30 avril 2008
Sur les femmes, le sexe et le genre
Bonjour,
L’Institut Émilie du Châtelet a le plaisir de vous inviter à la huitième séance de
son cycle de conférences :
« Quarante ans de recherches sur les femmes, le sexe et le genre »
Cette séance est consacrée à
FRANÇOISE BARRET-DUCROCQ
Historienne des idées morales et politiques, spécialiste de civilisation britannique, Professeure à l’Université Paris Diderot-Paris 7, directrice du Centre de recherche sur les Îles britanniques et de l’équipe SIECLE, Secrétaire générale de l’Académie universelle des cultures, Présidente de l’Institut Émilie du Châtelet.
Militante de la première heure du Mouvement des femmes, engagée dans l’action syndicale et associative, elle a publié, édité ou traduit de nombreux ouvrages sur la vie sexuelle des ouvrières et des ouvriers londoniens au XIXe siècle, le mouvement féministe, les femmes et le savoir et la philosophe Mary Wollstonecraft, parmi lesquels : L’Amour sous Victoria (publié en anglais chez Penguin en livre de poche ), Charité,Pauvreté et morale au XIXe siècle, Traduire l’Europe, MaryWollstonecraft, Le mouvement féministe anglais d’hier à aujourd’hui, Femmes en tête (en coll. avec E. Pisier), L’Intolérance, Psychanalyse et féminisme, Frères et sœurs, sur la piste de l’hystérie masculine etc…Responsable depuis 1971 d’un enseignement de troisième cycle sur les femmes et la démocratie, elle s’y attache à « analyser les documents historiques dans leur totalité, dans leur continuité, dans leurs apories – en y incluant les paramètres de la classe sociale et du genre - pour saisir de quelle manière l’injustice perdure, et quelles failles il faut élargir pour briser le carcan. »
Le samedi 17 mai de 14 heures à 16 heures,
Musée de l’Homme, salle de cinéma JEAN ROUCH,
17 Place du Trocadéro, 75016.
Se munir impérativement de cette invitation
Prochaines séances
- Samedi 14 juin, Michelle Perrot, spécialiste de la condition ouvrière au XIXe siècle, professeure émérite de l’Université Paris-Diderot, où elle a initié les premiers enseignements sur l’histoire des femmes, formant une bonne partie des historiennes de la génération actuelle.
Programme complet : voir http://www.mnhn.fr/IEC
IEC – Musée de l’Homme, 17 place du Trocadéro 75116 Paris —33(0)1 44 05 72 46 — iec@mnhn.fr
29 avril 2008
L'amour en banlieue

Isabelle Clair thèse de sociologie sous la direction de M.François de Singly et travaille sur les relations amoureuses des jeunes de banlieues publiée le 16 avril 2008 chez Armand Colin Dans le cadre d'une enquête dans quatre " cités " de la banlieue parisienne, une soixantaine de filles et de garçons, âgés de 15 à 20 ans, racontent leur entrée dans la vie amoureuse, ses déboires et ses félicités. |
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1968 en Suisse
Le mouvement de 1968 en Suisse. Une perspective historique
Résumé
Ce colloque international « Le mouvement de 1968 en Suisse. Une perspective historique » se déroulera le 2 mai à l'Université de Berne et le 3 mai à l'Université de Lausanne. C'est la première fois que le cycle suisse de protestation qui s'étend de 1968 à 1975 sera analysé dans une dimension globale, en l'intégrant aussi dans le contexte des mouvements européens de ces années.
