24 janvier 2008
Très Toucher

Les organes sensoriels se diversifient et deviennent
plus complexes au cours de l'évolution
La sensibilité tactile est une des propriétés fondamentales de la matière vivante, elle existe dès les formes de vie les plus élémentaires. Beaucoup d'organismes unicellulaires sont pourvus d'organes sensoriels appelés "cils" qui ont la forme de fins filaments et assurent leur sensibilité et leur motricité.
Les crustacés et insectes revêtus d'une carapace rigide et insensible ne sentent que par les poils et antennes tactiles servant à se diriger et trouver leur nourriture. Quant aux poissons, ils décèlent les perturbations de l'eau grâce à l'organe de la ligne latérale dont le fonctionnement, par la perception des phénomènes vibratoires, est proche du sens de l' équilibre et du sens de l'audition.
Chez les mammifères, les récepteurs du tact sont répartis sur tout le corps. Ils se sont, au fur et à mesure de l'évolution, multipliés dans certaines zones pour atteindre chez l'homme une sensibilité et une finesse remarquables au niveau des lèvres et des mains.
L'enrichissement sensoriel exceptionnel de la main est lié aux modifications motrices et sensitives du cerveau. La bipédie l'ayant libérée de sa fonction locomotrice, la main humaine est, à ce jour, un des organes tactiles les plus perfectionnés.
La sensibilité thermique
Nous possédons deux types de sensibilité thermique, la sensibilité au froid et la sensibilité au chaud. Ces sensations dépendent essentiellement de la situation dans laquelle nous nous trouvons au moment de la stimulation, c'est-à-dire de la température cutanée initiale. Par exemple, en plongeant dans une piscine dont l'eau est à 25°C on peut avoir une sensation de froid ou de chaud selon que l'on vienne du soleil ou de l'ombre. La sensation de froid ou de chaud est fonction de la surface stimulée et apparaît à condition que les variations de température soient au moins de 6°C par minute.
L'effet "chair de poule"
Les poils sont implantés dans la partie profonde de notre peau. Chacun d'eux est muni à sa base d'un petit sac, le follicule pileux, qui dispose lui-même d'un muscle (le muscle horripilateur). La contraction de ces petits muscles va permettre aux poils de se redresser, mais aussi de gonfler les follicules pileux, soulevant ainsi la peau. Cette réaction provoque l'apparition de petites bosses à la surface de la peau, c'est la "chair de poule". Le frisson qui accompagne cet effet produit de la chaleur en quantité non négligeable, ce qui réchauffe la peau. Ce phénomène permet donc de réguler la température à la surface du corps. Ce mécanisme réflexe existe chez les mammifères qui, pour se protéger du froid, gonflent leurs poils, créant ainsi un coussin d'air isolant. Un phénomène similaire existe chez les oiseaux. L'homme ayant perdu sa fourrure, la "chair de poule" est un reliquat de ce mécanisme réflexe.
"La douleur est... ce que le souffrant dit qu'elle est"
La douleur est un phénomène complexe.
Sa perception est habituellement associée à une agression qui menace l'intégrité d'un organisme. Cependant, réduire la douleur à un simple signal d'alarme ne rend certainement pas compte de toutes ses dimensions.
Dans le cas de douleur aiguë comme une brûlure, on peut considérer celle-ci comme un signal d'alarme protecteur, mais lors de douleurs chroniques, comme dans le cas d'une pathologie cancéreuse, elles épuisent le patient. "La douleur chronique ne protège pas l'homme, elle le diminue".
De plus, tout le monde ne perçoit pas la douleur de la même manière car le seuil de perception ainsi que l'intensité de celle-ci varient selon des facteurs physiques, éducationnels ou culturels.
Les composantes émotionnelles et psychologiques sont également primordiales et vont être influencées par le vécu de la personne ainsi que par le contexte.
La peur d'avoir mal et le souvenir d'expériences désagréables majorent souvent la perception douloureuse.
