31 janvier 2008
Karl Lakolak
29 janvier 2008
http://cyberkor100org.canalblog.com/
Karl Lakolak, le désir d’une jouissance chromatique

Karl Lakolak est un artiste complet : poète, peintre, photographe et vidéaste, il construit de petites histoires corporelles et fait naître un peuple inattendu : des créatures post-sexués qui n’exhibent plus leurs corps au sens traditionnel, tel que le réclame encore l’industrie pornographique, mais mettent à nu les textures des impalpabilités du corps (pensées, sensations, émotions) ; écorchement virtuel qui révèle aux spectateurs l’espace du dedans (Henri Michaux) de l’artiste, cela a été possible grâce à l’effervescence épidermique de couleurs vives et magiques qui est mise en image sur ses « toiles-photographies » (Bernard Lafargue). En effet, la peau de ces êtres sublimes saigne, suinte et transpire la torture d’une surabondance d’émotions et d'informations diverses (accumulation de mots, formes et couleurs) qui rongent leur esprit, mais elle la convertit en une post-jouissance (jouissance poétique, jouissance chromatique), alors la douleur devient plaisir et les écoulements corporels (Claire Lahuerta) deviennent couleurs.
L’usage répétitif de « post-... », sans doute pénible pour le lecteur, n’est pas un effet de style, il traduit l’arrivée imminente d’un changement radical ; une transformation généralisée du corps et du monde, tel qu’on l’avait connu auparavant. L’humain ne pouvait plus continuer avec ce corps qui n’était pas le sien (mais celui de la norme), c’est pourquoi depuis 20 ou 30 ans maintenant, les artistes travaillent à la construction d’une nouvelle enveloppe charnelle qui n’est plus masculine, ni féminine, ni même humaine. Alliant des matières artificielles aux organes biologiques, les recherches expérimentales des artistes acheminent vers l’avènement d’un post-corps : le cyborg. Mais au contraire du cyborg / homme-machine de guerre qui est fantasmé dans les productions hollywoodiennes, l’art souhaite créer le cyborg / homme-machine émotive, même si parfois ces formes ont recourt à une certaine agressivité. Et c’est effectivement ce cyborg qui ressort de la production de Karl Lakolak : un peuple de post-corps cyber-dyonisiaques qui communique aux spectateurs un amour de la vie et, plus encore, une jouissance de vivre, par la défiguration chromatique de sa peau. Chaque « toile-photographie » (Bernard Lafargue) est un rituel chamanique qui délire le vivant à même la croûte cutanée du Moi.

Ce corps contemporain est l’œuvre d’une nouvelle Ethique (Baruch de Spinoza), d’une volonté de puissance (Friedrich Nietzsche) ainsi que d'une évolution créatrice (Henri Bergson), c’est un monstre techno-philosophique qui mélange chair et pensée, sujet et objets, douleur et désir, matière et mémoire (encore Bergson). Dans l’œuvre de Lakolak, l’anatomie se prolonge dans l’écriture et la peinture, elle se répand sur les pages blanches, dans l’air avec les sons, sur la peau de l’autre, elle se mélange au corps de l’autre. En effet, la peau des modèles semble être le simulacre de la propre peau de l’artiste, peut être est ce une manifestation esthétique du "fantasme de la peau commune" dont parle Didier Anzieu dans Le Moi-peau. Les identités se mêlent et se multiplient, à la manière des genres chez Judith Butler, donnant une solution identitaire on ne peut plus trouble : Qui suis-je ? Et l’autre qui est-il ? "Je est un autre" disait Arthur Rimbaud, et je crois que cette phrase correspond très bien à la démarche de Karl Lakolak, lorsqu'il peint sur le corps de l'autre qui est en fait une projection-extension de son propre corps.
Ce transcorps (Bernard Andrieu) hybride symboliquement l'artiste et son modèle, il favorise la naissance de cyborgs transexuels (au sens Guattarien), transgenres et transhumains qui entrent dans des "processus de subjectivation" (Gilles Deleuze) anti-biopouvoir et défient le rationnalisme humaniste par la volonté d'auto-engendrer un Moi logiquement impossible, puisqu'il combine plusieurs personnalités, mais aussi plusieurs corps.
Quelques liens :
Lien vers le site de Karl Lakolak
Lien vers le myspace de Karl Lakolak
Histoire et mémoire d'immigration en Lorraine et Grande région
Histoire et mémoire d'immigration en Lorraine et Grande région
Résumé
En région Lorraine, si l’apport à la construction régionale des premiers migrants issus dès le XIXe siècle de pays européens semble faire l’unanimité, d’autres nouveaux venus plus tardivement – nouveaux et anciens à la fois si on se réfère à l’expérience migratoire des Algériens qui traverse le XXe siècle – restent au seuil d’un droit de cité dans l’histoire locale. Il faut insister sur un malentendu de la reconnaissance lorsque l’historien gardien du temple de l’inventaire des mémoriaux de la nation ne répond pas au citoyen victime du mépris social. Le lien entre mémoire collective et mémoire nationale est remis en cause par des débordements dans l’espace public qui font que d’autres récits qui relevaient de mémoires clandestines trouvent place sur la scène médiatique et culturelle, soulignant ainsi le décalage avec les discours officiels relatifs à une mémoire publique patentée.