Annonce
Colloque
LE MOUVEMENT DE 1968 EN SUISSE. Une perspective historique
VENDREDI 2 MAI 2008
Haus der Universität, Schlösslistrasse 5, Berne
10h Ouverture du colloque
10h15-10h45 Die 1968er Bewegung in der Schweiz: Probleme und Perspektiven
Brigitte Studer, Universität Bern
10h45-11h15 Au cœur du mouvement – le moment 68 en France
Bernard Pudal, Université Paris X
11h45-12h15 Die 68er Bewegung in der Bundesrepublik und Italien und deren historische Relevanz
Marica Tolomelli, Università di Bologna
14h30-17h Atelier 1,
Les rapports de genre au centre des mouvements de 1968
Kristina Schulz, Université de Lausanne
- Carole Villiger, Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF), un mouvement féministe révolutionnaire
- Renate Schär, Schweizerischer Frauenkongress und Antikongress von 1975 : Mobilisierungsdynamiken der Neuen Frauenbewegung
- Sarah Kiani, La collaboration nationale entre les mouvements néo-féministes en Suisse (1970-1980). Modalités, stratégies et difficultés d’un travail commun
- Monika Kalt, „Nestlé tötet Babys“ – die Schweizer Solidaritätsbewegung und die internationale „Infant formula controversy“
14h30-17h Atelier 2,
La solidarité internationale comme engagement politique
Josef Mooser, Universität Basel
- Konrad Kuhn, Entwicklungspolitisches Engagement und internationale Solidarität in der Schweiz, 1967–1975
- Manuel Schär, Strukturveränderungen statt Entwicklungshilfe? Rezeption und Diffusion der Dependenztheorie in der schweizerischen Entwicklungspolitik 1968–1978
- Marc Griesshammer, Zwischen Friedenswunsch und Weltrevolution. Die Vietnamsolidarität in der Schweiz, 1965–1974
- Nuno Pereira, De la dénonciation de la dictature colonialiste au soutien à la Révolution : l’extrême gauche suisse et le Portugal (1965–1975)
- Marcel Dreier, Befreiung und Solidarität – Afrika und die Schweiz in der Wahrnehmung der anti-imperialistischen Solidaritätsbewegung in der Schweiz der 1970er Jahre
17h Apéro (Haus der Universität) & visite guidée « Bern 68. Eine Revolte erschüttert die Lauben », Verein StattLand
SAMEDI 3 MAI 2008
Université de Lausanne, Anthropole, salle 2120
9h30-10h La recherche sur les années 1968 en France et en Italie – temporalités, luttes politiques
Michelle Zancarini-Fournel, Université de Lyon 1
10h-10h30 Die Sechziger – Kultur und Gegenkultur
Jakob Tanner, Universität Zürich
11h-13h Atelier 3,
Les nouvelles formes de mobilisation politique
Claudia Honegger, Universität Bern
- Ariane Tanner, Von der ‚echten österreichischen Kampftradition’ über schweizerischen Agitprop hin zu einer Kommune in der Provence: Spartakus, Hydra, Longo Maï
- Francesco Veri, La nouvelle gauche au Tessin (1967-1977)
- Sarah Minguet, L’Université du contrôle. Les autorités universitaires face aux mouvements de Mai 68 à l’Université de Lausanne
- Nicole Peter, Gleisänderung ? Implikationen der Vietnamsolidarität der Jahre 1964-1968
11h-13h Atelier 4,
1968 en Suisse : culture & contre-culture
François Vallotton, Université de Lausanne
- Maria Tortajada, Le « nouveau cinéma suisse » dans le sillage de l’histoire : « 1968 » et l’évènement-cinéma
- Gioia Dal Molin, „Kunst ist nicht dazu da, um den harten Alltag zu verschönern. Wir analysieren diesen Alltag“. Kunst & Politik - die Zürcher Produzentengalerie Produga
- Stefan Bittner, Von der politischen zur Bewusstseinsrevolution. Die romantische Wende innerhalb der Schweizer 68er Bewegung, dargestellt am Beispiel der AussteigerInnen-Gruppierung Bärglütli 1971-73
- Gilles Mauron, La Pilule : un journal libertaire dans la contestation politique (1970–75)
Déjeuner, Restaurant de Dorigny
14h15-15h15 Table ronde
Jean Batou, Université de Lausanne
1968 au regard de 2008 – quel bilan ?
- Olivier Fillieule, Université de Lausanne
- Bernard Pudal, Université Paris X
- Marica Tolomelli, Università di Bologna
- Michelle Zancarini-Fournel, Université de Lyon
15h15-16h15 Table ronde
Janick Marina Schaufelbuehl, Université de Lausanne
1968 en Suisse : expression d’un mouvement global – quelle perspective locale ?
- Claudia Honegger, Universität Bern
- Josef Mooser, Universität Basel
- Kristina Schulz, Université de Lausanne
- Jakob Tanner, Universität Zürich
- François Vallotton, Université de Lausanne
Organisation :
Jean Batou, Janick Marina Schaufelbuehl, Brigitte Studer
Inscriptions & informations :
JanickMarina.Schaufelbuehl@unil.ch
Le colloque est soutenu par :
la Beer-Brawand-Stiftung Bern, l’Académie suisse des sciences humaines et sociales et le Fonds national suisse de la recherche scientifique
28 avril 2008
Bronzage
Bernard Andrieu
Bronzage, une petite histoire du soleil et de la peau
CNRS Editions, Préface de Nadine Pomarède.

De la blancheur ivoirine des anciens canons de beauté au brun tanné vanté par la réclame, des baignades de jadis aux cabines d’UV d’aujourd’hui, du bronzage sexualisé de la bimbo à l’aura trop mate du « métèque », Bernard Andrieu livre ici un panorama illustré de l’histoire de la peau et du hâle. Entre élitisme de la réussite et démocratisation de la santé, entre naturisme sauvage et industrie cosmétique, à l’heure où le mythe de la beauté à tout prix se heurte au principe de précaution, quelle place réserve l’avenir à ce rituel des plages et des stations de ski ? Emblématique de l’ambivalence que nous entretenons dans notre rapport au corps, l’histoire du bronzage, au confluent de la biologie, de la sociologie, et de l’anthropologie, dresse un récit saisissant de nos pratiques corporelles.