Bien que le déclenchement des récepteurs de la douleur soit quasiment identique pour tous, on ne peut donc pas mesurer ou quantifier la douleur de façon universelle.
La douleur est, par conséquent, une perception essentiellement subjective.
L'alphabet braille
Pendant des siècles les enfants aveugles ont été privés de l'accès à l'instruction et à la culture écrite. Ils n'ont pu être réellement scolarisés que lorsque Louis Braille, lui-même aveugle, a proposé en 1829 l'alphabet en relief ponctué qui porte toujours son nom.
Cet alphabet est remarquablement adapté aux capacités sensorielles de la pulpe des doigts, surtout de l'index et du majeur. Le code peut aussi être utilisé pour les lettres accentuées, les signes mathématiques et la notation musicale. Il a été rapidement utilisé dans toutes les langues pour les transcriptions de textes destinés aux aveugles.
Des livres en braille sont disponibles depuis longtemps mais jusqu a présent, ces livres ne comportaient que très rarement des illustrations, parce que les techniques pour les mettre en relief étaient trop coûteuses et que l'on imaginait que ces dessins seraient difficilement décryptables par les aveugles.
Aujourd’hui la situation a changé, différentes techniques ayant été développées: embossage de dessins linéaires, gaufrage ou thermoformage, collage de textures.... Ceci a permis l'édition de cartes géographiques en relief et de plans pour s'orienter dans la ville, le quartier, l'école, ainsi que l'édition de dessins représentant les objets, les schémas biologiques, la géométrie.
Visitez aussi le site web "Blindlife" développé par une personne non voyante:
http://www.blindlife.ch
Couleur sur le corps
COLLOQUE – Couleurs sur le Corps
Octobre 2008
Parler des corps et de la couleur, ce n’est pas parler de la couleur des corps.
La couleur comme le corps sont aujourd’hui des objets interdisciplinaires comme des enjeux culturels et sociaux. Nous avons déjà, lors d’un précédent colloque (Janvier 2007, « Corps et Couleurs ») abordé les rapports complexes entre ces deux réalités, en adoptant la perspective de la couleur des corps. La lecture en fut dense et pluridisciplinaire, mais essentiellement effectuée au prisme des disciplines de sciences humaines et sociales.
Si la couleur « naturelle » du corps relève toujours d’une construction culturelle, sociale voire politico-idéologique comme cela a été montré au travers des communications de ce colloque, l’interprétation que l’on en fait ne saurait être rabattue sur une simple saisie biologique. La richesse des contributions de cette manifestation a permis de cerner les véritables enjeux scientifiques mais aussi de répondre à des demandes sociales autour de la couleur du corps comme objet bio-culturel. La couleur sur le corps renvoie au cycle de vie et à des pratiques culturelles.
Pour autant, les rapports existants entre ces deux « objets » (corps et couleur) dépassent largement les problèmes de couleurs corporelles, pour concerner tout aussi essentiellement la matière qui devient alors un marqueur esthétique et identitaire.
Or la matière qui va parer, décorer, vêtir, voire transfigurer les corps et construire les apparences, relève scientifiquement d’autres disciplines que les sciences humaines et sociales.
D’où l’intérêt de traiter par des lectures croisées entre les sciences de l’homme, les sciences de la vie et celles de la matière, cette complexité des rapports entre corps et couleurs lors d’une nouvelle manifestation scientifique à la fois complémentaire de la précédente et innovante dans ses perspectives : « Couleurs sur le corps ».
En effet, les couleurs sur le corps constituent un enjeu scientifique et sociétal puisque nous sommes aujourd’hui confrontés à des regards nouveaux sur le corps et surtout à de nouvelles pratiques corporelles.
Cette manifestation s’articulera autour de trois axes liés aux corps et à leurs décors
- Pigments et onguents
- Pierres
- Textiles
Ceux –ci sont liés à la matérialité ou plus exactement à ce qui matérialise la couleur, au sein desquels le corps sera appréhendé selon les articulations suivantes :
- Matières / Effets
- Corps vivants / Corps représentés
- Réel / Imaginaire / Symbolique
- Apparence / Réalité
Sont alors requises les thématiques suivantes :
* parure, vêtement, décor corporel, tatouage, trace et signe, masque, bijoux, maquillage, rituel, fête, etc.
