Leblogducorps

Actualité de la recherche SHS sur le corps

28 juin 2008

Multitudes

Sans_titre_1_copie

Icônes off

Ernesto Neto, Icônes off, page 1 à 237.

En tête

Yann Moulier Boutang, De quelques objets trouvés non réclamés à la consigne. Éloge intempestif de Mai 68, page 5 à 17.

Majeure : monstruosite politique

Filippo Del Lucches et Laurent Bove, Tératopolitique : récits, histoire, (en)-jeux, page 19 à 24.

Filippo Del Lucchese, Le triangle qui fait peur. Antifinalisme et monstruosité, page 25 à 36.

Toni Negri, Le monstre politique. Vie nue et puissance, page 37 à 52.

Charles T. Wolfe, L'anomalie du vivant. Réflexions sur le pouvoir messianique du monstre, page 53 à 62.

Peter Linebaugh et Marcus Rediker, The Many-Headed Hydra. L'histoire cachée de l'Atlantique révolutionnaire, page 63 à 69.

Augusto Illuminati, Monstres, insurgés, intermittents, page 71 à 77.

Warren Montag, Locke et le concept d'inhumain, page 79 à 90.

Gianfranco Manfredi, Voltaire et les vampires, page 91 à 99.

Mark Neocleous, La tératologie politique : de la canaille et des monstres, page 101 à 109.

Laurent Bove, Vivre contre un mur. Diagnostic sur l'état de notre nature en régime de terreur ordinaire, page 111 à 122.

Yves Citton, Switzeurolandia : une monstruosité en devenir ?, page 123 à 130.

Icônes in

Ernesto Neto, Mente molhada, page 131 à 154.

Éric Alliez et Jean-Claude Bonne, Lévia...Tot(h) (À propos de Leviathan Toth d'Ernesto Neto), page 155 à 169.

Insert

Yann Moulier Boutang, Ce qu'éditer veut dire, page 171 à 174.

Mineure : ville productive. Luttes et subjectivites

Michèle Collin et Barbara Szaniecki, Appropriations constituantes de la ville productive, page 175 à 178.

Thierry Baudouin et Michèle Collin, Territorialisations métropolitaines et projet urbain. Les Halles de Paris, page 179 à 188.

Barbara Szaniecki, D'autres monstres possibles, page 189 à 196.

Gerardo Silva, Ville occupée. Sur le pouvoir destituant à Buenos Aires, page 197 à 204.

Rodrigo Guéron, Puissances de la samba, clichés de la samba. Lignes de fuite et captures à Rio, page 205 à 213.

Fabiane Borges et Marc Etlin, Immersions, recyclage et singularités, page 215 à 223.

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26 juin 2008

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24 juin 2008

don de soi

Suite à l'article du Monde ...histoire d'un don d'organe...

Christian et Olga Baudelot, donneurs de sens - Livres - Le Monde.fr

Le sociologue Christian Baudelot et sa femme, Olga, psychologue spécialiste de la petite enfance, ont choisi d'assumer leur regard subjectif pour livrer ...
www.lemonde.fr/.../2008/06/05/christian-et-olga-baudelot-donneurs-de-sens_1053995_3260.html?xtor=RSS-3260

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21 juin 2008

Corps Cosmos

Le Corps cosmos

Michel Collot

La Lettre volée, coll. "Les Essais", 2008.

EAN: 9782873173272

15,50 €

Présentation de l'éditeur :

Le corps est un des objets fétiches de la modernité ; son culte est devenu un lieu commun de notre culture, de masse ou d’avant-garde. Mais, sous les apparences de ce consensus, il inspire à ses zélateurs des démarches très différentes, révélatrices des options divergentes voire opposées qui divisent la création et la pensée contemporaines.

Il occupe une place centrale dans la poésie moderne, où l’on voit se dessiner une ligne de partage entre deux tendances rivales. La première dresse le corps contre l’esprit, et se place volontiers sous le signe de l’insensé et de l’im-monde, par refus de la beauté, mais aussi du monde. L’autre fait du corps un carrefour entre la matière et l’esprit, la conscience et le cosmos, le signifiant et la signification.