27 avril 2008
Pat/Patrick Califia : Sexe et Utopie
La lesbienne Pat Califia, écrivain féministe est devenu après opération, le transsexuel bisexuel Patrick Califia, écrivain et thérapeute. Ce transsexuel né de sexe féminin dans une famille mormone est un auteur prolifique d’essais, de fictions. Il a publié de nombreux ouvrages aux USA, en France, seul le Mouvement transgenre a été traduit aux Editions EPEL en 2003.

Sexe et utopie regroupe un choix de treize textes des combats, des réflexions de l’auteur. Témoignage éclairant mêlant expériences autobiographiques et recherche sociologique sur les minorités sexuelles. Autant d’informations sur le sadomasochisme, l’homosexualité, le transgenre, le fétichisme.
D’une rare intelligence, et d’une grande liberté d’esprit, les articles de cette personne hors du commun, nous interroge sur notre relation à autrui, notre propre logique, nos perversions...
Au-delà de la censure, des conventions, d’une sexualité normée, Sexe et Utopie, est avant tout, une réflexion personnelle sincère et brillante contre la haine et la discrimination, et devient à sa manière, un manuel de sexologie d’un nouveau genre.

PRÉFACE
Novembre 2003, aéroport de Roissy, dans le grand terminal 2 où se croisent sans s’arrêter tant d’inconnus, j’attends Patrick Califia qui arrive directement de San Francisco. Il ne s’agit pas de Pat Califia, la lesbienne féministe SM qui utilise l’écriture avec verve pour donner corps à sa révolte ; j’ai entendu parler d’elle plus dune fois lors de mes déplacements aux Etats-Unis mais n’ai pas eu l’opportunité de la rencontrer. Non, il s’agit bien de Patrick Califia, auteur prolifique et controversé dune multitude de livres, fictions, essais, poèmes, textes érotiques, nouvelles, etc.

Patrick Califia est bien le continuum de Pat Califia : l’auteur de Public Sex a entamé en 1999 ce qu’on appelle une transition, en se faisant opérer et en prenant de la testostérone. De la lesbienne, nous passons au transsexuel 1 ! Cette stupéfiante évolution qui fit couler beaucoup d’encre, n’était pourtant pas la première péripétie de sa vie mouvementée. Pendant un mois, nous allions traverser ensemble la France pour aller à la rencontre d’un public médusé, venu entendre parler de transgenre, de SM, de LGBTI, de féminisme, de Queer, et j’en oublie certainement.

Cette tournée était organisée dans le cadre de la sortie de son livre Sex Changes : The Politics of Transgenderism devenu en français Le Mouvement transgenre : changer de sexe 1. Paradoxalement, bien que celui-ci ne soit pas son ouvrage majeur, et probablement le plus éloigné de ses précédents écrits, il fut le premier à être traduit en français.

Ce périple me permit de découvrir la richesse de la personnalité de Patrick Califia, lors de moments privilégiés où nous pouvions dialoguer, comme dans ce train qui nous emmenait chaque jour vers une nouvelle destination où, le soir venu, à l’occasion de chaque nouvelle conférence, j’appréciais aussi le silence dont il usait pour répondre à tous ceux qui étaient venus l’écouter, en prenant le temps de choisir chaque mot. Ne se moquant aucunement de son public, la qualité de ses réponses fit vibrer bon nombre de psychanalystes présents lors de la conférence que javais organisée avec l’École Lacanienne de Psychanalyse à Paris le 23 novembre 2003.
Si je devais définir Patrick Califia, ce serait pour affirmer que cet écrivain a certainement su laisser son instinct de vie parler ou... écrire. Né dans une famille mormone, il fait son coming-out en tant que lesbienne à Salt Lake City en 1971 ; deux ans après, départ sans retour pour San Francisco.
Très impliqué dans le monde associatif, son premier livre, Sapphistry 1, un manuel d’éducation sexuelle pour lesbienne publié en 1980, va lui attirer les foudres dune partie de l’élite des mouvements lesbiens séparatistes et féministes anti-porno. L’évocation de ses aventures sadomasochistes sera jugée inacceptable. Plus encore, la non-condamnation de ces pratiques et de la pornographie oblitèrera le paradigme de l’identité lesbienne telle quil était institué jusqu’alors ; et que dire de la colère provoquée par la suggestion de l’usage de godemichets ! Pour autant, le livre rencontra un franc succès auprès des lesbiennes lambda.