* teinture, colorant, vernis, peinture, tissu, gemme, plastique, etc.
* Nouvelles technologies, nouveaux supports, nouvelles couleurs
* bronzage, décoloration, etc.
Ce colloque se tiendra simultanément avec l’exposition scientifique annuelle du CNRS consacrée cette année au thème « Couleurs sur le corps ». Le CNRS souhaite que cet évènement scientifique soit le support emblématique de sa politique stratégique résolument dédié à l’interdisciplinarité.
Si vous souhaitez participer ou présenter une communication, vous devez vous faire connaitre le plus rapidement possible auprès d’Armelle Leclerc (armelle.leclerc@cnrs-dir.fr) qui vous fera suivre l’information.
D’ores et déjà, si vous voulez proposer une communication, vous devez dans un premier temps nous adresser un titre, même provisoire et une dizaine de lignes précisant le contenu. Toutes les propositions doivent nous parvenir au plus tard le 1er mars 2008.
Comité de direction du colloque:
Michel BLAY, Gilles BOETSCH, Christophe CARTIER dit MOULIN, Dominique CHEVE, Jacques LAFAIT
Comité scientifique provisoire :
ALBERT Jean-Pierre, Anthropologue, DE EHESS
ANDRIEU Bernard, Philosophe, Pr. d'épistémologie du corps et des pratiques corporelles
BANCEL Nicolas, Historien, PU, Strasbourg et Lausanne
BLANCHARD Pascal, Historien, Président de L’ACHAC
BLAY Michel, Historien et philosophe des sciences, DR CNRS
BOETSCH Gilles, Anthropobiologiste, DR CNRS
CARTIER dit MOULIN Christophe, Chimiste, DR CNRS
CHAMBAUD Gilberte, Chimiste, Directrice scientifique dépt Chimie CNRS
CHEVE Dominique, Anthropologue, philosophe, CA
CLAUDOT-HAWAD Hélène, Anthropologue, DR CNRS
COUREL Marie-Françoise, Géographe, Directrice scientifique dépt SHS CNRS
DARDEL Frédéric, Biologiste, Directeur scientifique dépt SDV CNRS
DELAY Bernard, écologue, Directeur scientifique du dépt EDD CNRS
DESCOLA Philippe, Anthropologue, Pr Collège de France
FABRE Daniel, Ethnologue, Dr. d’étude EHESS
GLOWCZEWSKI Barbara, Anthropologue, DR CNRS
GUERCI Antonio, Anthropobiologiste
GUILLON Pierre, Physicien, PU, Directeur scientifique du dépt ST2I CNRS
HUBERT Annie, Anthropobiologiste, DR CNRS
LAFAIT Jacques, Physicien, DR CNRS
LANEYRIE-DAGEN Nadège, Historienne de l’Art, Pr. ENS
LE BRETON David, Sociologue et Anthropologue, PU. Strasbourg
LIVAGE Jacques, Chimiste, Pr au Collège de France
MARY André, anthropologue des religions, DR CNRS
POMAREDE Nadine, Dermatologue
RABINO-MASSA Emma, Anthropobiologiste, Pr, Université de Turin
REGNIER Philippe, Histoire et littérature, DR CNRS
TERNAUX Jean-Pierre, Dr. de la communication scientifique, CNRS, Paris
VIGARELLO Georges, Historien, PU. Paris V, Dr. d’étude EHESS, Paris
Comité d’organisation :
BENEDETTI Arnaud, BIGOTEAU Monique, BLAY Michel, BOETSCH Gilles, CARTIER dit MOULIN Christophe, CHEVE Dominique, Chantal COSQUER, FRAISSE Eric, GRAZIANI Sabrina, LAFAIT Jacques, Leclerc Armelle, LANDEL Sarah, MAGET Laurent, TERNAUX Jean-Pierre