07 avril 2008
Croiser le fer
Bayard, d'Artagnan, le chevalier d'Éon ; ces figures de bretteurs racontent des histoires différentes, mais néanmoins reliées entre elles par le fil d'une lame. Le chevalier, le duelliste et l'escrimeur sont autant d'archétypes qui révèlent qu'à l'époque moderne l'épée est une culture. Ce livre entreprend d'en explorer tous les aspects : du geste de l'escrimeur aux valeurs qui lui sont associées. C'est en effet à partir de la Renaissance que les techniques de l'escrime deviennent un art guidé par des principes savants et moraux. L'analyse des valeurs impliquées dans cet art permet aussi de suivre l'évolution des idéaux de la noblesse qui fait de l'épée le vecteur de son identité.
Il ne faudrait, toutefois, pas oublier que l'art de vivre l'épée à la main reste, de part en part, un art de tuer. À une époque où le port d'une arme blanche est une pratique courante, l'escrime civile et civilisée ne saurait occulter les cadavres abandonnés par les innombrables duellistes. C'est pourquoi l'histoire de l'épée est aussi une histoire de la violence et de l'inaltérable fascination qu'elle exerce. Pour le découvrir, il faut alors plonger dans les archives d'une justice souvent prompte à occulter ce crime qui trouble l'image d'un roi absolument maître de ses sujets. Une autre vision du rapport entre violence et civilisation se dessine de cette façon.
S'il est souvent admis que la violence est le contraire de la civilisation, on découvre que l'escrime et ses pratiques meurtrières alimentent une véritable civilisation de la violence, c'est-à-dire une culture, un art, un savoir mis au service de l'homicide. Oublions un instant le roman de cape et d'épée et ses duellistes aimables et bavards pour considérer la brutalité de ceux qui, dans le silence des petits matins, règlent leur compte l'arme à la main. L'époque moderne se révèle alors sous un autre jour, grâce à l'archéologie du geste de l'escrimeur, restitué dans toute sa technicité, dans toute sa férocité. C'est ainsi que l'épée peut faire l'objet d'une véritable histoire totale, attentive aux objets, aux gestes, aux pratiques sociales et aux courants intellectuels de la Renaissance aux Lumières.
L'auteur vu par l'éditeur
Pascal Brioist est maître de conférences à l'Université de Tours. Hervé Drévillon et Pierre Serna sont tous deux maîtres de conférences à l'Université de Paris 1.
L'insulte
L’insulte : aspects linguistiques (2)
Circulations et réappropriations
Résumé
Dans le prolongement de l’atelier qui s’est déroulé à Dijon en novembre 2006 (« L’insulte, un fait de langue ? »), cette séance organisée par l’UMR 5605 avec le soutien du MoDyCo permettra d’envisager de nouveau l’insulte sous un angle linguistique. L’accent portera sur des processus de circulation et de réappropriations des insultes. À partir de corpus choisis dans les champs politique et médiatique, les deux intervenantes mettront en évidence le procédé, encore peu étudié, de la réappropriation de l’insulte par son destinataire. Dans une perspective argumentative, Claire Oger étudiera les contextes socio-discursifs permettant de rendre l’insulte acceptable, voire légitime. Dominique Lagorgette mettra en lumière les modalités pragmatiques qui rendent possible la multiplication de la force de l’insulte renvoyée à son auteur. Dans les deux cas, c’est l’hypothèse d’une appréhension contextuelle et discursive de l’insulte qui sera privilégiée.
Annonce
L’insulte : aspects linguistiques (2)
Circulations et réappropriations
21 mai 2008, de 14h à 17h
Université de Bourgogne
Dans le prolongement de l’atelier qui s’est déroulé à Dijon en novembre 2006 (« L’insulte, un fait de langue ? »), cette séance organisée par l’UMR 5605 avec le soutien du MoDyCo permettra d’envisager de nouveau l’insulte sous un angle linguistique. L’accent portera sur des processus de circulation et de réappropriations des insultes. A partir de corpus choisis dans les champs politique et médiatique, les deux intervenantes mettront en évidence le procédé, encore peu étudié, de la réappropriation de l’insulte par son destinataire. Dans une perspective argumentative, Claire Oger étudiera les contextes socio-discursifs permettant de rendre l’insulte acceptable, voire légitime. Dominique Lagorgette mettra en lumière les modalités pragmatiques qui rendent possible la multiplication de la force de l’insulte renvoyée à son auteur. Dans les deux cas, c’est l’hypothèse d’une appréhension contextuelle et discursive de l’insulte qui sera privilégiée.
Programme de la séance
14 h. - Accueil, et introduction, par Caroline Facq-Mellet et Thomas Bouchet
14 h 30 - Dominique Lagorgette (Chambéry-IUF) – « Les moutons noirs contre-attaquent » : réappropriation du dire de l’autre et effet « boomerang » – les insultes aux « nonistes » (2005)
15 h 15 - Discussion et pause
15 h 45 - Claire Oger (Paris-XIII-Ceditec) – L’injure et sa répétition : des ressources argumentatives ?
16 h 30 - Discussion
mots-clefs
- insulte (en) politique, injure, linguistique
Ville
- Dijon (21) (Université de Bourgogne, Salle G. Chevrier, 3e ét. bât. Droit, 2 bd Gabriel)
Date
- mercredi 21 mai 2008
Contact
- Thomas Bouchet
courriel : Thomas [point] Bouchet (at) u-bourgogne [point] frUniversité de Bourgogne,
Centre Georges Chevrier, UMR 5605
4 bd Gabriel
1000 DIJON - France