À l’image d’un corps déchu ou dégradé, souvent exhibée sur le devant de la scène contemporaine, Michel Collot oppose, en s’appuyant sur quelques œuvres exemplaires et sur sa propre pratique poétique, la vision d’un corps-cosmos, où l’esprit s’incarne dans une chair qui est à la fois celle du sujet, celle du monde et celle des mots.

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17 juin 2008

La peau humaine

La Peau humaine. Introuvable en peausserie…et comme il n'y à plus de bourreau... pourtant la matière première ne manque pas et court les rues!
Les plus anciens livres connus reliés en peaux humaine ne remontent pas au-delà du XVIIIe siècle. L'Angleterre et l'Amérique sont également riches en spécimens de cette nature, mais c'est en Grande-Bretagne que se rencontrent les plus anciens, datant de la seconde moitié du XVIIIe siècle. La B.N possède une bible du XVIIIe (fond de la Sorbonne), des manuscrits sur peaux de femmes et une Danse de la Mort d'Holbein relié primitivement par Mr Firmin-Didot avec la peau d'un matelot tatoué d'étranges histoires d'amour et des portraits de ses officiers, les coins recouverts avec ses deux seins et les plats avec la peau de sa poitrine.
Bref, de Crauzat consacre quinze pages à ce genre de reliures.

La peau humaine est proche de celle du cochon : le pore du porc (!) est triangulaire, tandis que celui de l'humain forme un quadrilatère, un examen à l'aide d'une loupe permet de les différencier. (Hugues : cette distinction a été apportée par Christian Galantaris lors d'une vente à laquelle j'ai assisté)
Un exemplaire relié en peau humaine est passé en vente en aout 2007, lors des quatre jours de vente à Montignac (je n'ai pas le résultat pour ce lot, l'estimation était de 2500e). (Hugues : j'ai enchéri deux fois sur ce lot, la première fois où il est passé en vente à Versailles et a été remporté par un libraire parisien, pour 1500 euros, la seconde fois lorsque le libraire l'a remis en vente à Montignac, mais je n'ai plus le montant d'ajudication).
Il s'agissait d'un manuscrit in-12 de 56 ff., relié type cuir de Russie havane, dos à nerfs orné, coupe filetés, dentelle intérieure, reliure de l'époque, 56 sentences contrecollés tirées pour la plupart de Sénèque, ou de l'imitation de Jésus-Christ, une étiquette manuscrite de l'époque indique que la reliure serait en peau humaine (Hugues : ayant l'ouvrage entre les mains, je précise que les sentences étaient sur les femmes, et qu'il était précisé très exactement : "reliure en peau de femme"... l'exemplaire parfait, si on ose dire

A relire également sur le blog :

La bibliothèque de Dresde possède un calendrier mexicain tracé sur peau humaine, ...http://books.google.fr/books?id=XggJAAAAQAAJ&pg=PA18&lpg=PA18&dq=parchemin+en+peau+humaine&source=web&ots=b5sWK01_NF&sig=HY0PRTZqBGxCQr0qNy3k2yqP_NA&hl=fr&sa=X&oi=book_result&resnum=3&ct=result

http://bibliophilie.blogspot.com/2007/06/les-reliures-en-peau-brrr-humaine.html !!!

Livre relié avec la peau d'un prêtre http://larchiviste.wordpress.com/2007/11/28/mise-en-vente-dun-livre-relie-avec-la-peau-dun-pretre/

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16 juin 2008

Saga Coca Cola par Didier Nourisson/Larousse

Coca-Cola ! Délicieux ! Rafraîchissant ! Stimulant ! Revigorant ! La nouvelle et populaire boisson de la fontaine à soda contient les qualités de la merveilleuse plante de coca et de la célèbre noix de kola. " C'est ainsi que le 29 mai 1886 paraît dans un journal de Géorgie, The Atlanta Journal, la première publicité pour la boisson inventée quelques mois plus tôt par John Pemberton, un pharmacien de la ville. Ce dernier vend 13 verres par jour de son sirop original dont la composition constitue encore aujourd'hui un secret. Il n'imagine pas qu'un siècle plus tard des millions de bouteilles seront bues quotidiennement dans le monde entier.

S'appuyant sur un important travail d'archives et de nombreux travaux anglo-saxons, Didier Nourrisson retrace ici dans un récit alerte l'histoire d'une boisson qui a changé le monde.