Cette expérience a assurément stimulé son désir décrire pour la réalité des faits ; comme nombre de personnes appartenant à une minorité, Califia ne supportait plus de lire des mensonges sur son vécu, sa sexualité, des mensonges niant finalement son existence. Les leaders associatifs ont souvent cette fâcheuse tendance à faire de l’assimilationnisme, profitable selon eux, car occasionnant ainsi une accélération du processus d’acceptation par la norme hétérosexuelle. Cependant, copier n’est pas être ; et ce processus entraîne obligatoirement la mise au ban dune partie de la minorité, engendrant de fait le déni de sa propre diversité.
Pendant cette époque difficile où nombre d’amis lui tournent le dos, Califia tient une rubrique dans le magazine The Advocate que l’éditeur en chef, ancien mormon, soutient ; c’est justement ici que naitra une grande partie des écrits qui viendront articuler Public Sex et dont nous vous présentons des extraits dans ce livre.
Si on replace les textes de ce recueil dans leur contexte, de la fin des années 1970 au début 2000, on comprend que chacun d’entre eux est un témoignage très éclairant, qui fait partie intégrante de l’évolution historique du mouvement des minorités sexuelles. Croisant expérience autobiographique et recherche sociologique, c’est en les chahutant sans réserve et avec une réelle délivrance que Califia nous offre ses descriptions lucides des contradictions de certaines pensées féministes. Ainsi il nous livre sans compromis ce qui rend l’humain sans âme, ce qui fait de l’individu le simple maillon d’un système moraliste et obscurantiste..
En se dévoilant dans une écriture sans édulcorant, en utilisant des termes crus, en explicitant des relations intimes, Califia prend parti de dédramatiser la sexualité et, comble de l’incroyable, arrive à la force de sa plume à ne pas choquer le lecteur ni le rendre voyeur. Grâce à son éloquence et sa volonté de se garder de tout jugement, c’est également avec un certain humour que Public Sex plonge au tréfonds de nous-même, nous interrogeant sur notre propre relation à autrui, notre propre logique et évidemment notre propre perversion.
Cette introspection invite le lecteur à concevoir les choses sous un nouvel angle, à s’ouvrir à une dynamique nouvelle, celle du souci de soi et du libre-arbitre, en ne cautionnant plus implicitement l’oppression et en se libérant du conformisme. Nous sommes tous responsables de la perpétuation du racisme, de l’homophobie et des autres formes de domination. Si le langage de Califia est fluide, ses arguments, sont dune logique implacable tout comme son éthique est impressionnante : il fait partie de ces rares personnes capable de consigner dans leurs écrits en toute franchise leurs erreurs passées et leurs faiblesses. En toute transparence, il dévoile son évolution psychologique et philosophique, donnant ainsi plus d’aisance à son public pour faire son propre cheminement.
Doit-on rappeler le sous-titre américain de l’ouvrage The Culture of Radical Sex ? Perversion, sadomasochisme, pornographie, contestation des normes de genre, le sexe radical interpelle tout un chacun sur sa place dans la société. Pour Califia, le sexe radical ne renvoie pas au fait d’être hors de la norme hétérosexuelle, mais il s’agit bien de la conscience que lon peut avoir de l’iniquité sexuelle et comment celle-ci relève du contrôle social. D’ailleurs ses éditeurs ne diront pas le contraire : Califia a la palme de l’auteur ayant subi le plus de saisies par la douane canadienne réputée pour ses restrictions en matière de sexualité. Finalement, ce qui ma amené à accepter décrire cette préface, en dehors de mon amitié pour l’auteur, c’est le respect qu’on peut lui porter. Cette capacité de l’individu à prendre sa vie en main et à assumer ses actes, Califia ne fait pas que l’écrire : il la vit, et personnifie nombre de ses recueils.
Probablement notre parallélisme professionnel y participe également, aujourd’hui il a une activité de thérapeute licencié en psychologie agrémenté d’un diplôme de thérapie conjugale et familiale ; alors que mon métier de sexothérapeute ma confronté aux demandes de « guérison » de l’homosexualité, du travestisme, etc. Comment ne pas être particulièrement sensible à toute action pouvant susciter une évolution libératrice des mœurs ?
Loin des divagations théoriques habituelles sur les minorités sexuelles, tel un tribun, Patrick Califia sait valoriser la diversité sexuelle, la recherche d’autonomie, de l’empowerment, dirait-on outre-Atlantique, de lestime de soi. Et tout cela est autrement plus important.
D’un certain point de vue, n’aurions-nous pas entre les mains un manuel de sexologie moderne dun nouveau genre ?
