Leblogducorps

Actualité de la recherche SHS sur le corps

01 janvier 2010

Alice Odilon

http://www.antablog.com/wp-content/uploads/2009/11/Alice-Odilon-2001-AE-31.jpg

ALICE ODILON, photographer, self portrait, fashion.

http://www.artshole.co.uk/arts/artists/Alice%20ODILON/LAnimal-de-Guerre.jpg

Photographer known for self portraits. Major collections, Beaubourg, Bibliotheque Nationale, Palais de Tokyo, France. Exhibited Japan, Germany, USA, Spain, ...
www.aliceodilon.com

http://storage.imageloop.com/content/49bc659b-9291-18d4-9d0b-0015c5fd2ed5/rw506h380

Deug Psychologie Lyon II

Deug Arts Plastiques

Beaux-Arts (2 years specialisation in photography)School of journalism. I.D.A

In 1982 awarded the Prix de la Ville de Paris, for first exhibition at the 666 Gallery, during the "Mois de la Photo"

Assistant to Frank HORVAT for a year helping him with his work for “Figaro Madame”.

In 1984 worked for Musée National d'Art Moderne de PARIS developing photos by STYRSKY.

Several acquisitions by the CNAC and participation in the exhibition "Images Contemporaines" at Beaubourg.

Exhibition "Zelfportretten" at the Gallery Perspektief, at Rotterdam.

In 1986 awarded the "Prix de L'Agora" at Evry, in the Paris region.

In 1987, participation in the festival Trégor and the exhibition "les Petites Fugues " at the Musée d'Art et d'Industrie at St Etienne, France.

Participated in the exhibition "Self" Frauenmuseum, at Bonn, Germany and also at the exhibition Musée d'Art Moderne in Liège, "Mois de la Photo", Belgium.

Exhibition at Gallery FOTOMANIA in Leiben, Germany.

In 1988, exhibition at l'Institut français, in Cologne, Germany and participation in the project "Le Corps, la Galère" at the museum of Toulon.

In 1988, collaborated with Joël FARGES - author of the series Blue Night - for the film "ANGELINA", by creating mythological scenes "Icarus", Saint-Sébastien", " The Centaur".

During 1988-89 worked in close collaboration with an advertising agency, SULEYMAN et FANTIN, specialists in humanitarian causes.

In September 1989 realised the images for Bridget Bardot’s campaign against the use of ivory.

Exhibition at the gallery Spectrum in Saragosse, Spain.

In 1990 received the PRIX VILLA MEDICIS HORS LES MURS and left for Mexico to work on a project concerning Frida KAHLO and Tina MODOTTI

Since 1991, has worked for the press (GALA, Marie-Claire Maison, Cosmetique News, Joyce, Vogue), specialising in still-life, beauty, parfume and luxury accessories.

Short passage in 1992 at SYGMA.

Has worked directly for the following institutional clients Kenzo, Van Cleef and Arpels, Givenchy, Clarins, Daum, Lolita Lempicka, Boucheron......Lamarthe, les Boutiques des Aéroports de Paris.....

October - November 2004, had a personal exhibition "le Corps du Délit" at the Château de Linardié near Gaillac, France mandated by the Conseil Regional du Sud Ouest de la France.

February 2005, exhibition "for AKS and Anna Thomson" at Le Garage, Toulouse, France.

August 2006, exhibition "Inside out" at Queen Street Gallery, Emsworth, UK.

August 2008, exhibition "Body Politic" at Fairfield Art Centre, Basingstoke, UK.

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30 décembre 2009

Scanner corporel



La proposition visant à autoriser le déploiement de scanners corporels aux systèmes de sécurité des aéroports européens dérange. En plénière, jeudi 23 octobre 2008, les eurodéputés ont adopté une résolution (361 voix pour, 16 contre et 181 abstentions) concernant l'impact du dispositif sur la vie privée (l'individu 'scanné' apparait nu). Selon le Parlement européen, une telle méthode reviendrait à exercer « une fouille au corps virtuelle », ce qui aurait « de graves conséquences sur le droit à la vie privée et à la dignité personnelle ». La méthode a été qualifiée de « dégradante » par certains.