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06 juin 2008

Le corps aujourd'hiui/ Folio/ Isabelle Queval

PARCE QUE JE LE VAUX BIEN


Philosophe et chercheur, Isabelle Queval a publié déjà S’accomplir ou se dépasser, essai sur le sport contemporain (coll. « Bibliothèque des Sciences humaines », Gallimard, 2004). Spécialiste de l’éthique sportive, de la compétition et du dopage, de la violence et de la règle dans les sports d’équipe, elle enseigne à Paris la philosophie du corps et l’histoire des pratiques corporelles dans l'éducation.
Un nouveau corps se dessine. Longtemps subi, condamné à la souffrance et au mystère de la mort, le corps est depuis un siècle l’objet d’une révolution. Mieux connu grâce aux progrès de la médecine, il est aujourd'hui expliqué, entretenu, soigné, réparé et appareillé. Le chemin pourrait se jalonner ainsi : 1960-70, le corps est l’objet d’une libération évidente, sexuelle notamment. A partir des années 1970, il devient « le plus bel objet de consommation » (Jean Baudrillard). L’apparence se fait enjeu économique et véritable marché. On parlera alors de « sculpture physique de soi ». Pour Isabelle Queval, il est clair que le corps est LE lieu d’exercice de la société nouvelle : « L’effondrement des grandes transcendances – religieuses, politiques, sociales – a précipité la dispersion individualiste et la responsabilité pour chacun de réussir son propre destin. Se doter d’un corps confortable, dessiné à la sa guise, l’attention à sa santé, qui conditionne une vie longue, plus longue qu’autrefois, est vécu comme palliatif d’une spiritualité en déclin. » Cela n’aurait rien d’étonnant, en effet, « puisque les neurosciences tendent à balayer toute considération des mystères d’une ‘âme humaine’ ou d’une spiritualité intangible au profit d’une corporéisation de l’esprit. » Donc la musculation du quadriceps remplace la génuflexion, le mouvement est identique après tout… La beauté se cultive, « la forme est un capital ». Un corps cultivé (on disait jadis une personne cultivée…) est un vecteur d’insertion sociale et professionnelle, un marqueur de pouvoir d’achat et un marqueur de classe : le corps apparaît bien comme le « lieu de centration de l’identité contemporaine ». Contrairement aux prévisions – et aux craintes –, nous n’irions pas vers le virtuel, ce n’est pas la mort du corps. « Il est établi que les plus fidèles utilisateurs de l’internet sont aussi ceux dont la vie sociale est la plus riche. La pratique intensive des jeux vidéo développe les qualités physiques de coordination et de représentation dans l’espace. Les nouveaux jeux sportifs sont des jeux de simulation procurant sensations réelles ou nécessitant une vraie dépense physique. Il n’y a donc pas disparition du corps mais plasticité du corps, évolution » assure Isabelle Queval. Mais ce qu’elle surligne est bien le danger de la norme du corps sain, mince et sportif, sous contrôle : « une population médicalisée est une population classée, fichée (…) Prescripteur de la vie bonne et longue, le médecin est un nouveau moraliste, rôle autrefois dévolu au philosophe, au prêtre, au directeur de conscience. »
Certes, cette nouvelle efficacité médicale a pour conséquence un allongement de l’espérance de vie dans les pays riches et un confort accru jusqu’à des âges avancés. On vit mieux avec son corps. Il n’est plus seulement un memento mori, le lieu du dépérissement et de la finitude humaine, l’attention qu’on lui porte traduit autant le refus de l’idée de la mort qu’un nouveau type d’investissement identitaire. Mieux vivre son corps devient ETRE son corps et définir, à travers lui, un projet d’existence et de nouvelles représentations du temps. Il s’agit, outre la préoccupation de santé, de sculpter ses apparences, de cultiver minceur et dynamisme de la silhouette, galbe des muscles et beauté de la peau pour parvenir au corps idéal, indéfiniment travaillé, différé aussi. La culture savante du corps a ses programmes et ses rythmes. Elle suppose la durée, l’effort, voire la douleur, autant qu’elle appelle jouissance et narcissisme. Mais la médicalisation de l’existence implique en retour une responsabilisation accrue du sujet. Au sein d’un univers médicalisé, nul ne saurait ignorer les règles de la santé. Savoir comment éviter la maladie, c’est devoir le faire, pour ne rien manquer, ni regretter. Maîtriser son corps, c’est assumer identité et destin. La responsabilité individuelle se décuple. L’erreur devient faute…