Armand Hotimsky
26 avril 2008
Lovis Corinth


La rééducation des filles
La rééducation des filles XIXe-XXe siècles
Résumé
Depuis le XIXe siècle, les filles de Justice, étiquetées délinquantes ou en danger mais toujours considérées comme « difficiles » voire « vicieuses », se sont révélées bien embarrassantes. L’histoire de la rééducation des filles est un thème encore peu étudié. Ces deux journées permettront que se croisent des acteurs qui sont intervenus auprès de différentes générations de filles, des chercheurs qui ont exploré les archives et tous ceux que cette réflexion intéresse.
Annonce
Journées d’étude 12 et 13 juin 2008
La rééducation des filles XIXe-XXe siècles
IRTS de Lorraine
201, avenue Pinchard 54100 Nancy
Organisées par le Cnahes - Conservatoire national des archives et de l’histoire de l’éducation spécialisée
En partenariat avec :
- l’AHES-PJM (Association pour l’histoire de l’éducation surveillée et de la protection
judiciaire des mineurs),
- l’IRTS de Lorraine,
- la Ville de Nancy,
- le Conseil général de Meurthe-et-Moselle,
- le Conseil régional de Lorraine
________________________________
Pendant tout un temps, l’Etat s’est déchargé sur les congrégations religieuses, situation qui a perduré sous la Troisième République, en plein conflit entre confessionnels et laïques, avant que le paysage institutionnel ne change très progressivement après 1945. En vertu d’une ségrégation selon le sexe, les établissements sont ainsi devenus des univers exclusivement féminins, des espaces clos où les filles étaient encadrées par des religieuses, avant que n’y entrent des éducatrices laïques au fur et à mesure de la professionnalisation.
Cet entre-soi a perpétué un traitement spécifique de la délinquance juvénile féminine, qui s’est traduit par un contrôle d’autant plus grand à l’égard de ces jeunes filles. Tandis qu’elles étaient observées à travers le spectre de leurs « mauvaises fréquentations » susceptibles de les amener sur le trottoir, leur rééducation s’est forgée autour d’une discipline des corps et des comportements. De la même manière, le travail et l’apprentissage se sont articulés autour de métiers considérés comme féminins (broderie, couture, bonneterie, blanchissage, puis plus tard sténodactylo) alors que l’inculcation des bonnes manières et des tâches domestiques devait en faire de parfaites ménagères.
L’histoire de la rééducation des filles est un thème encore peu étudié. Ces deux journées permettront que se croisent des acteurs qui sont intervenus auprès de différentes générations de filles, des chercheurs qui ont exploré les archives et tous ceux que cette réflexion intéresse.
Comité de pilotage
Roger BELLO, Jacques BERGERET, Samuel BOUSSION, Claire DUMAS,
Gisèle FICHE, Odile LAUGIER, Jacqueline MATHIEU, Françoise TETARD
Jeudi 12 juin 2008
9h-10h : accueil autour d’un café
10h : ouverture des journées par Hélène Maçon, directrice générale de l’Alforeas et de l’Irts de Lorraine ; André Rossinot, maire de Nancy, ancien ministre ou son représentant ; Michel Dinet, président du conseil général de Meurthe-et-Moselle ou son représentant ; Jean-Pierre Masseret, sénateur de Moselle, représenté par Daouïz Bezaz, conseillère régionale déléguée à la santé et aux formations sanitaires et sociales
10h20 : La rééducation des filles, un sujet embarrassant. Présentation des journées par le comité de pilotage
10h35 : Introduction générale par Eric Pierre, historien, maître de conférences, université d’Angers, Hires-Cerhio
Le monopole des congrégations
Modératrice : Colette Bec, sociologue, professeure, université Paris-Descartes
11h00 : L’affaire du Bon Pasteur de Nancy et ses incidences parlementaires par Françoise Tétard, historienne, ingénieur d’études Cnrs, Centre d’histoire sociale du XXe siècle, Paris
11h30 : Au cœur de la controverse nancéienne : Monseigneur Turinaz. Portrait par Hélène Say, directrice des Archives départementales de Meurthe-et-Moselle
12h : Jeunes détenues, jeunes exclues ? L’expression des solidarités familiales à travers les archives épistolaires (Darnétal au XIXe siècle), par Pascale Quincy-Lefebvre, historienne, maîtresse de conférences, université d’Angers, Hires-Cerhio
12h30 : débat avec la salle
13h : déjeuner
Passer la main
Modératrice : Dominique Dessertine, historienne, ingénieure de recherches Cnrs, Larhra-Institut des Sciences de l’homme, Lyon
14h30 : Cartographie commentée des institutions pour filles sur le territoire français par Jacques Bergeret, délégué Cnahes Lorraine et Samuel Boussion, docteur en histoire, chargé de mission Cnahes
15h15 : Une transition sur fond de transaction immobilière. Table ronde préparée et animée par Gisèle Fiche, présidente de l’Ahes-pjm, avec trois acteurs-témoins du passage :
- le Bon Pasteur de Bourges en 1968 par Claire Dumas, ancienne éducatrice à l’Internat professionnel d’éducation surveillée à Bourges
- le Bon Pasteur de Saint-Omer en 1968 par Paul Charonnat, ancien directeur du Cot Anne Franck
- le Refuge de Versailles en 1976 par Jacques Daignière, ancien directeur de l’Oustal
16h30 : débat avec la salle
17h : fin
Vendredi 13 juin 2008
9h-9h30 : accueil
A qui confier les filles ?