Annonce
Appel à communication – Colloque Scientifique International
Histoire(s) et mémoire(s) de(s) immigration(s) en Lorraine et Grande Région
9-10 mai 2008, Talange – Metz – Dudelange (Luxembourg)
Université Paul Verlaine Metz - Office Culturel Municipal Talange - Centre de Documentation sur les Migrations Humaines Dudelange (Luxembourg)Comité d’organisation
- Mairie de Talange- Université de Metz Paul Verlaine – Laboratoire ERASE, Laboratoire ETIC
- Centre de Documentation des Migrations Humaines, Dudelange, CDMH
- Agence Nationale de la Cohésion Sociale et de l’Egalité des Chances (ANCSEC)
Comité Scientifique
- GALLORO (Piero-D.), Université de Metz, Erase- BOUBEKER (Ahmed), Université de Metz, Erase
- MORALES-LA-MURA (Raul), Université de Metz, Erase
- QUEIROLO-PALMAS (Luca), Universita di Genova, Disa
- CALDOGNETTO (Maria-Luisa), CDMH Dudelange – Université de Trèves
En région Lorraine, si l’apport à la construction régionale des premiers migrants issus dès le XIXe siècle de pays européens semble faire l’unanimité, d’autres nouveaux venus plus tardivement – nouveaux et anciens à la fois si on se réfère à l’expérience migratoire des Algériens qui traverse le XXe siècle – restent au seuil d’un droit de cité dans l’Histoire locale. Ce problème ne saurait se limiter à la science car il ressurgit au niveau des luttes pour la reconnaissance publique de différentes traditions mémorielles. Il faut en effet insister sur un malentendu de la reconnaissance lorsque l’historien gardien du temple de l’inventaire des mémoriaux de la nation ne répond pas au citoyen victime du mépris social. L’historien, nous dit Eric Vigne, doit se faire agent de réparation d’oubli, d’autant que ses travaux s’inscrivent dans l’espace public : « Lorsque des mémoires sans lieu s’affirment, persuadées que c’est aussi faute de lieu dans le récit historique que les discriminations et la citoyenneté de seconde zone dont elles sont victimes paraissent sinon légitimes du moins non essentielles, on ne saurait claquemurer le grand récit national au prétexte que la commémoration sature l’espace public et qu’il faut que l’histoire, dans la quiétude de ses recherches et le silence ouaté de ses archives remette de l’ordre hiérarchique entre les mémoires partielles des communautés et la mémoire officielle de la nation ».
C’est en ce sens que l’immigration pose la question essentielle des malentendus entre Histoire et Mémoire . Le lien entre mémoire collective et mémoire nationale est remis en cause par des débordements dans l’espace public qui font que d’autres récits qui relevaient de mémoires clandestines trouvent place sur la scène médiatique et culturelle, soulignant ainsi le décalage avec les discours officiels relatifs à une mémoire publique patentée. Quand bien même cherche-t-elle encore ses formes et son sens, avec des portes parole souvent inexpérimentés, l’émergence d’une mémoire plurielle de l’immigration souligne la nécessité d’une révision critique du grand récit national. Penser l’histoire aussi du point de vue de sa réception ou de sa réappropriation par une mémoire que l’histoire a blessée ou oubliée, pour élargir les sources de l’histoire et dépasser l’immigration des « peuples sans histoire » – pour reprendre l’expression hégélienne – prétendument coincée dans une mémoire d’affects et d’images. C’est dans ce contexte que le témoignage de l’expérience vécue des immigrés s’impose comme retour de la mémoire et remise en cause des anciennes hiérarchies dans l’écriture du passé.
L’ambition de ce colloque est d’interroger ces constats pour contribuer à la mise en perspectives d’un état des lieux concernant l’histoire de l’immigration et sa mémoire.
La question pourra être abordée sous de multiples angles autour de deux axes principaux
1) Les registres d'une expérience de l'histoire des immigrations
Un autre sens du mot histoire, c’est aussi ce que l’homme fait et endure, et en deçà de la question de l’écriture de l’histoire se pose celle de comprendre comment telle ou telle culture singulière interprète son mode d’existence historique. Sous le grand courant de l’histoire officielle coule toujours les multiples ruissellements de l’histoire souterraine des « oubliés » dont le maître mot est le Zakhor – souviens toi ! - de Yerushalmi. C’est ainsi un enjeu essentiel que de comprendre comment les acteurs des immigrations d’hier et d’aujourd’hui sont restés sujets de leur propre histoire. Comment ils sont parvenus à sauvegarder des héritages, des relations et des solidarités, comment leur existence individuelle et collective s’est construite à travers des rencontres, des alliances, des conflits, à travers des relations de mémoire et d’oubli, des choix individuels, des mouvements, ou des compromis. On propose alors de se référer aux travaux en lien avec les modalités de l’expérience sociale qui rendent possibles les constructions et l’écriture de l’Histoire (Kosseleck).Quels sont les Evénements fondateurs et les moments de la mémoire d’une immigration à l’autre ?
Il s’agit de souligner la diversité des rencontres entre l’immigration et la société Lorraine. La rencontre vue comme un patchwork, une histoire de fragments dans le mouvement même de l’expérience migratoire, une expérience relevant d’une diversité d’héritages. Dans une rencontre continue entre la société lorraine et ses immigrations, quels sont les événements fondateurs (installation, confrontation aux populations, tensions interethniques, participation au mouvement ouvrier, politique d’immigration et de gestion sociale…) ? D’une immigration à l’autre, quels ont été les contextes, les dates et les acteurs de ces événements ? Mais il serait aussi intéressant de s’interroger sur les dénis et non-dits : les événements occultés de l’histoire nationale, mais aussi ceux qui sont oubliés ou réinterprétés par les mémoires de l’immigration
Quelles « Générations d’expériences » (Kosseleck) d’une immigration à l’autre?
Il s’agit de souligner l’importance de rythmes de l’expérience qui dépendent des générations comme « vagues d’expériences collectives » engendrant des histoires communes. Quels ont été ces processus d’accumulation de l’expérience d’une vague d’immigration ou d’une génération à l’autre, d’une part pour les nouveaux arrivants et d’autre part pour les institutions en charge de l’accueil et de la gestion sociale de ces populations ? Quelles sont les séquences historiographiques d’une continuité de ce processus ? Quels ont été les lieux et les termes des débats publics ou internes à différents groupes d’acteurs (acteurs immigrés, mais aussi syndicalisme, mouvements caritatifs, partis politiques…) qui ont donné forme à ce développement de l’histoire ? Quelles en sont les traces dans les archives et les figures dans les mémoires locales ? On insistera notamment sur des expériences spécifiques (mémoire ouvrière, mémoire des banlieues…) et sur des différences radicales dans le traitement de l’histoire de l’immigration entre vagues européennes et vagues postcoloniales
Quelles tensions dans la mémoire collective révélées par l’immigration ?
Il est notamment essentiel de s’interroger en Lorraine sur les abus d’une mémoire collective confondue à la mémoire ouvrière. Si différentes vagues d’immigrations dans le grand nord est ont trouvé place dans le monde ouvrier au point d’y devenir parfois majoritaires et de participer à l’avant-garde du mouvement social, on ne saurait confondre le patrimoine migratoire avec la mémoire ouvrière. Il s’agit notamment d’accorder crédit à un refus des héritiers de l’immigration du sud de s’identifier à un monde ouvrier qui n’a pas gardé trace de la mémoire de leurs pères. S’agit-il alors de promouvoir une mémoire alternative sur le modèle anglo-saxon des « history workshops » tournés vers les exclus ? Comment décentrer l’histoire de l’immigration de celle du monde ouvrier ?
