cliché nostalgique de l’homo acrobaticus réduit, de façon sommaire à un hercule aux «gros bras», à un «Monsieur muscle» de cirque ou à un athlète spectaculaire qui enchaîne des figures extrêmes, porté par une «passion du risque», du «dépassement de soi»… Les discours boursouflés de la prouesse et de la performance, leur jargon bien rôdé et reconnu, empêchent presque d’aborder la question autrement. Or, triste est la théorie qui ignore les plaisirs sensuels du corps, car «ils forment une large part de ce qui donne une valeur à la vie [et] peuvent être cultivés pour rendre la vie plus riche. […] Et si nous pouvons émanciper et transformer le moi à travers un nouveau langage, nous pouvons aussi le libérer et le transfigurer à travers de nouvelles pratiques corporelles». Une somatique qualitative permet de prendre la chose par un autre bout. |
Myriam Peignist |
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| Le corps humain au fondement de la compréhension des pratiques performatives L’ethnoscénologie a été fondée en 1995 par un sociologue et un psychologue, à savoir Jean Duvignaud et Jean-Marie Pradier, à la Maison des cultures du Monde, sous les auspices de l’Unesco. Cette jeune discipline des sciences-humaines, avec une visée humanitaire, entend relativiser l’ethnocentrisme - notamment occidental - en donnant à voir, entendre et comprendre des pratiques performatives et spectaculaires extra-européennes mises sur le même plan d’importance que celles européennes, en se réclamant non pas tant d’un objet - le spectaculaire tient à un seuil de perception qui varie d’une culture à une autre - mais d’une méthode. Le premier objet de cet article est d’expliciter en quoi elle consiste, tout en montrant l’exemplarité de la démarche et les apports que celle-ci offre aux sciences humaines, tandis que le spectaculaire est une donnée sociale omniprésente et que le corps social renvoie à des mises en scène. |
Jérôme Dubois |
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| m@gm@ périodique électonique fondé et dirigé par le Sociologue Orazio Maria Valastro Autorisation du Tribunal de Catania n.27/02 du 19/11/02 Rédaction: via Pietro Mascagni n.20, 95131 Catania-Italie ISSN 1721-9809 Directeur Responsable: Orazio Maria Valastro Inscrit dans le répertoire de la presse spécialisée de l'Ordre des Journalistes de la Sicile e-mail: magma@analisiqualitativa.com site web: www.analisiqualitativa.com/magma diffusé par l'host SARL OVH à Roubaix en France |
27 octobre 2009
Les gueules cassées