Modérateur : Etienne Thévenin, historien, maître de conférences, université Nancy 2, Crulh
9h30 : Filles et garçons de justice : un traitement différencié ? Parcours institutionnels comparés (Belgique 1912-1965) par Aurore François, docteure en histoire, Chdj, université catholique de Louvain
10h : Pourquoi les Bon Pasteur ont-ils fermé leurs établissements ? Eléments de réponse par Odile Laugier, religieuse du Bon Pasteur
10h30 : L’arrivée des personnels laïques. Témoignages d’Yvette Rolin et Françoise De Ravinel-Devinot, toutes deux anciennes éducatrices spécialisées et directrices d’établissement
11h15 : Les filles de la rue par Patrick Dubéchot, sociologue-démographe, enseignant à l’Etsup, ancien éducateur en prévention spécialisée et Jacqueline Mathieu, ancienne éducatrice en prévention spécialisée à Nancy
11h45 : débat avec la salle
12h30 : déjeuner
Que faire avec les filles ?
Modérateur : Roger Bello, président du Cnahes, ancien directeur de l’Avvej
14h : Le désarroi du juge face aux mineures par Véronique Blanchard, responsable du centre d'exposition de Savigny-sur-Orge, doctorante en histoire, université Paris 7
14h30 : Les Magdalenes d’Irlande : la question des filles mères et de leurs illégitimes bébés par Camille Fossaert, étudiante en master 2 histoire, université Paris 7
15h : Les filles en internat. Une sexualité sous contrôle par Anne Thomazeau, enseignante dans le secondaire, doctorante en histoire, Ens-Lsh Lyon
15h30 : Brodeuse, blanchisseuse, coiffeuse ou dactylo ? par Marinette Barré, éducatrice spécialisée, doctorante en histoire, université du Maine
16h : débat avec la salle
16h30 : conclusion générale par Florence Rochefort, historienne, chargée de recherches Cnrs, Gsrl (Groupe sociétés, religions, laïcités), Paris
17h : fin des journées
mots-clefs
- rééducation, délinquance juvénile, femmes, genre,
internat, éducation, religion, laïcité
Ville
- Nancy (54) (IRTS de Lorraine 201, avenue Pinchard 54100 Nancy)
Dates
- jeudi 12 juin 2008
- vendredi 13 juin 2008
25 avril 2008
Lesbienne party
Lesbienne party en Californie
Le «Dinah Shore Week-End» en 2007 (DR)
Lieu de villégiature de retraités dans le désert californien, Palm Springs accueille chaque année un festival strictement féminin, avec la bénédiction de la municipalité.
Envoyée spéciale à Palm Springs (Californie) ISABELLE ROMERO LIBERATION
QUOTIDIEN : jeudi 24 avril 2008
16 réactions
Dans les couloirs de l’hôtel Doral, c’est l’effervescence des grands jours. Mais en ce début avril, la clientèle est strictement féminine, l’ambiance décontractée et le maillot de bain de rigueur. Les filles plaisantent, échangent des regards complices et des «Happy Dinah !» fusent. Quel culte célèbre-t-on ici ? Le «Dinah Shore Week-End», du nom d’une chanteuse américaine, qui attire chaque année à Palm Springs plus de 10 000 lesbiennes pour un marathon non-stop de journées et de soirées, de pool parties et de spectacles.
Cette manifestation réunit tous les ingrédients d’une superproduction hollywoodienne. Tout d’abord, les pool parties qui commencent quand le soleil est au zénith. Autour de la piscine du Doral, un établissement de luxe, les filles ondulent les unes contre les autres en déhanchements sensuels. Sur le podium, des chanteuses électrisent le public. En arrière-plan, des montagnes aux sommets enneigés, des palmiers sur fond de ciel bleu azur, un lac et le green d’un terrain de golf. Tous les profils de la planète lesbienne sont représentés : de nombreuses lipsticks, ces lesbiennes glamour et féminines, mais aussi des androgynes sexy ou des butchs, plus masculines. Chacune danse, flirte ou bronze dans les transats avant de piquer une tête dans l’eau.