Quels oublis ?
A la mémoire saturée (Robin) des commémorations et du tropisme mémoriel, des discours et des (ré)écritures d’imaginaires, les réinventions du passé (Edelman) ne peuvent occulter les silences qui existent encore aujourd’hui autour de certains thèmes liés à l’immigration ou de populations migrantes que les travaux scientifiques et la mémoire collective ne sollicitent pas. Quels liens entretiennent alors l’Oubli – quelles que soient ses formes (Augé) - et l’Histoire de l’immigration dans les paradigmes du devoir de mémoire (Rioux) ? S’agit-il, pour la Lorraine et la Grande Région, d’une confiscation de la mémoire de certaines populations immigrées comme cela a été établi dans d’autres régions (Cegarra) ou d’une nécessaire ambivalence inhérente au processus mémoriel toujours tendu entre les deux pôles que sont le souvenir et l’oubli (Candau) ?
2) Quelles histoires pour quelles mémoires: enjeux des approches pluridisciplinaires
Loin de s’en tenir à une approche purement historienne, on ouvrira également la réflexion à d’autres champs disciplinaires. En lorraine ce n’est en effet que très récemment que la question de l’immigration à commencé à susciter l’intérêt public. La région était encore en état de choc dans les années 1990, bouleversée par le démantèlement de la sidérurgie et de la mine. Dans ce passage du monde ancien à l'actualité, les luttes sociales ont suscité une obsession de la perte avec l’enjeu de l’écriture d’une nouvelle histoire sociale. Ce travail de mémoire a favorisé une réflexion publique sur la nécessité de nouvelles médiations : comment favoriser la prise de parole de toutes les victimes du désastre industriel ? C’est ce travail sur la mémoire ouvrière qui apparaît comme précurseur du nouvel intérêt public pour la mémoire des quartiers populaires et de l’immigration. Des historiens ont aussi peu à peu investi ce nouveau domaine de recherche, mais soulignons que les approches françaises de l’histoire de l’immigration – très influencées par les approches marxistes et le plus souvent limitées au cadre de l’Etat nation – sont aujourd’hui discutées par d’autres regards sur l’histoire : l’histoire culturelle, la sociohistoire dont se revendique Gérard Noiriel, ou encore une version de la world history inspirée par les post colonial studies.Ce colloque sera aussi l’occasion d’interroger les doxa, épistémé et paradigmes dans lesquels s’inscrivent les discours et les approches sur les immigrations et la mémoire aujourd’hui en particulier les liens entre phénomènes mnésiques attestés au niveau des individus et la notion équivoque de mémoire collective qu’il s’agira alors de définir. De ce point de vue, il s’agit de convier l’ensemble des disciplines des Sciences Humaines comme la philosophie, l’ethnologie et la sociologie, la psychologie ou la linguistique voire des sciences techniques comme la biologie (anatomie et biologie) soulignant l’enjeu des approches pluridisciplinaires sur lequel repose cet ouvrage. Quels ont été les apports respectifs de ces disciplines sur les questions qui nous préoccupent ? On interrogera notamment la vaste mouvance des Cultural et Postcolonial Studies dans la reconnaissance des mémoires et d’une histoire globale de l’immigration en favorisant des perspectives de recherche plus larges que le terrain local.
Mais ces nouveaux regards ne sont pas simplement ceux de spécialistes des sciences humaines : ce sont aussi ceux de nouveaux « entrepreneurs de mémoire » au premier rang desquels se retrouvent des « héritiers de l’immigration eux-mêmes. On questionnera, les pratiques militantes d’une politique de la mémoire mais aussi les nouvelles pratiques tant autobiographiques que romanesques ou cinématographiques (festival de Villerupt et de Fameck) qui participent à la constitution de mémoires alternatives dans leurs dimensions familiale, communautaire, local, régionale, nationale ou transnationale.
________________________
Précisions pour l’envoi d’un projet de communication
• Résumé de la communication de 3000 signes maximum (espaces compris) comprenant des éléments détaillés sur :o La problématique développée
o Une définition des concepts utilisés
o Une présentation des démarches et des outils méthodologiques
o Les principaux résultats et conclusions de l’étude proposée
• Présentation des auteurs :
o Nom et Prénoms
o Références professionnelles et institutionnelles
o Coordonnées complètes : téléphoniques / électronique / Adresse postale
• Date limite de remise : 15 mars 2008
Les résumés sont à envoyer par courriel (format RTF) et sur support papier à :
Gérard LAVANDIER
MAIRIE DE TALANGE
46 Grand Rue
Boîte Postale n°1
F-57 525 Talange
Tél. : 03 87 70 87 83
Fax. : 03 87 70 22 52
gerard.lavandier@mairie-talange.fr
30 janvier 2008
Alexei Biryukoff
nude #5, 160x200 cm, huile sur toile, 2004 - © Alexei Biryukoff
Le Russe Alexei Biryukoff, qui dit de lui-même sur son blog qu'il "a toujours essayé d'élargir l'image du monde, tout en luttant pour que les choses demeurent minimales et simples", est un artiste tous azimuts, à la fois peintre, photographe et musicien. En peinture, il s'intéresse beaucoup depuis 2003 à la représentation d'hommes gros, principalement des nus au physique qui ne doit pas déplaire aux gays amateurs de bears, ces homos au look "nounours". Alexei Biryukoff a initialement démarré cette série de tableaux pour un projet d'art conceptuel intitulé Naked Loneliness, mené en collaboration avec son confrère Dmitriy Onischenko et censuré par la municipalité russe de Barnaul suite au scandale suscité, auprès de certains esprits chagrins, par la trop grande liberté d'esprit des deux artistes.
nude #12, 150x100 cm, huile sur toile, 2004 - © Alexei Biryukoff
Toilette à l'école
Toilettes d’école à la lunette
Enfants. Cécile Duchemin, médecin de l’éducation nationale, explique comment le manque de propreté génère des problèmes de santé.