Initiateur du projet, l'exécutif européen a proposé le mois dernier que les scanners corporels, d'ores et déjà utilisés par des Etats, dont les Pays-Bas, soient intégrés à la liste des mesures de sécurité autorisées dans les aéroports des 27 Etats membres de l'UE. La Commission affirme qu'elle souhaite encadrer et harmoniser les conditions dans lesquelles le dispositif peut fonctionner. Le Parlement, de son côté, s'inquiète d'un zèle sécuritaire qui se ferait au détriment des droits de l'Hommme. Dans ce contexte, les eurodéputés invitent la Commission européenne à évaluer les risques, à s'adresser aux instances en charge des droits fondamentaux des citoyens et de la protection des données.

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28 décembre 2009

Gareth Thomas

Gareth Thomas, le 7 septembre 2007 lors de Pays de Galles-Canada.

AFP/ANDRE DURAND

Gareth Thomas, le 7 septembre 2007 lors de Pays de Galles-Canada.

       

Gareth Thomas, joueur le plus capé de l'histoire du rugby gallois, a décidé à 35 ans de faire son coming out, et annoncé son homosexualité dans un entretien publié samedi par le quotidien britannique Daily Mail, un cas très rare pour un sportif en activité. "C'est très difficile pour moi d'être le premier joueur de rugby international à briser le tabou", a expliqué Gareth Thomas, 100 sélections, dont 14 comme capitaine sous le maillot du pays de Galles et premier joueur de stature internationale à accomplir cette démarche. Adulé dans son pays, Thomas avait conduit le XV du Pays de Galles à la victoire dans le Tournoi des 6 nations, avec le premier Grand Chelem réussie depuis l'entrée de l'Italie dans la compétition.

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27 décembre 2009

Mort d'Yves Rocher

http://pagesperso-orange.fr/fourmis.lenoir/Homme_fourmi/Cartes-postales/Fourmis-YvesRocher2008.jpg
www.yves-rocher.fr
"Yves Rocher naît le 7avril 1930. Le jeune garçon de 14 ans, orphelin de père, doit cesser l'école pour aider sa mère au magasin de tissus. Sa fibre commerçante s'éveille sur les marchés de la région. Pour développer le commerce familial, il a une première idée: la vente d'inhalateurs. Et il a 25 ans, quand il est saisi d'une idée lumineuse: la fabrication d'une pommade miraculeuse contre les hémorroïdes, à base de ficaire, qu'il commence à confectionner dans le grenier familial, selon une recette mise au point par une guérisseuse. Il invente dans la foulée une nouvelle méthode commerciale, en passant une annonce dans la presse parisienne. La vente par correspondance est née.

Fabuleuse intuition

Le succès ne se fait pas attendre. Débordé par les commandes, YvesRocher doit construire un premier atelier à La Gacilly où démarre une véritable fabrication de produits cosmétiques. Pour se faire connaître, il utilise la publicité, soigne le conditionnement et publie un catalogue. «En 1966, alors que j'étais assistant à la fac à Rennes, je collaborais à une petite boîte de graphisme qui travaillait pour YvesRocher. J'ai pu découvrir alors sa fabuleuse intuition commerciale. Il avait compris que les ménagères avaient du mal à pousser la porte d'une parfumerie. Et cette intuition s'est doublée d'un talent de capitaine d'industrie», relate JosephKerguéris, l'actuel président du conseil général du Morbihan.

Discret et sensible

À la fin des années 60, YvesRocher ajoute une autre pièce à l'édifice qu'il est en train de construire. Il ouvre sa première boutique à Paris et rapidement 200 autres en France, puis en Belgique et en Allemagne où ses produits à base de plantes font un tabac. Il crée aussi les laboratoires marins Daniel Jouvance, rachète les produits de maison Stanhome. «C'était un visionnaire», considère Paul Anselin, ancien maire de Ploërmel et collaborateur d'YvesRocher de 1988 à 1993. «Il m'avait confié la filiale financière, la Pardib. C'était un homme profondément humain, sensible comme tous les grands séducteurs». Mais YvesRocher était aussi un grand discret. «J'ai eu l'occasion de le voir chez lui à Paris. Ce n'était pas un mondain, il parlait peu, mais ses mots étaient pesés», souligne François Goulard, député-maire de Vannes. Yves Rocher vivait entre la capitale, Saint-Malo, son château de Glénac et le Maroc.