A l’origine, le Dinah Shore était un tournoi de golf féminin et l’occasion de quelques festivités dans cette ville de 45 000 habitants, située à moins de 200 kilomètres de Los Angeles. Nommé Kraft Nabisco, le tournoi existe toujours, mais aujourd’hui la majorité des lesbiennes viennent ici uniquement pour les cinq jours de folie de ce très long week-end. Deux organisations, Club Skirt et Girl Bar, rivalisent en fiestas, pool parties et spectacles avec des célébrités dans les hôtels et les clubs de la ville. Mariah Hanson, organise depuis dix-sept ans l’événement pour Club Skirt : «Le Dinah, c’est un moment de fun, de fête, de danse. Les filles font un break et oublient leurs soucis. C’est aussi une occasion de rencontres avec des lesbiennes de l’ensemble des Etats-Unis et du monde entier. Certaines participantes viennent d’Angleterre, d’Allemagne, de France, d’Australie, de Russie, du Canada…»
Maire et adjointe gays
Le Dinah Shore est devenu une institution à Palm Springs et figure dans les brochures touristiques de la ville. «Nous soutenons cet événement, explique Ginny Foat, maire adjointe et ouvertement lesbienne. C’est une manne financière pour la ville. Les hôtels, les restaurants, les bars, les boutiques, toute la communauté en bénéficie.» Le Doral, le Wyndham et le Zoso sont les hôtels partenaires officiels de l’événement. Mais tout est overbooké aux environs. Certains gays de la ville laissent leur maison à leurs copines pour l’occasion. «Nous allons d’ailleurs construire deux nouveaux hôtels, explique l’élue, le Hard Rock Hotel et le Mondrian, dont l’ouverture est prévue en 2010, pour accueillir entre autres les participantes du Dinah.»
Difficile d’imaginer cet événement ailleurs qu’en Californie. Pourtant, récemment encore, la ville de Palm Springs était plutôt conservatrice, un lieu de villégiature pour des retraités aisés. A partir des années 90, de nombreux gays et lesbiennes s’y sont installés. Ils représentent désormais environ 30 % des résidents. «The gay and the grey», comme on dit ici, ont appris à se connaître. Le maire Steve Pougnet est homosexuel - comme l’était son prédécesseur Ron Oden, et comme le sont plusieurs membres du conseil municipal. Ici, les couples de même sexe peuvent se tenir par la main ou s’embrasser dans la rue. Une multitude de lieux et d’événements sont dédiés aux gays et aux lesbiennes. «Ils ne font pas bande à part et s’investissent dans des associations ou les commissions municipales pour la préservation de l’environnement ou la culture, c’est une force pour notre ville», explique Ginny Foat.
Badges facétieux
Jenny et Angela, deux New-Yorkaises de 28 et 30 ans, connaissent presque tout des happenings gays et lesbiens du pays. «Le Dinah est un des rares événements exclusivement féminin, explique Angela. Il y a bien le festival de musique de Chicago, qui rassemble 6 000 lesbiennes, mais la tendance y est plutôt féministe et anticonsumériste. Avec des ateliers débats et des filles aux aisselles non rasées», sourit-elle. «A Palm Springs, les filles sont plus glamour, c’est sexe et fun, on dépense de l’argent et on boit.»
Les gays sont depuis longtemps une cible de marketing, les lesbiennes le deviennent et attirent sponsors et commerçants. Autour de la piscine, à côté de plantureuses créatures aux seins nus qui vantent une marque de bière célèbre, des stands proposent des croisières lesbiennes, ou un large éventail de sex toys. Des créateurs présentent vestes, tee-shirts ou bracelets de cuir. «Il y a un marché lesbien, reconnaît Mariah Hanson. Où est le problème ? Cela ne nous empêche pas de nous battre pour nos droits civiques.» De nombreuses femmes viennent en couple au Dinah Shore, à l’instar de Tasha qui a offert ce week-end à son amie Elisabeth pour son anniversaire. D’autres, venues entre amies ou en célibataires, portent autour du cou de petits badges facétieux qui annoncent la couleur : «single», «taken», «sexy», «curious»…
«Mon petit accent anglais a eu beaucoup de succès», explique Laura, qui a fait le déplacement de Londres pour «le soleil, les filles, le fun». Les amitiés se nouent facilement, comme les aventures. «Toutes mes attentes ont été comblées», raconte Amber, «baisers, drame et passion.» Et elle ajoute, en guise de confidence : «Certaines filles laissent leur petite amie à la maison pour s’offrir une aventure d’une nuit.»