Recueilli par EMMANUèLE PEYRET
LIBERATION
QUOTIDIEN : mardi 29 janvier 2008
77 réactions
Que se passe-t-il derrière les portes - qui souvent ne ferment pas - des toilettes à l’école ? Problèmes urinaires, accidents, manque d’intimité, de propreté
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sont mis en évidence dans le rapport 2007 de l’Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement. C’est d’ailleurs l’une des conclusions les plus alarmantes de cette commission qui passe au crible tout ce qui concerne la sécurité, la santé, l’hygiène des enfants et adolescents. Elle s’appuie sur des comptes rendus d’urologues, des enquêtes fouillées de médecins scolaires… Expert auprès de la commission de l’observatoire, le docteur Cécile Duchemin est médecin de l’éducation nationale depuis 1977, quand, explique t-elle, «nombre d’écoles étaient encore sans aucun confort». Des efforts considérables ont beau avoir été faits, le docteur Duchemin et l’ensemble des rapporteurs parlent tout de même d’un «problème de santé publique». Etat des lieux.
Qu’est-ce qui vous a le plus frappée au cours de cette enquête ?
L’évidence est que de l’état des sanitaires à l’école dépend l’état de santé des enfants : sur les 24 781 élèves de CM1 et CM2, 18,8 % disent avoir été chez le médecin pour des problèmes urinaires ou de constipation, en grande majorité des filles (23,1 % pour 14,7 % de garçons). La moitié des élèves disent utiliser les toilettes occasionnellement, quand ils ne peuvent faire autrement. Sans parler évidemment des accidents corporels : pendant l’année 2005-2006, 298 accidents dans les sanitaires ont été recensés pour les élèves du CP au CM2, en majorité aux heures de récréation ou de repas, et la plupart de ces accidents ont demandé une consultation médicale. Membres supérieurs, doigts, tête, face, dents, plaies, sectionnements, etc, ce ne sont pas des tout petits bobos.
On parle donc d’un problème de santé publique ?
Oui, il est juste de penser que les 18,8 % d’enfants qui ont consulté pour ces problèmes ont dû subir plusieurs analyses, des traitements antibiotiques, parfois des examens d’imagerie. Je me souviens d’une conférence en 1999 du professeur Michel Averous, pédiatre et urologue au CHU de Montpellier, qui intervient aussi dans le rapport sur le thème «troubles mictionnels, infection urinaire de la fillette et école : attention danger». Il relatait le cas de la petite Julie, 8 ans, atteinte d’une infection urinaire chronique, parce qu’elle a appris progressivement à se retenir à l’école : la porte ne ferme pas, il n’y a pas de papier, une copine doit tenir la porte, on n’est pas à la maison. Et le professeur conclut que cette pathologie représente un tiers des consultations en uropédiatrie, que cela pose un réel problème de santé publique. Tout comme le docteur Lenoir, médecin de l’Education nationale qui a étudié «l’incontinence urinaire de la jeune fille nullipare : état des lieux dans un collège», expliquant la fréquence de problèmes urinaires par l’état déplorable des toilettes des établissements observés pour son enquête.
Que peut-on faire pour améliorer cette situation ?
L’équipement des sanitaires est capital : il doit y avoir du papier toilette, de quoi se laver et s’essuyer les mains. Ce n’est pas toujours le cas pour des raisons que l’on peut comprendre, le gaspillage, entre autres. L’entretien des locaux, aussi, relevant de la compétence des personnels et du devoir des élèves de les garder propres. Aux élèves aussi de respecter l’intimité des autres. Il faut améliorer la surveillance, aussi, devenue délicate à cause des problèmes de responsabilité qui se posent aujourd’hui, je pense aux questions de pédophilie. Enfin, l’accès aux toilettes doit être facilité, y compris pendant les cours.
Le rapport explique clairement que c’est aux enseignants, aux parents de se sensibiliser sur cette question.
Oui, le sujet des sanitaires ne doit plus être un sujet tabou. Aux enseignants de veiller au fil de la journée à l’état des lieux, qui doivent être propres, filles et garçons séparés. D’inciter les enfants à y aller à chaque récréation, de les laisser sortir facilement aux heures de classe. Les enfants ne doivent jamais passer une matinée ou une après midi sans aller aux toilettes, et vider complètement leur vessie. A la maison, les parents doivent observer leurs enfants : ont ils au ventre après l’école ? Vont-ils très vite aux toilettes en rentrant ? Et à tous d’enseigner aux enfants à aller régulièrement aux toilettes. Comment être attentif en classe quand on se retient et qu’on a mal au ventre ?
La culture aérienne
La culture aérienne. Objets, imaginaire, pratiques de l'aéronautique, XVIIIe-XXe siècle
Aeronautical Culture. Artifacts, Imagination, and the Practice of Aeronautics.18th-20th Century
Résumé
L’approche de l’histoire de l’aéronautique proposée ici est celle de problématiques transversales sur la longue durée. Des premiers ballons en 1783 aux transports de masse de nos jours, la culture aérienne a imprimé sa marque au monde moderne. Loin d’opposer aérostation et aviation, il s’agit de s’interroger sur cette culture aérienne en prenant en considération les temps longs et parfois superposés des savoirs, des représentations, des réceptions et des pratiques variées qui traversent le champ des techniques. Le vol libre des ballons nourrit tout au long du XIXe siècle de nouveaux imaginaires et trace l’horizon de conquêtes possibles que l’avion et le dirigeable revivifient et rendent réalisables. La première guerre mondiale génère des industries aéronautiques, y compris civiles ; le transport de masse, des entreprises et des infrastructures, des flux de voyageurs et de marchandises, le nouveau visage des échanges mondiaux. Loin de se réduire à l’héroïsme des pionniers, ces problématiques permettent d’aborder un ensemble de questions nouant l’histoire des techniques et l’histoire culturelle.
Annonce
Appel à contribution - Colloque international à Paris, 13-14-15 novembre 2008
La culture aérienne. Objets, imaginaire, pratiques de l'aéronautique, XVIIIe-XXe siècle
Aeronautical Culture. Artifacts, Imagination, and the Practice of Aeronautics.18th-20th Century
Conservatoire national des arts et métiers
Cité des sciences et de l’industrie
Musée de l’air et de l’espace, Le Bourget
La construction concrète de la troisième dimension par le déplacement aérien est un phénomène somme toute récent. Les premiers vols à bord de ballon (1783) ouvrent largement la voie à une pratique foisonnante au XIXe siècle. Ces machines glissant au gré du vent nourrissent de nouveaux imaginaires, traçant l’horizon de conquêtes possibles. Le dirigeable et l’aviation permettent la réalisation du vol dirigé au début du XXe siècle. Le ciel n’est désormais plus seulement l’objet d’investigations individuelles et expérimentales. L’usage militaire, amplifié par la première guerre mondiale, fait naître de véritables industries. La naissance d’un transport de masse générant entreprises, infrastructures, réglementations, façonne alors, par les flux de voyageurs et de marchandises, le nouveau visage des échanges mondiaux.