« Pour être vraiment médiéval, il ne faut pas avoir de corps. Pour être vraiment moderne, il ne faut pas avoir d’âme. Pour être vraiment grec, il faut être nu » disait très justement Oscar Wilde. L’histoire du sujet occidental hérite, en effet, concernant le corps, de trois moments fondateurs : le monde grec antique introduit la question physique et le souci de soi favorisant les pratiques corporelles. Philosophes et médecins en fixent les principes, la diététique. Ablution, jeux et gymnastique érigent une culture du corps. La sculpture de soi prend valeur esthétique et morale. Radicalisant la distinction âme/corps, la pensée chrétienne, au contraire, met le corps à distance. L’heure est à l’introspection, à la culpabilité, à une conception doloriste de l’effort. Le souci de soi est avant tout celui de l’âme.
Au XIXe siècle, enfin, des sciences en plein essor inventent statistiques et machines, enserrent le corps dans un réseau de mesures, l’éduquent, le testent, le programment pour des rendements optimisés à l’usine ou au stade.
Pour Isabelle Queval, « une réflexion sur le corps ne peut faire l’économie de ces influences aujourd'hui conjuguées sous les traits du narcissisme, de l’individualisme, d’une culpabilité néo-chrétienne. » Mais elle indique également comment notre regard sur le corps est totalement bouleversé par notre nouvelle longévité. Toutes les inventions humaines de la religion, de la pensée, de la philosophie étaient ancrées dans la délimitation de vies courtes, cernées dès l’origine par la précarité et la douleur. « Tout était vécu et pensé en référence à l’omniprésence exigeante d’un corps tombeau, quotidiennement contraint : banalité de la mort précoce, exception de la vieillesse, louvoiement nécessaire de l’existence entre épidémies, guerres ou famines. La difformité physique, sans issue, condamnait à la marginalité. Les institutions, dont le mariage, reposaient sur une espérance de vie de quelques décennies à peine. On comprend que le corps ancien, dans sa précarité et sa douleur, ait appelé, par contraste et pour son salut, la nécessité d’une âme pour amoindrir le naufrage corporel annoncé. Maintenant que l’effroyable mortalité infantile a été endiguée, que la vie est plus longue, l’existence moins pénible, « au travers d’un corps plus silencieux, plus apte, plus performant », la construction d’un humain idéal tiendrait le rôle d’une recherche de la transcendance, sous la forme d’un « idéal de soi ». L’investissement matériel (soins, alimentation, sport, chirurgie…) pourrait être une quête de transcendance même s’il est « matérialiste » dans sa forme, suggère Isabelle Queval. La production des corps sains, beaux et en forme, qui s’organise autour de trois injonctions : se soigner, bien manger, faire du sport, serait une démarche spirituelle. Cette « capitalisation sur soi » serait recherche du salut. Et la méditation quotidienne, le bréviaire, le chapelet seraient désormais la beauté en actes, le corps matière plastique acquérant tous les mérites d’une beauté travaillée. La construction quotidienne du corps sportif nécessitant, comme autrefois la construction ascétique, efforts, autocontrôle, plaisir et douleur, calcul des effets, vérification des résultats sur la balance ou au miroir. L’expression « Il faut souffrir pour être belle » dit bien la nécessaire persévérance, les courbatures, relents de culpabilisation chrétienne selon laquelle santé, bien-être, enfantement ou beauté devraient toujours se payer d’une douleur. S’arracher, se déchirer… A la question « Qu’est-ce qu’un champion ? », Jacques Anquetil avait répondu : « Sa capacité à souffrir » ! Mais c’est compter sans les endorphines, hormones de plaisir, qui provoquent à la longue une véritable addiction au sport.
Les prières et le désir d’immortalité seraient remplacés par le concept « anti-âge », qui tente de guérir du temps. Côté jouvence et résurrection, les publicités abondent en verbes en re- : régénérer, redynamiser, repulper, retendre, retisser, renforcer… ; re-, c’est de nouveau, c’est une chance nouvelle. Votre beauté se nourrit de l’intérieur. Autrefois l’embonpoint était signe d’opulence. Aujourd'hui la minceur signe la maîtrise de soi. Manger léger. Manger cinq fruits et légumes par jour. Ni trop gras ni trop sucré, ni trop lourd ni trop salé, « chaque repas est un entraînement invisible » dit l’entraîneur de Laure Manaudou, la nageuse française.

