Leblogducorps

Actualité de la recherche SHS sur le corps

19 janvier 2008

Génie du proxénétisme/ Charles Robinson

Le Seuil, 3 janvier. 240 pages. ISBN 978-2-02-096243-8

Le fondateur et patron d’une entreprise pas comme les autres raconte comment il a réussi à redynamiser une région française qui sombrait dans la misère économique, sociale et culturelle. Son coup de génie : « La Cité », un bordel d’un genre nouveau, sorte de cité idéale. Ici, la religion n’est pas le christianisme (le Génie du christianisme de Chateaubriand, formidable texte de propagande, apparaît régulièrement sous forme de brefs extraits), mais l’économie de marché, et le premier des sacrements est le prêt bancaire. Poussant la logique libérale jusqu’à ses dernières extrémités, Génie du proxénétisme nous vante les mérites du plaisir tarifé, et nous raconte par le menu non seulement la gamme des prestations offertes au client roi, mais aussi la course d’obstacle nécessaire à l’obtention des autorisations et surtout des subventions diverses (commune, région, État, Communauté européenne). « La différence fondamentale entre capitalisme et socialisme c’est que le premier, ça marche. » Sous les apparences d’un bréviaire du capitalisme contemporain, ce roman époustouflant est une bombe à retardement contre la logique qu’il semble vouloir soutenir. Un bijou d’ironie corrosive.

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Organisme et Ontologie

Séminaire au Centre Cavaillès  (6 Février, 13H30, 29 rue d'Ulm, 3ème étage)

Charles Wolfe : L'organisme possède-t-il un statut ontologique ?


Résumé :
La catégorie d'organisme a un statut ambigu : scientifique ou philosophique ? Et philosophiquement, quel degré de réalité lui accorder ? Elle a longtemps en tout cas servi de caution scientifique à une argumentation philosophique qui refuse le programme d'explication « mécaniste » ou « réductionniste », perçu comme dominant depuis le dix-septième siècle, que ce soit au sein de l'animisme stahlien, de la monadologie leibnizienne, du néovitalisme de Hans Driesch, ou encore de la « phénoménologie du vivant » au vingtième siècle chez des auteurs comme Goldstein, Straus, ou Weizsäcker, dont l'influence sur Merleau-Ponty mais aussi Canguilhem est patente. Je propose (i) une relecture historique de cette catégorie ou notion, ayant comme but (ii) une évaluation critique, qui pourrait nous indiquer (iii) en quoi elle peut demeurer utile une fois qu'on a refusé toute dérive « organismique ». A la lumière du physicalisme, l'organisme a-t-il un statut particulier, ou doit-il disparaître ? La réponse suggérée ici repose sur une tension : d'une part le refus de l'instrumentalisme commode et d'autre part, l'affirmation de l'organisme en tant que « fiction instrumentale ».

lectures recommandées :
* l'article de Charles :

http://multitudes.samizdat.net/spip.php?article1370

et

* G. Canguilhem, "Machine et organisme", in La connaissance de la vie, Paris, Vrin

* Kurt Goldstein, « Remarques sur le problème épistémologique de la   biologie ». in Selected Papers/Ausgewählte Schriften, edited by Aron Gurwitsch, Else M. Goldstein Haudek and William E. Haudek, 439-442. The Hague: Martinus Nijhoff, 1971

* Un texte qui peut intéresser les partisans de la biologie théorique (et qui se trouve en ligne) est l'article récent de William Bechtel :

Bechtel (2007). « Biological mechanisms: Organized to maintain autonomy », in F. Boogerd et al ., eds., Systems Biology: Philosophical Foundations . New York: Elsevier. Texte disponible à l'URL < http://mechanism.ucsd.edu/~bill/research/bechtel.biologicalmechanismsorganization.pdf >

* Un autre texte pour le côté historique :

Tobias Cheung (2006). « From the organism of a body to the body of an organism: occurrence and meaning of the word 'organism' from the seventeenth to the nineteenth centuries », British Journal for the History of Science 39.3

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