Or, l’appréhension aérienne du monde, qui contracte les distances, abat les frontières et la temporalité, ne peut se limiter ni à une approche modale, ni à la courte durée. L’histoire de l’aéronautique a jusqu’ici peu intégré les problématiques culturelles, si ce n’est par l’omniprésence de l’héroïsme des pionniers. Sans le secours de machines puissantes, l’homme ne vole ni comme un oiseau, ni même comme Icare. Le vol humain est un déplacement contre-nature, lié fortement à l’ingéniosité technique. D’où cette dimension héroïque qu’opère la possibilité même de voler, prenant au piège de la séduction le sujet en tant qu’objet de sciences sociales. Réfléchir sur deux siècles et de manière transversale à l’investigation de la troisième dimension, permet de poser de nouveaux jalons pour une autre histoire de l’aéronautique, et notamment de tisser le lien entre l’histoire culturelle et le champ des techniques.
Le fil rouge de l’histoire culturelle prend tout son sens pour penser à la fois l’investissement des acteurs et la production des représentations. Des événements construisent la mémoire collective où se forge l’intérêt de l’opinion publique pour le sujet (jusqu’au salon du Bourget), et accompagnent dans le même temps les développements de la filière technique. Qu’il s’agisse des matériaux choisis (bois, métal…) ou des décisions politiques d’investissements, les choix demeurent en grande partie culturels. L’appréhension du territoire liée à l’expérience physique du changement d’échelle et des effets de la pesanteur sur les corps semble une approche possible de la modernité. La synchronie entre l’imaginaire aérien et l’émergence de pouvoirs politiques totalitaires et démocratiques, n’est pas non plus anodine et serait à prendre en compte. En parlant de culture aérienne, il s’agit de comprendre comment le vol, domaine de projets et d’imaginaires, devient aussi un domaine de pratiques et de connaissances.
Une première étape de cette réflexion a été menée dans l’atelier sur « L’aéromobilité, risques et sécurité, 1870-1910 » lors de la IVth International Conference in History of Transport, Traffic and Mobility (T2M), Université Paris IV- La Sorbonne, Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, Paris- Marne-la-Vallée, 28 septembre-1er octobre 2006. L’engouement pour l’aviation s’est en fait construit sur de longues attentes. La question concrète du survol du territoire s’est déjà posée avant le développement de l’aviation. Dans un premier temps, le renouveau du vol libre autour de la guerre de 1870 a favorisé un ensemble de questionnements concrets sur les risques et les usages : la reconnaissance militaire, les risques liés aux vols et le droit aérien, l’intégration des objets volants dans la ville moderne. L’aller-retour entre la fiction des possibles et le récit des vols fonde une culture « aérienne » qui anticipe puis accompagne la maîtrise et la régulation de l’espace aérien. En évoquant la mobilité aérienne, la mise en perspective historique entendait ici rompre avec la problématique séparant plus léger / plus lourd pour envisager le déplacement aérien en général, à mesure que celui-ci se transforme en une locomotion dirigée marquée par la vitesse et la performance.
La journée d’études du 13 juin 2007, « Histoire de l'aéronautique. Nouvelles problématiques, approche transversale et longue durée », organisée à la Cité des sciences et de l’industrie à La Villette par le CAK-CRHST, le CDHTE et l’ATIP-CNRS « Mobilités passé-présent », a élargi le propos à l’histoire de l’aviation au XXe siècle, proposant d’intégrer le dialogue avec des acteurs qui interrogent la mémoire de l’entreprise par la constitution de leur patrimoine. Elle avait aussi pour objet de dresser un état des lieux des voies de recherches en France, et de considérer l’avancée des travaux internationaux, notamment outre-Atlantique. Cette journée a pointé les lacunes d’une histoire peu investie par les sciences sociales. Les mythes des pionniers, qui ont été relativisés, semblent cependant intégrer structurellement l’entreprise aérienne, construisant la cohésion interne de la « communauté de l’air » (des ouvriers aux ingénieurs et pilotes) et les attentes des publics. Les hommes singularisés, as de l’aviation et Icare modernes, laissent la place aux objets (Concorde, Boeing 747, etc.). Mais l’internationalisation continuelle de la conception (depuis les premiers brevets de l’aviation), comme l’intégration durant le second XXe siècle de normes managériales nouvelles, continuent d’opérer dans le même temps, avec de fortes demandes politiques et patriotiques. Et économiquement la viabilité de ces entreprises reste plus affaire de volonté que de choix rationnels. Le phénomène envisagé sur le long terme permet alors de poser la question des interactions entre le déplacement aérien, ses usages et contraintes et les attentes du monde social et politique.
Dans cette nouvelle étape d’un colloque international, nous nous proposerons donc d’étudier le vol, de la pensée aux pratiques, en articulant les usages, les imaginaires et les objets de la culture aérienne. Il ne s’agit pas d’occulter la période antérieure à l’aviation, bien au contraire l’approche couvrira la période longue de la conquête progressive du ciel et permettra de mieux comprendre les transformations ainsi que certaines permanences dans l’approche de ce domaine. Nous nous attacherons ainsi aux objets techniques, comprenant l’ensemble de ce que produit le vol, aux infrastructures au sol et aux machines individuelles ou monumentales (plus léger et plus lourd que l’air), aussi bien qu’aux usages et usagers du vol. Enfin, la culture aérienne sera envisagée à travers une réflexion patrimoniale sur les collections et la conservation.
La réflexion se décline en quatre grandes axes : 1) le rapport entre imaginaires, pratiques et savoirs, liant la pensée du vol, les expérimentations et les transmissions ; 2) les bouleversements induits par l’appréhension de la troisième dimension : le survol du territoire et ses modifications ; 3) les multiples usages du vol : de l’action expérimentale et performative aux usages et usagers du transport de masse ; 4) une réflexion patrimoniale sur la constitution et la conservation des collections et des archives privées, publiques et d’entreprises.