Attaché au Morbihan

Dans le Morbihan, cette disparition est douloureusement ressentie. L'industriel, bien qu'ayant acquis une taille mondiale, y a toujours conservé une partie de ses bases, particulièrement à LaGacilly où son groupe a investi, ces dernières années, 20M€dans une usine logistique et où il a conservé l'écharpe de maire de 1962 à 2008 - son fils Jacques lui a succédé - en ayant été également conseiller général (divers droite) du canton, de 1982 à 2001. Yves Rocher n'avait pas aussi bien réussi en politique, malgré l'appui de Raymond Marcellin, l'homme clé du Morbihan. Il avait subi un échec aux sénatoriales de 1992 et sa liste aux régionales n'avait obtenu que 13,3%. Il ne participait guère aux séances de l'assemblée départementale à Vannes. «C'était secondaire pour lui compte tenu de ses activités», dit François Goulard. Mais en ayant donné au Morbihan, il savait que, dans d'autres circonstances, il pouvait compter sur son département natal. Ce qu'il vérifia, en 1989, lorsque près de 15.000 personnes, élus, salariés et sympathisants, manifestèrent derrière lui dans les rues de Vannes pour le soutenir dans le cadre d'une affaire l'opposant à la BNP lors de l'achat de l'entreprise «Petit Bateau».        

  • Gabriel Simon et Emmanuel Nen
  • http://www.letelegramme.com

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26 décembre 2009

Les automates de François Junod

http://www.francoisjunod.com/

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24 décembre 2009

Repas de Noel..

http://www.japanskedanmark.dk/sushi/sushi-news/1.pic/2005.05.22-naked-sushi%20(2).jpg

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23 décembre 2009

Catherine Corringer

http://www.catcor.net

Smooth de Catherine Corringer au Festival des Films de Femmes de Créteil

"La carrière cinématographique de Catherine Corringer, comédienne au théâtre, a démarré d’une manière assez confidentielle en 2005 au moment de la sortie de son premier film Day’s Night. Elle se lançait dans la création d’une œuvre originale, produite, écrite, montée et réalisée par elle. Environ une année auparavant, j’avais rencontré la réalisatrice. Elle était dans une phase de découverte de la scène SM et nous avions très vite sympathisé. J’avais alors été invitée à faire les photos du tournage, certains de ses amis étant les principaux acteurs et collaborateurs de ses œuvres où elle tient le rôle principal. Je garde de cette expérience des souvenirs intenses d’autant plus qu’elle a représenté, me semble-t-il, une sorte de laboratoire où s’est constituée la démarche esthétique de l’artiste, déjà évoquée dans ce blog. Deux films ont suivi : In Between (2006) et This is the Girl (2007) que j’ai découverts une fois achevés, comme Smooth à présent.

Dès les premières minutes du film qui dure une vingtaine de minutes, j'identifie un changement par rapport aux œuvres précédentes. Le rythme et le langage narratif ne sont déjà plus les mêmes. Le spectateur est entraîné dans un mouvement accéléré d’images qui se succèdent en couleur et en noir et blanc. Les gros plans sont nombreux et rendent la distinction des formes assez difficile. Inutile de chercher à comprendre, cette œuvre mise sur la capacité du spectateur à lâcher prise, à se laisser atteindre par la performance. Les non-initiés seront sans doute décontenancés. Les autres percevront d’abord une expérience d’auto fist-fucking réalisée par un homme au visage caché dont les mamelons, le sexe, les couilles sont particulièrement développés. Par la suite, viendra le temps d’une douce complicité entre cet homme et la comédienne/réalisatrice. Les bras de la femmes aux marques saillantes sauront se lover dans la fente souple et entraînée de son partenaire. Cette pratique devenue depuis les années soixante-dix le symbole d’une sexualité hard homosexuelle a intéressé Michel Foucault. Elle a été célébrée par le photographe Robert Mapplethorpe auquel j’ai pensé en voyant ces images. Pour Catherine Corringer, elle désigne une expérience fondatrice relative à la naissance. D’ailleurs la bande-son, très réussie, traduit les battements d’un cœur, la respiration évoquant une éclosion ou un accouchement. Il s’agit d’un avènement. Si je me réfère aux quelques lignes du synopsis, ce serait celui «d’un monde d’avant l’assignation de genre».

