Leblogducorps

Actualité de la recherche SHS sur le corps

17 mai 2008

Osca Pistorius

Pistorius, sur la piste des valides

Athlétisme. Pour le tribunal arbitral du sport, le coureur handicapé pourrait participer aux JO.

CÉDRIC MATHIOT /LIBERATION

QUOTIDIEN : samedi 17 mai 2008

0 réaction 

Aux côtés des sprinteurs vedettes Tyson Gay ou Asafa Powell, Oscar Pistorius, l’athlète sans jambes, sera peut-être une des principales attractions des épreuves d’athlétisme des prochains Jeux olympiques. Ainsi en a décidé vendredi le Tribunal arbitral du sport (TAS), qui a estimé que rien ne justifiait, en l’état, d’interdire au coureur de 400 m sud-africain, double amputé, de concourir avec les athlètes valides à Pékin.

Appareillage.En janvier, la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) avait pris la décision inverse, jugeant que l’appareillage d’Oscar Pistorius - deux prothèses en fibre de carbone - favorisait le sprinteur par rapport aux athlètes valides et violait le règlement 144.2, qui prohibe les «aides techniques». «La formation du TAS a déterminé que l’IAAF n’avait pas apporté la preuve que le règlement 144.2 avait été transgressé par Oscar Pistorius», oppose le TAS, qui ne propulse pas pour autant Pistorius à Pékin.

L’athlète, dont le record sur 400 m est de 46"46, doit encore valider son ticket pour la Chine en atteignant les minima olympiques placés à 45"95. Un défi de taille. En février, évoquant un éventuel jugement favorable du TAS, Pistorius lui-même demeurait prudent : «Quelle que soit la décision du TAS, je devrais encore courir en deçà de mon record personnel pour être qualifié, et je pense que ce sera un peu juste.» Hier, lors d’une conférence de presse à Milan, Pistorius a affirmé qu’il courrait au meeting de Milan, le 2 juillet, puis au Golden Gala de Rome le 11 juillet. «Aujourd’hui, je peux poursuivre mon rêve, qui est de participer aux Jeux olympiques, e t si ce n’est pas à Pékin, ce sera à Londres en 2012», a-t-il affirmé.

Ce rebondissement ne dissipe pas totalement le brouillard dans lequel Pistorius, ce cas unique de l’histoire de l’athlétisme, a plongé les instances sportives depuis un an, tant il soulève des questions inédites : que faire d’un athlète handicapé qui court aussi vite que les valides ? N’est ce pas la preuve que ses prothèses l’avantagent ? Comment le prouver ? Et comment faire abstraction de l’émotion que suscite immanquablement son histoire, bankable en diable. Celle d’un gamin né sans péronés, avec deux orteils au bout de chacun de ses pieds atrophiés, amputé à onze mois, qui court après son rêve, et à qui sa mère, avant de mourir (quand il avait 15 ans) a écrit : «Le perdant n’est pas forcément le dernier, mais bien celui qui n’a pas essayé.»

S’il a grandi sur des prothèses, Oscar Pistorius, enfant puis adolescent, a fait du tennis, du water-polo, même du rugby. «C’est vrai, je n’ai pas de jambes, mais je peux faire beaucoup de choses que vous-même ne pouvez pas faire», déclarait-t-il à Libération l’an passé. C’est après une blessure sur un terrain de rugby qu’il s’oriente vers l’athlétisme. Aux Jeux paralympiques d’Athènes en 2004, l’inconnu surprend tout le monde : record du monde et médaille d’or sur 200 m, médaille de bronze sur 100 m. En deux ans, Pistorius explose les records (près de 20), décourage la concurrence paralympique, puis se met à rêver de défier les valides. Son niveau inédit chez les handicapés s’explique par une amputation très jeune (qui lui a permis une adaptation totale à ses prothèses), mais aussi la nature de son handicap : Pistorius présente le paradoxal avantage d’avoir été amputé - au même niveau - des deux jambes, alors que la plupart des athlètes contre lesquels il court le sont d’une jambe, ce qui crée une dissymétrie pénalisante.

Mais l’athlète Pistorius, ce sont aussi les prothèses qu’il chausse. L’entreprise Ossur, un des leaders mondiaux de la prothèse, a vite cornaqué l’athlète, en qui elle a trouvé une illustration sur mesure de son slogan : «La vie sans limites.» C’est Ossur qui fignole depuis les prothèses high-tech de Pistorius. Qui se sont vite retrouvées au centre des polémiques.