Reste à considérer le prix pour être soi. Le corps, devenu l’ultime parure, requiert un budget, un investissement, au sens économique du terme. Le corps « light » s’assimile à un symbole de réussite, de mobilité physique et mentale. « Chacun est son Pygmalion sur catalogue » écrit Isabelle Queval dont l’essai donne à penser la question éternellement humaine : le corps peut-il nous rendre heureux ? Oui, quand il n’est pas seulement le mouvement, mais aussi le sentir. A la menace d’un corps marchandé, avide de vitamines et d’alicaments, opposer la nature et la joie, qui ne sont rien de ce qui s’échange et qui constituent la part obscure de la marchandise. Pour aller au-delà du marché corporel, l’art, comme toujours révélateur de la vie, mais l’art qui tient compte du corps et ne l’aliène pas dans l’abstraction. Conclure avec le philosophe Michel Henry que la jouissance sportive du corps et la contemplation de l’œuvre d’art pourraient bien, dans certains cas, être identiques dans leurs effets : « Il y a donc, par la médiation de l’œuvre d’art, comme une intensification de la vie, aussi bien chez le spectateur que chez le créateur. C’est une sorte d’advenue à la vie la plus essentielle qui fuse en chacun de nous. Le créateur est alors quelqu’un qui accomplit une œuvre éthique, s’il est vrai que l’éthique consiste à vivre notre lien à la vie de façon de plus en plus intense. »
(09/05/08)

Régine Detambel

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01 juin 2008

About your body

Lintball Leo's Not-so-Stupid
Questions About Your Body

Dr. Walt Larimore
Paperback

Boys on the doorstep of adolescence are wondering about how their bodies are developing. Dr. Walt Larimore has highly knowledgeable answers that effectively communicate with this audience. Excellent practical information to help you when communicating with your preteen boys.

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27 mai 2008

Epistémologie du placard Ed Amsterdam Mai 08

Épistémologie du placard, trad. et préface de Maxime Cervulle, Paris, Éditions Amsterdam, 2008 (ISBN 2354800037

Eve Kosofsky Sedgwick (Dayton, 2 mai 1950-) est une universitaire et féministe des États-Unis, spécialisée dans les études gays, lesbiennes et queer.

Après avoir étudié à la Cornell University, Eve Kosofsky, épouse Sedgwick, soutient une thèse sur le roman gothique à la Yale University en 1975. Elle a enseigné la littérature à Berkeley, Boston University, Amherst College, Dartmouth College, et a longtemps été professeur d'Anglais à Duke University. C'est là qu'elle travaille sur l'homosexualité en littérature et qu'elle développe des thèses qui influeront durablement sur sa discipline.

Déjà, Between Men: English Literature and Male Homosocial Desire (1985), écrit dans une optique féministe, retourne la misogynie prêtée aux gays pour voir dans l'homosocialité masculine l'association du sexisme et de l'homophobie.

Avec Epistemology of the Closet (1990), l'analyse littéraire va de pair avec un engagement politique irréductible. Ses essais sur Oscar Wilde, Henry James ou Marcel Proust voisinent avec des remises en cause plus générales des idées reçues sur la sexualité, ce qui explique que des sociologues ou des historiens la citent. Dans ce livre, elle étudie notamment la définition moderne de l'homo/hétérosexualité. Aux côtés des travaux de l'helléniste David M. Halperin et de la philosophe Judith Butler, ce recueil d'articles novateurs contribue à façonner le champ des "Gay and Lesbian Studies" en même temps qu'il ouvre sur la théorie queer, dont il est l'un des textes fondateurs. Il serait en effet assez erroné historiquement d'opposer les "études gaies et lesbiennes" et la théorie queer, car les deux se sont, dans une très large mesure, installées ensemble et dans un mouvement commun. Eve Kosofsky Sedgwick revient sur ce qu'on appelle déjà les "queer studies" dans Tendencies (1993), qui aborde des sujets tels que le lesbianisme, le BDSM, ou le cinéma de John Waters.