Cette fois-ci, contrairement aux autres films, on ne voit pas de sexe féminin mais un sexe masculin mou, élastique au point d’être noué par son possesseur. Ce corps d’homme doux, lascif, est pénétré dans un mouvement lent et serein qui tranche avec la nervosité de la femme, son agitation. L’homme est passif, il est calme, on ne voit pas son visage. L’ « œil » de la femme s’impose, scrute, cherche, se confond avec l’oeil de la caméra, puis se repose à peine, songeur. A la fin de cette étrange traversée des organes de chair et des pulsations resurgit la figure androgyne de l’enfance. Une facette familière de la réalisatrice. Elle sautille, son visage est souriant, elle tente d’attraper le ciel.

Les films de Catherine Corringer sont déjà passés dans de nombreux festivals. Ce dernier est sélectionné en compétition au Festival International des Films de Femmes de Créteil ainsi qu’au festival Côté Court qui se déroulera à Pantin en juin 2009. Avec Smooth, la réalisatrice atteint une maturité esthétique et performative impressionnante qui mérite d’être récompensée. Good luck my dear !" Mona dans http://blogtendancesm.blogspot.com

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20 décembre 2009

Elle, lui et les autres

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/2/9/9/9782283610992.jpg
Pendant plusieurs mois, Eric Cantona a parcouru la France du mal-logement avec la Fondation Abbé Pierre, à Paris et en banlieue, à Metz, Lyon, La Réunion et jusqu’au Brésil pour témoigner du travail réalisé loin de notre pays. Il ramène cet ensemble de photos qui sont autant de cris. Rencontres surprenantes, visages croisés, situations d’exclusion intolérables à deux pas de chez nous. Autant de regards que l’objectif a su saisir, dans l’instantané de la vie et la précarité, aussi...

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18 décembre 2009

Les Chats persans

http://nerdalors.fr/wp-content/uploads/2009/11/Les_Chats_Persans-600x814.jpg

"Les Chats persans" : filmer le rock à Téhéran

Dénoncer la répression en Iran en filmant clandestinement la jeunesse rock du pays : Bahman Ghobadi s’est grillé dans son pays mais a réalisé le premier film iranien underground, avec des musiciens de Téhéran.

   

Le

17 décembre 2009

- par

Serge Kaganski
http://www.lesinrocks.com

 
   

     

"Un rappeur balance son flow tonitruant au milieu de carcasses d’immeubles en chantier. Des rockeurs shoegazers répètent dans une cave. Un duo mixte branchouille entonne sa dernière ritournelle pop. Virée sur la scène parisienne ? Variation de l’émission Paris Dernière à Londres ou à New York ? Reportage “lost in translation” à Tokyo ? Non, vous n’y êtes pas. Ces séquences électriques sont prélevées dans Les Chats persans, docu-fiction sur la scène pop-rock de Téhéran.

 

Oui, Téhéran, capitale de la République islamique, métropole du chiisme, fief du rigoriste Ali Khamenei, du provocateur négationniste Mahmoud Ahmadinejad et de leurs impitoyables gardiens de la révolution. Cette cité antique devenue sinistre, basculement chroniqué dans le superbe Persepolis de Marjane Satrapi. Téhéran est aussi le cœur battant du soulèvement populaire qui a suivi les élections présidentielles truquées du 12 juin dernier.

 

Quand on voit le film de Bahman Ghobadi, où s’agite clandestinement une jeunesse qui ressemble comme une jumelle à toutes celles de la planète, on comprend que ce qui a éclaté aux yeux du monde ce jour-là couvait depuis un bon moment. “On me dit que mon film était prophétique, raconte Bahman Ghobadi. Il montre seulement que tout le monde en Iran a le même problème, la même souffrance.”