«Energie».En janvier, l’IAAF a dévoilé les conclusions d’un rapport commandé à l’université du Sport à Cologne. Qui assure que «Pistorius a pu courir avec ses prothèses à la même vitesse que les athlètes valides avec une dépense d’énergie environ 25 % moindre». Des conclusions que le TAS réfute pour l’instant (1). Beau perdant, Lamine Diack, le président de l’IAAF a joliment rétropédalé, affirmant : «L’IAAF accepte la décision. Oscar sera le bienvenu, quel que soit l’endroit où il se présente. Il est un exemple, et nous attendons avec beaucoup d’impatience de suivre ses performances futures.»

(1) Le tribunal n’interdit pas à l’IAAF de procéder à de nouveaux tests si elle le souhaite.

Posté par bodyepistemology à 07:38 - acteur/trice corporel - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La judiciarisation de la médecine

La judiciarisation de la médecine

Appel à contributions pour le n°17 revue "Carnets de bord en sciences humaines"


Au croisement de questionnements politiques, juridiques, économiques, sociologiques et éthiques, le thème de la judiciarisation des soins s’est imposé dans l’espace public à la « faveur » de divers scandales et affaires sanitaires (amiante, sang contaminé, affaire Perruche). Souhaitant dépasser les effets de scandalisation et les polémiques induites par la médiatisation de ces affaires, ce dossier de Carnets de bord discutera le thème de la judiciarisation des soins et de la médecine à partir des dimensions suivantes :

Premièrement, il convient de discuter les mécanismes de construction socio-historique du phénomène lui-même (production législative et réglementaire) ainsi que de sa réalité empirique et de sa mesure (statistiques officielles disponibles, indicateurs pertinents). En outre, force est d’admettre que la définition même de la « judiciarisation » constitue en soi un objet problématique ; selon le point de vue du juriste, du médecin, du sociologue, de l’assureur ou des associations de patients, ce concept ne revêt pas la même signification. Une mise à plat et une clarification de l’hétérogénéité de ses définitions - dégageant le poids des ancrages professionnels, des intérêts corporatistes et des traditions théoriques et disciplinaires - apparaît comme une tâche nécessaire.

Deuxièmement, il s’agira d’envisager la judiciarisation des activités médicales comme un révélateur privilégié des transformations en cours de la médecine, à l’instar du renforcement des droits des malades, de la formalisation accrue des devoirs des professionnels, ou de l’évolution des cadres juridiques et de la notion de responsabilité médicale. Quels sont lalors les effets de l’inflation normative (juridique, déontologique, éthique...) dans le champ médical ? De quelle manière le droit façonne-t-il concrètement les comportements des professionnels et des patients ? Comment les premiers s’adaptent-ils à l’évolution du droit et dans quelle mesure celle-ci produit de nouvelles attentes chez les seconds ? Le cas échéant, la crainte du risque médico-légal s’accompagne-t-elle de nouvelles stratégies de prise en charge et d’information des patients ? La procéduralisation a-t-elle redéfini les ressorts classiques de la confiance dans la relation médecin-malade ?

Troisièmement, sous un angle normatif et axiologique, l’attention portera également sur les régimes de sensibilité (dans le rapport au corps, à la santé, à la responsabilité, à la science médicale) qui structurent les manières de qualifier et d’interpréter la judiciarisation des soins et de la médecine. On s’intéressera ici aux interprétations qui en sont données, ainsi qu’aux inquiétudes et réflexions qu’un tel phénomène suscite en termes de normes de justice, de règles morales, de contractualisation des rapports sociaux, de mobilisations socio-politiques.

Les contributions attendues, issues de diverses disciplines, peuvent mener une réflexion générale, porter sur l’analyse d’une affaire particulière ou d’un secteur spécifique de la médecine. Nous invitons les auteurs à rendre visibles leurs matériaux d’investigation tels que des règlements, articles de loi et jurisprudence, débats parlementaires, entretiens, articles de presse, etc.

Les textes accompagnés d’un résumé d’une dizaine de lignes doivent être envoyés jusqu’au 30 septembre 2008 aux adresses suivantes : cristina.ferreira@hesge.ch et raphael.hammer@socio.unige.ch.

La notification d’acceptation ou non et les éventuelles suggestions du comité de rédaction seront envoyées dans le courant du mois de novembre 2008. Concernant les normes éditoriales, voir le site Internet de la revue : http://www.carnets-de-bord.ch

Posté par bodyepistemology à 07:36 - Appel à communication - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Belegou

http://www.belegou.org/coyote.html#LDSH


Posté par bodyepistemology à 07:34 - Exposition/Performance - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1