Des femmes de tous âges dévorent des yeux ces corps à demi-nus et bronzés. Cette liberté n’est pas la règle générale aux Etats-Unis. Ansleigh, 26 ans, de longs cheveux blonds et une allure de sirène, vient de Géorgie, un Etat très religieux qui fait partie de la «Bible Belt» (la «ceinture de la Bible» est constituée de plusieurs Etats où une majorité d’habitants se réclament d’un protestantisme rigoriste, ndlr). «Là-bas, les gens considèrent les homosexuels comme des créatures du diable. Ici, je m’éclate.»Oprah, une Black à l’allure altière qui vient du Texas, apprécie l’unité dans la diversité de la communauté lesbienne. «Je peux échanger avec ces femmes de tout style ou situation sociale, il n’y a pas de jugement.» Son amie Kelly confirme : «Tout le monde a l’impression de se connaître sans s’en s’être jamais rencontré.»
Le Dinah, c’est aussi un rêve de fans, l’occasion unique de rencontrer de près des icônes de la culture lesbienne. Le must était sans doute la présence des actrices de The L Word, série culte pour les lesbiennes du monde entier (1). Lors de la soirée «Be Scene», des participantes rejouent par équipe leur scène favorite devant un jury exceptionnel composé de la créatrice de la série Ilene Chaiken et des actrices les plus populaires comme Kate Moennig (Shane) et Leisha Hailey (Alice). Celle-ci signe des autographes quand surgit Mylène, une Française qui lui lance un retentissant : «Je vous aime !» L’actrice tend sa main à cette Parisienne qui la gratifie d’un baisemain théâtral. Un grand moment d’émotion…
Flirts, nuits blanches et gogo-danseuses
Mylène a fait le voyage de France avec trois amies, Cécile, Chris et Yaël, et regrette qu’un tel événement n’existe pas dans l’Hexagone. «A Paris, les lesbiennes se cachent davantage», remarque-t-elle. Yaël, la trentaine, vit en province. Elle souhaitait retrouver l’ambiance de la série. Elle n’a pas été déçue. Après sa première grande passion avec une femme, elle s’interrogeait sur son orientation sexuelle. Au Mixies Bar, elle semble avoir trouvé la réponse : danse sensuelle, flirt et longs baisers langoureux dans les bras d’Andréa, une jolie Californienne de San Francisco.
A Palm Springs règne une grande légèreté ; nulle agressivité ou débordements violents, malgré la foule, les nuits blanches, l’excitation et l’alcool. Avec Cécile et Chris, les Françaises se rendent à la White Diamonds Party. Dans la fastueuse salle de bal du Doral, tenue blanche obligatoire et ambiance survoltée. Sur des podiums, des gogo-danseuses sexy se déhanchent lascivement pour quelques dollars. Chris craque pour une danseuse blonde et athlétique, qui bouge divinement au son du r’n’b. Cécile, elle, rêve de s’installer en Californie.
(1) Cinq saisons ont déjà été réalisées. En France, la série est diffusée sur Canal +, Pink TV et Téva.
Art Brut , Aloïse

Continuez par la rue de Maupas et à l'intersection avec l'Avenue de Beaulieu, montez sur votre droite. Au haut de la rue, prendre sur la gauche en direction du Palais de Beaulieu. Vous atteindrez ainsi la Collection de l'Art Brut***. Ce lieu magique constitue pour ainsi dire un "antimusée": inspirée par Jean Dubuffet, la collection se consacre aux créateurs étrangers au monde de l'art, à ceux qui pour cette raison ont échappé à toute influence et ont inventé de toutes pièces un système original d'expression. Ce sont généralement des transfuges de notre société: détenus de prisons et d'asiles psychiatriques, solitaires, anarchistes, marginaux de toutes sortes, parmi lesquels Adolf Wölfi, Aloïse, Laure, Jeanne Tripier, Carlo, Madge Gill, Augustin Lesage, le Prisonnier de Bâle... Le visiteur peu familier avec l'art brut doit s'attendre à un choc mais aussi à un émerveillement. Compter une heure de visite.
Collection del'Art Brutt
Avenue des Bergières 11 (tél. 021 315 25 70)
Horaires d'ouverture |
Ma - Di 11h00-18h00 |
Entrée à CHF 6.-
Corps et institution
le colloque de Mons:
journée d'étude jeudi 8 mai 2008 (8:45-17:30) au CHP "Le Chêne aux Haies":
A la rencontre du corps et de l'institution - regards croisés
accueil et présentation : Drs Voituron et Posner
interventions: T Bellon, J Van hemerlrijck, Pr. N. Franck, F Frébutte,
F. Couveur, JM Warichet, F Debrabandère, A Pochet
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