1. Pensée du vol, transmissions, expérimentations
De la pensée de l’équilibre à l’invention de la vitesse et de la puissance motrice, il s’agit de mieux comprendre les transferts de l’aérostation à l’aviation, d’en souligner les continuités et les évolutions. Les savoirs sur l’aéronautique se sont constitués, entre transmission de savoir-faire, cultures et stabilisation par l’enseignement et l’innovation au sein des entreprises. À partir des premiers vols, en effet, l’aérostation devient une technique fixée, avec de fortes contraintes (liées à l’impossibilité de diriger la machine), mais aussi de vraies connaissances éprouvées sur le terrain, de l’aérostation militaire à la fin du XVIIIe siècle au vol scientifique du XIXe, des savoir-faire forains aux dynasties d’aéronautes et de constructeurs, comme les Godard par exemple. Des évolutions techniques et conceptuelles (autour des dirigeables, des moteurs, des planeurs) constituent de nouveaux apports ; la réflexion sur l’aérodynamique, fortement liée à la pratique des vols aériens, se formalise (voir, par exemple, le cas de E.-J Marey). Se pose ainsi la question des acteurs et des structures de production, depuis les expériences individuelles jusqu’aux pratiques d’ingénieurs et de bureaux d’études.
2. Mobilité et modification de l’espace
Le vol engage une profonde révolution de l’espace où se repense le rapport de l’homme avec son milieu. Il produit des infrastructures qui inscrivent dans le paysage urbain et le territoire, le point d’arrimage de leurs routes (aéroports, pistes, aérogares, réseaux,…). Ces traces matérielles, de même que les pistes « immatérielles » (couloirs, signaux,…), peuvent être considérées comme des éléments propres de cette culture. Autant que des ajustements fonctionnels liés au développement de ces techniques de mobilités, l’infrastructure résulte des rapports entretenus avec les espaces survolés.
Par ailleurs, il nous faut considérer autrement les flux (marchandises, voyageurs) qui remettent en question les formes de déplacement et la notion des frontières, et ce afin d’ouvrir la recherche à des problématiques liant imaginaire, art, architecture, réseaux et territoire. La mutation lente des représentations spatiales est aussi à considérer à l’aune des nouvelles perspectives qu’ouvre la dynamique aérienne.
3. Le vol comme pratique
À la naissance d’une pratique professionnelle correspond l’existence de normes, de règles et de brevets pour les pilotes civils ou militaires, comme la création d’organisation transcontinentales et d’administrations spécifiques. Le développement de la mobilité aérienne au XXe siècle minore l’exploit individuel au profit du phénomène de masse ; le regard se porte davantage sur l’entreprise aéronautique, où l’ingénieur tient une place majeure, et sur les compagnies commerciales qui assurent le transport des passagers. On peut s’interroger cependant sur les déplacements qui s’opèrent, car l’exploit individuel semble perdurer dans les domaines sportif et militaire ou dans la conquête de l’espace.
Envisager la manière dont l’aérien a transformé la pratique du voyage permet de revenir sur la question de l’expérience physique, des usagers du vol singulier au vol collectif (qui ne se limite pas à l’aviation, voir les « croisières » en dirigeable…), et produit de nouvelles pédagogies. Les acteurs du voyage contemporain se déclinent selon une typologie allant du voyageur occasionnel ou régulier à l’ensemble du personnel de navigation – y compris le « personnel au sol ».
4. Objets et mémoire : conservation, collections, salons, expositions
La mémoire aérienne passe aussi par des archives (publiques et privées) et des objets - du ballon militaire capturé en 1796 (Heeresgeschichtliches Museum, Vienne), aux sièges des avions (musée Air France) - et par leur valorisation. A côté des grands fonds archivistiques et photographiques réunis au Service historique de la Défense ou des fonds particuliers disséminés dans des centres d’archives non spécialisés, les musées tiennent une place centrale. Les musées nationaux (Musée de l’air et de l’espace, Air and Space Museum) - comme les musées particuliers (musées régionaux, musée Otto Lilienthal, musée Zeppelin) -ont été construits à partir d’embryons de collections privées, elles-mêmes constituées au cours du XIXe siècle et réunissant non seulement des objets, mais aussi des archives personnelles d’acteurs (manuscrits, photos). Il s’agit ici d’interroger aussi bien les processus de la conservation que l’histoire de la constitution de ces collections.
Dans le contexte de la réflexion sur le patrimoine industriel, le développement de l’industrie aéronautique et de la navigation aérienne a conduit les entreprises, souvent à la suite d’une initiative associative, à engager des processus de mise en valeur de leur propre patrimoine. Cette nouvelle démarche pose de nombreux problèmes dans la mesure où la conservation n’est pas la fonction première de ces institutions. Musée virtuel ou centre de documentation, toujours est-il que se constituent là des fonds nouveaux dont les historiens ont à se saisir.
Comité d’organisation scientifique
Marc Alban (ACF, Paris), Patrice Bret (CHEAr ; CAK-CRHST/CNRS, Paris), Liliane Hilaire-Pérez (CDHTE/CNAM, Paris), Maryse Lassalle (Epistémé/Bordeaux I), Thierry Leroy (CERHIO, Rennes), Luc Robène (UHB Rennes II), Nathalie Roseau (LATTS/ENPC, Marne-la-Vallée), Marie Thébaud-Sorger (EHESS/CRH-CMH, Paris).
Comité scientifique
Bruno Belhoste (Paris I), Agnès Beylot (SHD/DA, Vincennes), Hans Joachim Braun (Helmut Schmidt Universität, Hambourg), Claude Carlier (Paris III), Thérèse Charmasson (CAK-CRHST/CSI, Paris), Joseph Corn (Stanford University), Tom Crouch (National Air and Space Museum/Smithsonian Institution, Washington), Hans-Liudger Dienel (Center for Technology and Society, Berlin University of Technology), David Edgerton (Imperial College, Londres), Patrick Fridenson (EHESS, Paris), Pascal Griset (Paris IV), Vincent Guigueno (LATTS/ENPC, Marne-la-Vallée), André Guillerme (CDHTE/CNAM, Paris), Peter L. Jakab (National Air and Space Museum/Smithsonian Institution, Washington), Christine Macleod (University of Bristol), Caroline Moricot (Cetcopra/Paris I), Antoine Picon (LATTS/ENPC, Marne-la-Vallée ; Harvard University, Cambridge), Dominick A. Pisano (National Air and Space Museum/Smithsonian Institution, Washington), Frédéric Pousin (LADYSS/CNRS, Paris), Daniel Roche (Collège de France, Paris), Vanessa Schwartz (University of Southern California, Los Angeles), Guillaume de Syon (Albright College, Reading), Christian Tilatti (Musée de l’Air et de l’Espace, Le Bourget), Kazuo Wada (Université de Tokyo), Andrew Whitelegg (Georgia State University, Atlanta), Robert Wohl (UCLA).