Elle a participé - et c'est à ce jour sa seule apparition publique en France - à l'important colloque organisé par Didier Eribon en juin 1997 au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou à Paris (avec Monique Wittig, George Chauncey, Leo Bersani, Pierre Bourdieu, Nicole Brossard, Michael Lucey, etc.), et le texte de sa communication, Construire des significations queer, traduit par Eribon, a été publié l'année suivante dans les actes du colloque, sous la direction de ce dernier, Les études gays et lesbiennes (éditions du Centre Georges Pompidou), ce qui constitua un moment inaugural dans l'introduction de la théorie queer en France.

Elle enseigne actuellement en tant que Distinguished Professor au Graduate Center de la City University de New York (CUNY).

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26 mai 2008

Devenir Hybride

"Imaginez la scène. Allongé dans l'herbe par un bel après-midi d'été, vous savourez le spectacle d'un scarabée crapahutant paisiblement à portée de votre main. Sauf qu'à y regarder mieux, la bucolique créature présente quelques bizarreries. Au niveau des ailes, du dos, du cerveau, de petits fils électriques s'infiltrent sous sa carapace. Un objet métallique, deux fois gros comme sa tête, semble collé à l'arrière de celle-ci. L'insecte, vous le comprenez soudain, est un "cyborg" (diminutif de cyber organisme), fusion d'un être vivant et d'un équipement technologique. Un espion vivant, téléguidé par des implants reliés à son système nerveux.

Mauvais rêve ? Pas du tout. Le "Cyborg Beetle" existe bel et bien. Les chercheurs qui l'ont conçu à l'université du Michigan l'ont officiellement présenté durant la dernière conférence MEMS (Micro Electro Mechanical Systems), qui se tenait en janvier à Tucson (Arizona). Le coléoptère Dynastes tityus avait été doté : de trois électrodes, deux plongeant dans les muscles des ailes, la troisième dans le ganglion cérébral, à proximité des neurones contrôlant le vol ; d'un contrôleur électronique alimenté par une pile lithium-ion ; d'un stimulateur visuel composé de diodes électroluminescentes, placées grâce à un bras coudé devant les yeux de l'insecte afin de l'inciter à tourner vers la gauche ou vers la droite.

L'ensemble, pilotable à distance comme un modèle réduit, ne présente à l'heure actuelle qu'un défaut : sa taille - ou plutôt celle de sa technologie embarquée. Car le vrai cyborg-espion, en bonne logique, est celui qui ne se distingue pas d'un être normal. Et qui saura voler à cent mètres au-dessus de celui qui le contrôlera, et atterrir à moins de 5 mètres de sa cible... L'objectif, là encore, est loin d'être atteint : l'infortuné coléoptère, à ce jour, ne sait que voler en rond et en zigzag.

Il n'empêche : Cyborg Beetle existe. Et avec lui tout un bestiaire d'insectes robotisés, qui préfigurent les nouveaux espions que prépare dans ses laboratoires la recherche militaire. Car le scarabée n'est qu'un parmi les nombreux projets actuellement développés par l'Agence américaine pour les projets de recherche avancée de défense (Darpa), dans le cadre de son programme HI-MEMS (HI pour "Hybrid Insect").

Le but ultime : miniaturiser et internaliser dans un insecte volant la technologie nécessaire au parfait espion. Et fusionner ces "organes" électroniques avec ceux de l'animal en les insérant dès le stade de la chrysalide, de manière à ce que tissus biologiques et artificiels créent entre eux des connexions solides et stables. Une hybridation que l'on commence à maîtriser : à l'Institut Boyce Thompson d'Ithaca (Etat de New York), des sondes en plastique souple destinées à commander le vol ont été implantées dans des chrysalides de sphinx du tabac, une semaine avant la métamorphose des papillons. Lesquels sont nés avec leurs électrodes connectées sur le dos et les muscles des ailes, en parfait état de fonctionnement.

Une armée d'insectes transportera-t-elle un jour, à notre insu, caméras, poisons ou charges explosives ? Au-delà de cette perspective peu réjouissante, l'hybridation entre matières vivante et technologique pourrait bien, demain, concerner notre propre espèce.

