02 avril 2008
Grand corps malade, enfant de la ville

Imaginaire médical
C IMAGINAIRE MÉDICAL DANS LE FANTASTIQUE ET LA SCIENCE-FICTION Lyon, 27-29 nov. 2008 Université Lyon 1 (LEPS & SC SHS) Présentation
OLLOQUE CERLI
Science médicale et imaginaires Au cours du dernier siècle, la médecine a accompli une extraordinaire transformation de ses savoirs, de ses pratiques et de son image sociale. Pour autant, ces progrès fulgurants des « nouvelles sciences » du XIX collective, l’ont en fait aiguisée. Par exemple, nourris par les thèses de Galton, Darwin, Huxley, Freud, etc., H. G. Wells et son temps furent littéralement « hantés » par le « progrès » médical et la recherche scientifique qui suscitaient autant de rêveries merveilleuses qu’un sentiment réel de terreur devant le changement qui s’amorçait. De même, la découverte de la circulation sanguine par Harvey n’a pas oblitéré l’imaginaire des équilibres et des tempéraments issu de la théorie humorale hippocratique, et l’imaginaire engendré par la physiologie de Claude Bernard n’a pas éclipsé celui, horrifique, né des planches anatomiques de Vésale. Ainsi, à côté d’une science où le dernier état des connaissances fait loi, il existe un patchwork d’imaginaires sans péremption, avec lesquels le médecin, face au patient, doit parfois composer. Des oeuvres frappantes La perspective médicale introduit nombre d’images fortes dont la littérature et le cinéma aiment à s’emparer – les effets de sciences sont propices aux effets de fantastique. Comment ne pas voir dans
Frankenstein de Mary Shelley – et dans le cinéma d’horreur – un prolongement du saisissement provoqué par les planches anatomiques ? Les thèmes médicaux, comme la toxicologie, se glissent dans la fiction sur un mode angoissant, apparaissant chez N. Hawthorne (« La fille de Rappacini », 1844) ou Conan Doyle (
The Poison Belt, 1913). L’oeuvre de Wells abonde en élémentsLa Guerre des mondes (1898), la chirurgie anatomiqueL’Ile du Dr Moreau (1896) ou le principe chimique de croissance dans La Nourriture des dieux (1904). Parfois pour le meilleur et souvent pour le pire, la science médicale se pose en utopie ou contre-utopie, comme dans Erewhon (S. Butler,Le Meilleur des mondes de Huxley. L’eugénisme ou l’euthanasie influencentFrankenstein (Mary Shelley, 1818) au Dr Lerne, sous-dieu (Maurice Renard, 1904), les exemples foisonnent. L’occultisme ou la magie noire peuvent même se combiner au scientisme pour produire des effets angoissants (Chillingworth dans La Lettre écarlate d’Hawthorne). Au XXe siècle, leThe Drowned World, 1962 ; The Crystal World, 1966). D’autresDr Jekyll et Mr Hyde de Robert Dates limites :
15 juin 2008 Les propositions de communications devront être formulées ainsi : – un résumé ou une problématique de votre réflexion (une quinzaine de lignes) – le corpus à peu près défini sur lequel vous allez travailler – un petit mot pour dire si vous aurez besoin d'un matériel audio ou vidéo précis. Comité scientifique évaluant les propositions : – Lauric Guillaud (Professeur, Le Mans, Président du Cerli) : lauric.guillaud@free.fr – Françoise Dupeyron-Lafay (Professeur, Paris XII, Présidente d'honneur du Cerli) : Dupeyronlafay@aol.com – Jérôme Goffette (Maître de conférence, Lyon 1, organisateur) : goffette@sante.univ-lyon1.fr Ce comité examinera courant juin vos propositions et y répondra. Nous vous prions de bien vouloir envoyer vos propositions de communications aux trois adresses, s'il vous plaît, afin que chacun reçoive la totalité des envois. Au plaisir de recevoir vos prochains messages et de vous accueillir à Lyon. Le Comité d'organisation, Jérôme Goffette (resp.) & Karima Mezraï (secr.) goffette@sante.univ-lyon1.fr Karima.Mezrai@adm.univ-lyon1.fr lien est encore plus explicite entre médecine et désastre, comme le montre l’oeuvre de J. G. Ballard ( thèmes périphériques entretiendront la peur : génétique, clones, immortalité, mutants, animation suspendue, etc. Autant de thèmes liés au corps ou à l’esprit malades. Le cinéma reprendra l’ensemble de ces thèmes (horreur, fantastique, SF) en apportant un regard complémentaire. Des explorations humaines Pour autant, la littérature n’est-elle que cela : un « après », un écho, un effet secondaire ? Par exemple, comment ne pas voir, dans Louis Stevenson, à la fois un imaginaire de la pharmacopée, pris dans une dimension fantastique et morale, mais aussi une anticipation vis-à-vis du médicament psychotrope : questionnement des bénéfices et des risques, interrogation sur l’incertitude scientifique – perspectives contemporaines s’il en est ? Si la mort et la souffrance, le contact avec l’intimité et la connaissance des secrets du corps sont le quotidien du médecin, ils sont aussi au coeur des préoccupations humaines. Ils sont donc aussi au coeur de la littérature et du cinéma, tout particulièrement dans ces imaginaires concentrés que sont le fantastique et la science-fiction. 1872) ou « La SS » (1895) de M. P. Shiel. N’oublions pas la « parenté du savant pervers et du meurtrier » (Louis Vax) avec le thème du savant fou, souvent un médecin qui s’affranchit de l’éthique et des tabous : de
médicaux : les bactéries dans
dans