Titre et résumé (une page) accompagnés d’un bref CV à adresser avant le 31 mars 2008 à
colloque2008@culture-aerienne.fr
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Background and Research Rationale
The construction of the third dimension through air transport is a recent phenomenon. The first flights aboard balloons (1783) paved the way for a flourishing practice in the 19th century. The contraptions flowing with the winds fed new imaginary realms, projecting the possibility of conquest across the horizons.
Aviation and the dirigible in turn allowed for controlled flight in the early 20th century. The sky was no longer the realm of individual or experimental exploration. Soon, military applications amplified through World War I would give birth to whole new industries. The birth of mass transport that generated companies and infrastructure sculpted the new face of global exchanges under the mask of travelers and air freight.
However, an aerial conception of the world where distances shrink and timelines fade cannot be limited to a modal or event-centered methodologies. The history of aeronautics has up to now done little to integrate cultural issues, other than through the presence of heroic pioneers. To reflect in depth on two centuries of third dimension allows to chart new paths toward a different history of aeronautics, by threading links between cultural history and the history of technology.
The importance of culture becomes clearer when considering both actors and performances. Events fill the canvass of collective memory, whereby public opinion expresses interest in the topic (such as through air show attendance) and follows developments in the technical field. Such elements are relevant to technical and political decision making. When one speaks of aeronautical culture, the point is to understand how flight is both the subject of projects and imagination as it is that of practices and of knowledge. Considerations of modernity depend on an investigation of the realm associated with the physical experience and the change of scale brought through the body’s experience with gravity. Without the help of powerful machines, humans fly neither like birds, nor like Icarus: human flight is an act against nature, linked to technological ingenuity. Hence the heroic dimension that even the thought of flying creates, thus seducing researchers into investigating it.
Two previous meetings have sought to clarify the topic as it stands to date.
The first step took place at a workshop on “Aeromobility, risks and safety, 1870-1910,” held at the Fourth International Conference on the History of Transport, Traffic and Mobility (T2M—held in Paris-Marne-la-Vallée September 28-October 1, 2006). The passion for aviation was in fact built on long expectations. The question of territorial overflight, for example, was already raised before the development of aviation. First, the reappearance of free flight during the Franco-Prussian War raised a whole series of questions regarding risks and practices: military reconnaissance, flying risks, aerial law, and integration of flying contraptions into the modern city. The back-and-forth between fictional possibilities and the account of flights created an “aerial” culture which projects, then accompanies the mastery and regulation of air space. The historical framework of aerial mobility sought to move away from the tensions of lighter-than-air/heavier-than-air aircraft by considering aviation more generally as it transformed itself into a mode of controlled locomotion defined through speed and performance.
The second gathering, on June 13, 2007, History of Aeronautics: New problematics, cross approach and longue durée,(held at the Cité des sciences et de l’industrie at La Villette) widened the topic to include 20th-century aviation by incorporating a discussion with those involved in interrogating corporate memory as they build its legacy. This gathering also wished to examine the state of the field in France and abroad. Consequently, the limited involvement of social sciences in the field became obvious. Pioneer myths, though relativized, still seem to form a structural part of the aviation enterprise, this helping to construct an apparent cohesion between an “aerial community” (workers , engineers and pilots) and the general public’s interest. Heroes are often displaced in favor of objects (Concorde, Boeing 747, etc.). Yet the ongoing globalization of aviation (from the first aviation patents onward), along with the appearance of new management practices, still operates in parallel with political and patriotic factors. Oftentimes the economic viability of such undertakings rests more on will than on rational choice. This phenomenon, happening over a long period, raises the question of the interaction between aerial mobility, its practices and constraints, and the expectations the social and political realms place on aviation.
Let us therefore suggest a study of flight in theory and practice, looking at its traditions, realities, fantasies, and the objects of an aerial culture. the point is not to exclude the period preceding the aviation century, but to understand better the changes and continuities in this realm. We would like to include all technological artifacts related to flight: ground infrastructure, single machines, or gigantic ones (lighter-than-air and heavier-than-air) as well as the uses and consumptions of flight. Finally, aerial culture should also be discussed though the prism of aviation collection and preservation.
The following themes are suggested as departure points
1. Thinking, transferring and experimenting with flight
Be it through the thought process or the invention of speed and propulsion power, one wishes to clarify the transfer links between ballooning and aviation, emphasizing the evolutionary and stationary phases. Aeronautical knowledge was built through teaching and innovation and eventually stabilized through teaching and evolution within companies. The first ballooning flight indeed crystallized into a restricted technology )linked to the impossibility of steering), but also to the knowledge acquired in the military and scientific fields of the 18th and 19th centuries, as well as the practices of fair balloonists and manufacturing families. Technical evolution surrounding dirigibles, engines and gliders offer new contributions, early thoughts on aerodynamics, linked clearly to flying, are formulated more rigorously (see Jules Marey). Actors and production structures, be they individual experiences or engineering practices raise new questions about flying.
2. Flight, Overflight and the Change of Space
Flight initiates a revolution whereby humanity rethinks its relationship to surrounding space. The worldwide extension of airlinks create new infrastructures in the urban landscape that symbolize the anchoring of said routes (runways, terminals). Such physical evidence, alongside “immaterial” ones (traffic corridors, beacons)are all concrete elements of an aerial culture.. Not only is it the result of functional adjustments linked to technology developments, but such infrastructure is also the result of the relationship with overflown space. Furthermore, one needs to investigate differently the flux of cargo and travelers that change the notion of cross-border movement and to incorporate into the field of research questions linking imagination, art, architecture, air routes and territories.
3. The Practice of Flight
With the birth of professionalization appear standards, rules and licenses, as well as the creation of international and administrative organizations. The expansion of aerial mobility diminishes the personal exploit in favor of the mass phenomenon; the focus is now on the aviation corporation, where the engineer has a say, and on air transport for passengers. One wonders, however, about such evolution, as the individual achievement continues to exist in the sports and military aviation, as well as in space.
One may wish to consider how air transport has changed the art of travel, and to reexamine the physical experience and practices in private and commercial flights, but which does not focus on aviation alone (airship “cruises”) and opens new paths of understanding. The actors in this canvas range from the occasional passenger to include on-board staff and ground staff.