 

Le film fut un triomphe au Festival de Cannes cette année. A quelques jours de la sortie française, c’est un Bahman Ghobadi exilé et fatigué qui nous raconte l’aventure des Chats persans et l’Iran bouillonnant d’aujourd’hui. Ironie des méandres de la censure, ce film est né quasiment grâce aux mollahs. Le cinéaste traînait un projet depuis trois ans mais attendait une autorisation officielle pour tourner. Faute de l’obtenir, il commençait à déprimer. “Un ami m’a dit que j’étais en train de mourir à petit feu dans ma situation de cinéaste interdit, que je n’avais qu’une solution, me mettre au boulot coûte que coûte.”

 

Amateur de musique, Ghobadi fréquente alors la myriade de groupes qui s’agitent dans les interstices de la société iranienne, telle la partie immergée d’un iceberg. En rencontrant ces jeunes gens, Ghobadi est frappé par leur énergie, leur audace, leur courage. Alors que lui attend en vain ses autorisations, eux se sont lancés à corps perdu dans le rock sans moyens financiers et sans attendre un quelconque permis de respirer des ayatollahs.

 

Les rockeurs dessillent les yeux du cinéaste et lui refilent le virus de la liberté, lui apprennent à ne pas avoir peur de ses désirs, lui communiquent l’envie de parler de la réalité iranienne contemporaine. “Ces jeunes représentent 70 % de la population iranienne et on ne pouvait pas faire de film sur eux ! Je me suis dit “bouge-toi, fais un film”. Je ne devais plus perdre mon temps à attendre des autorisations, il fallait oublier les techniques merveilleuses, il fallait travailler, et tout de suite.”

 

D’autant plus qu’Ashkan et Negar, les deux acteurs-personnages principaux du film, allaient bientôt quitter l’Iran : Ghobadi avait exactement dix-sept jours pour tourner son film avec eux. Aux conditions difficiles de la clandestinité s’ajoutait donc un compte à rebours qui transforma le tournage en un marathon excitant et angoissant. “Je pensais tout le temps à ce qui se passerait si jamais on était arrêtés. J’étais aussi anxieux à cause de la contrainte du temps. Comment ­ferais-je si le film n’était pas terminé au moment où Ashkan et Negar partiraient ? C’était très stressant mais, en même temps, cela me donnait de l’énergie, un sentiment d’urgence. Je suis assez dynamique, je ne peux pas rester tranquillement dans mon coin pendant un tournage, je bouge tout le temps, ce qui était parfait vu les conditions de tournage. Nous tournions du matin au soir. Et malgré ­l’urgence et le stress, ces dix-sept jours m’ont trans­formé, m’ont redonné la pêche. Ce tournage a agi comme une thérapie.”

 

L’équipe, très légère, ne comprenait que huit personnes. Techniciens, acteurs et musiciens sont restés ­soudés comme des résistants par le projet et la clandestinité, boostés par l’adrénaline contagieuse que procure l’interdit. Sauf qu’il ne s’agissait pas de voler des pots de confiture ou de fumer en cachette des parents. Les interdits du ­régime iranien peuvent vous mener droit en taule, vous exclure de votre pays, vous faire subir la torture. Bahman Ghobadi paie aujourd’hui le prix de sa liberté : “J’ai été contraint de quitter l’Iran. Si vous réalisez un film qui déplaît au pouvoir, c’est fini, vous ne pourrez plus filmer là-bas. Du fait de ma notoriété, je peux distribuer mon film dans des pays étrangers, éventuellement y lever des financements pour un prochain. Mais pas en Iran. Pour un cinéaste iranien qui n’a pas encore de notoriété interna­tionale, c’est compliqué. Si son film est interdit, il ne peut le montrer à personne et ne retravaillera probablement jamais. Il sera aussi condamné à vivre et à travailler à l’étranger. C’est un risque que beaucoup de cinéastes iraniens ne prennent pas.”

 

  Les Chats persans est le premier film iranien sur le rock, et même le premier film persan underground, dans tous les sens du terme puisque beaucoup de groupes évoluent dans les caves. Par sa vivacité, son humour, son agilité à insérer de la fiction dans de la matière documentaire, sans oublier la qualité de sa musique, il vaut tous les films rock occidentaux, avec le bonus incommensurable de constituer un véritable manifeste de résistance. C’est aussi un film où l’ego du cinéaste se met au service de ceux qu’il filme, avec une urgence et une immédiateté qui rappellent les vertus cardinales de l’esprit punk : “Il ne faut pas que la virtuosité esthétique surpasse la réalité filmée. Les grues n’ont aucune importance : ce qui compte, c’est l’histoire, les personnages, le sujet. Si je vous invitais à manger chez moi, je n’insisterais pas toutes les cinq minutes pour vous dire que ma cuisine est bonne : je vous laisserais apprécier ma cuisine tranquillement.”