A dire vrai, la transformation a déjà commencé. Pour ne prendre qu'un exemple : deux Américains gravement accidentés, Jesse Sullivan et Claudia Mitchell, sont équipés (depuis 2005 pour le premier, 2006 pour la seconde) de bras bioniques. Développée au Rehabilitation Institute de Chicago (RIC), leur prothèse est capable de capter les impulsions électromusculaires qui traduisent leur intention de mouvement, puis de transcrire ces contractions en commandes mécaniques. Donc, de transformer la pensée en gestes. Un bon exemple de ce que l'interface "cerveau-machine" sera capable de réaliser demain.

A quelle fin ? Selon la pensée "transhumaniste", très influente dans le monde anglo-saxon, les progrès de la technoscience doivent permettre l'amélioration de notre espèce même. Truffé de prothèses électroniques ou chimiques, branché en permanence sur des réseaux de contrôle sanitaire ou sécuritaire, l'homme futur, dans lequel des senseurs se substitueraient à nos sens et l'ordinateur à notre pensée autonome, marquerait ainsi une nouvelle étape de l'évolution : l'avènement du "Techno sapiens".

Un progrès par rapport à l'Homo sapiens ? Peut-être. Mais comment garantir que ce cyborg que nous deviendrons restera totalement maître des éléments qui composeront son corps "augmenté" ? Qui décidera du degré d'"amélioration" accordé à chacun ? Celle-ci sera-t-elle imposée dès l'enfance, voire dès la naissance ? Verra-t-on apparaître une société à deux vitesses, certains ayant les moyens de devenir cyborgs et d'autres non ?

"Au-delà du débat éthique que suscitent ces perspectives, une autre question non résolue concerne la plasticité du corps biologique, souligne Bernard Andrieu, professeur d'épistémologie du corps et des pratiques corporelles à l'université Henri-Poincaré de Nancy. Jusqu'à quel stade l'implantation d'éléments extérieurs dans un être vivant relève-t-elle de l'hybridation, à partir de quel stade devient-elle aliénation ? Autrement dit : quel est le degré d'adaptation du programme biologique au programme technologique ?" S'il situe dans un avenir lointain l'amélioration de nos capacités cérébrales les plus élaborées (calcul, pensée), cet expert considère comme acquise à court terme l'augmentation de nos capacités sensorielles.

"En 2020, avoir une caméra surpuissante à la place de l'oeil est tout à fait imaginable. De même pour l'ouïe et peut-être pour l'odorat", estime-t-il. D'abord élaborées pour ceux qui présentent un handicap sensoriel, ces prothèses internes surpassant la nature pourraient ensuite être convoitées par tout un chacun. La normalité d'aujourd'hui deviendra alors le handicap de demain, et l'oeil humain le plus performant une machine obsolète... Mais qui, pour ce corps technologiquement suréquipé, se chargera du service après-vente ?

À LIRE : Humanité 2.0, la bible du changement, de Ray Kurzweil (2007). M21 Editions, 650 p., 29 euros.
Devenir hybride, de Bernard Andrieu (à paraître en juin). Presses universitaires de Nancy, 150 p., 15 euros.

Catherine Vincent"

Le Monde 24-25 mai

P. 17

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21 mai 2008

Recherches féministes

Recherches féministes s'adresse à toutes les personnes qui s'intéressent au changement dans les rapports sociaux de sexe et dans la production des connaissances. Elle constitue une source d'information essentielle pour l'enseignement, la recherche et l'action féministes.

www.fss.ulaval.ca/lef/revue/index.htm

La revue publie des articles, des notes de recherche et des notes d'action, des comptes rendus de livres, des bibliographies et des dossiers sur les grandes questions débattues dans le mouvement des femmes. Elle paraît deux fois l'an, à l'été et à l'hiver. Trois numéros sur quatre sont thématiques et incluent à l'occasion des articles hors thème.

La revue Recherches féministes est membre de "Erudit", portail de diffusion des revues savantes au Québec et est accessible sur le web à l'adresse suivante : www.erudit.org

Recherches féministes, fondée par Huguette Dagenais en 1988, est publiée par le Groupe de recherche multidisciplinaire féministe, le GREMF, de la Faculté des sciences sociales, Université Laval.

Pavillon Charles-De Koninck, Université Laval
Québec (Québec), Canada G1K 7P4
Téléphone (418) 656-5418 -- Télécopieur (418) 656-5190
Courriel : revue.gremf@fss.ulaval.ca

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