4. Artifacts and Memory: Conservation, Collection, Gatherings, Shows
Aerial memory relies as much on archives (public or private) as it does on objects (be it a balloon of 1796 housed in Army Museum in Vienna, or aircraft seats at the Air France Museum). In addition to the big archival and photographic holdings gathered at the Service historique de la défense (Vincennes) or the material spread out among non specialized archives, museums play a central role, They are national (Musée de l’air et de l’espace at le Bourget; Smithsonian National Air and Space Museum) or private regional museums, Otto Lilienthal Museum, Zeppelin Museum)and were built on the basis of private collections, themselves constituted in the 19th century by collecting manuscripts and photographs. The point is to analyze the process of collecting and preserving, as well as the history of the building of these collections.
In the context of reflecting on the industrial patrimony, the development of aeronautical industries have prompted companies, often on the basis of enthusiasts contact, to engage in a process of emphasizing their own legacy.. This new development is problematic because preservation is not the primary function of such companies. Be they virtual museums or documentation centers, these nonetheless offer new sources for historians.
Submissions of proposals (title and 1-page abstract), short CV by March 31, 2008, to
colloque2008@culture-aerienne.fr
mot-clefs
- aéronautique, savoirs techniques, ballons, avions,
voyageurs, mobilités, transports, inventeurs, innovation,
entreprises, exploration, patrimoine
Ville
- Paris (Conservatoire national des arts et métiers, Cité des sciences et de l’industrie, Musée de l’air et de l’espace, Le Bourget)
Date limite
- lundi 31 mars 2008
Contact
- Patrice Bret
courriel : colloque2008 (at) culture-aerienne [point] frDépartement d'histoire, Centre des hautes études de l'armement (DGA/CHEAr/DHAr)
5 bis avenue de la Porte de Sèvres, 75015 Paris - - Marie Thébaud-Sorger
courriel : colloque2008 (at) culture-aerienne [point] frCRH (EHESS-CNRS)
54 bld Raspail 75270 Paris Cedex 06 - Nathalie Roseau
courriel : colloque2008 (at) culture-aerienne [point] frLATTS-Ecole nationale des ponts et chaussées
6 et 8 avenue Blaise Pascal - Cité Descartes Champs-sur-Marne - 77455 Marne-la-Vallée cedex 2
29 janvier 2008
Elle s'appelle Sabine
Corps et âme d'un président
28 janvier 2008
Apprendre à Lire le corps
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Descriptions du produit
Présentation de l'éditeur
Votre corps vous parle ! Mais l'entendez-vous ? L'écoutez-vous ? Le comprenez-vous ? Pour vous aider à décoder ses messages, voici une " méthode de lecture du corps " simple, adaptable à la vie et au parcours de chacun. Ce livre, didactique et pédagogique, vous livre les clés qui ouvriront les portes symboliques de votre corps. Tel une méthode de lecture, il se présente comme un outil pratique et progressif. Très complet, il permet à chacun de construire une meilleure harmonie avec tout ce qui le constitue intimement. L'auteur nous apprend à décrypter ce que nous croyons être une simple mécanique physique et chimique... mais qui induit des états psycho-émotionnels dont nous sommes trop souvent la victime ou l'esclave. Il nous permet de changer notre vision des choses : notre corps est un ami, certes pas toujours discret, mais fidèle et fiable, sûr, incorruptible... car parfaitement honnête. N'attendez plus, apprenez à lire votre corps !
Biographie de l'auteur
Ostéopathe, formé à la médecine chinoise, à la biologie de la santé et à la psycho-phénoménologie, Hubert de Chalain fonde sa méthode de " lecture du corps " sur 15 années de recherches et sur la comparaison des 20.000 patients qu'il a déjà suivis. Il anime des stages et des conférences
27 janvier 2008
No Country for Old Men

Femmes et médias
Appel a communication pour la revue Le temps des médias
Résumé
Quel a été le rôle des médias dans le mouvement d'émancipation des femmes? Ce dossier de la revue Le Temps des médias se posera la question en étudiant tous les types de médias et en examinant toutes les périodes historiques.
Annonce
Revue Le temps des médias
Appel a communication : femmes et médias, une histoire paradoxale
Médias émancipateurs, médias oppresseurs : les médias au cours de leur histoire ont-ils plutôt joué un rôle émancipateur ou oppresseur de la libération des femmes ? Sous quelles conditions ont-ils servi la libération des femmes et leur asservissement ?Les médias semblent enfermés dans une dialectique contradictoire. D’un côté, ils ont servi la libération de la femme ; ils ont été, en comparaison des autres métiers, des lieux précoces de la professionnalisation des femmes, avec une visibilité forte de certaines grandes figures du journalisme. Ils ont également servi une libération par la connaissance, l’information, et ce non seulement dans les supports féministes, mais aussi dans les médias les plus traditionnels, les plus conformes au partage des rôles et à la domination masculine. De l’autre, les médias ont massivement diffusé des modèles très traditionnels de la vie féminine, des rapports de genre, du rôle social et privée des femmes, de leurs centres d’intérêt et de leurs loisirs.
L’objectif du dossier n’est pas d’ajouter, à l’ample moisson existante, une étude de plus sur la représentation des femmes dans les médias, ni même le portrait d’une journaliste ou d’un journal particulier, mais plutôt de montrer comment les médias ont contribué –ou pas- à transformer la définition que les femmes se donnent d’elles-mêmes, voire comment les femmes utilisent les médias pour transformer leur vie personnelle et sociale.
Le dossier propose une approche historique du rôle des médias dans le mouvement pluriséculaire d’émancipation des femmes. Toutes les périodes et tous les médias peuvent être étudiés : presse, radio et télévision, mais aussi cinéma, affiche, photo…
Claire Blandin (blandin@univ-paris12.fr) et Cécile Méadel (cecile.meadel@ensmp.fr)
Calendrier
- Les projets d’articles (une page) doivent parvenir aux responsables du numéro avant le 1er mars 2008.
- Les auteurs sélectionnés seront prévenus avant le 31 mars 2008.
- Les articles doivent être rédigés pour le 1er novembre 2008.
- Le dossier sera publié dans le numéro 12 de la revue (début 2009)
mot-clefs
- médias, histoire, femmes
Date limite
- samedi 01 mars 2008