 

  Sélectionné à Cannes dans la section Un certain regard, Les Chats persans crée le buzz sur la Croisette, au point que de nombreux festivaliers se demandent pourquoi le film n’est pas en compétition officielle. Avant le bel accueil cannois, Ghobadi a vécu un épisode sombre avec l’arrestation de sa compagne de l’époque, la journaliste américano-­iranienne Roxana Saberi : “J’étais en pleine postproduction et la nouvelle m’a choqué. Je me sentais comme un prisonnier, même chez moi. On torturait Roxana, qui était complètement innocente. Je ne pouvais plus me concentrer sur mon film. J’avais peur qu’on vienne chez moi saisir le matériel. J’ai tout envoyé à Berlin et j’ai dirigé une grande partie de la postproduction à distance, par e-mail et par téléphone. C’était très dur.”

 

 L’affaire a connu une fin heureuse avec la libération de la journaliste. Ghobadi et Saberi ont même pu voir ensemble Les Chats persans au festival de Los Angeles en novembre dernier. Selon le cinéaste, l’arrestation de son amie n’avait rien à voir avec son film. Les mollahs voulaient juste occuper le terrain, éventuellement se saisir d’une monnaie d’échange pour une négociation interna­tionale, comme dans le cas de la Française ­Clotilde Reiss.

 

A Cannes, le responsable du cinéma iranien prend la mesure du succès du film et envoie un fax à ses chefs pour les prévenir. L’Etat iranien ordonne immédiatement aux médias du pays de ne pas dire un mot du film ou du cinéaste. Ghobadi se replie alors sur l’internet pour informer ses proches et amis iraniens sur sa situation et son film. “L’Etat ­essaie d’empêcher les jeunes réalisateurs de travailler, mais il n’y parviendra pas ! Nous continuerons. Je vais faire parvenir un DVD du film en Iran, il sera diffusé clandestinement, les gens le verront, en parleront.”

 

A l’instar de ce qui s’est passé avec la nouvelle vague chinoise des Jia Zhangke ou Wang Bing, la technologie numérique devient l’outil majeur de la ­liberté, le vecteur indispensable de la circulation des images et des idées. Dans la foulée de Cannes sont arrivées les élections présidentielles iraniennes du 12 juin. Bahman Ghobadi se trouvait au Kurdistan irakien et suivait attentivement les résultats et leurs conséquences. Son avenir immédiat de citoyen iranien et de cinéaste en dépendait. “L’Etat iranien a commis une grande erreur en ne tenant pas compte de l’expression de la population.”

 

Malgré le trucage électoral et la répression brutale qui s’est abattue sur les manifestants, Ghobadi demeure assez optimiste, pariant sur l’impossibilité de maintenir trop longtemps une population sous l’éteignoir. Le calme qui semble être revenu en Iran n’est qu’une apparence trompeuse. Il y a certes moins de manifs et moins de médias pour les relayer, mais la contestation continue, de manière plus souterraine, notamment sur le net. “On pourrait comparer le peuple iranien à une personne dans une piscine et à qui l’Etat maintient la tête sous l’eau pour la noyer. Cela fait trente et une secondes qu’on la maintient ainsi sous l’eau, soit les trente et un ans du régime actuel. D’un coup, la personne en apnée a sorti la tête de l’eau, crié, respiré un grand coup, mais la main de l’Etat l’a tout de suite repoussée sous l’eau. Sauf que cette fois, la personne ne restera pas trente et une secondes sous l’eau, elle ressortira avant !”"

 

 

  Les Chats persans de Bahman Ghobadi,  avec Negar Shaghaghi, Ashkan Koshanejad, Hamed Behdad (Iran, 2009, 1 h 41), en salle le 23 décembre.

 

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16 décembre 2009

Avatar

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