31 août 2006
Lingerie porno ?/ Libération Marie Joelle Gros
Conso. Les affiches de marques de lingerie sont parfois dérobées.
Leçon n° 1: attiser la convoitise... des voleurs
«Leçon de séduction 76». PHOTO AUBADE.
Par Marie-Joëlle GROS
QUOTIDIEN : Jeudi 31 août 2006 - 06:00
17 réactions
avec
Dans la nuit de lundi à mardi, deux étudiants rennais ont été pris la main dans le panneau d'affichage d'un abribus : ils tentaient de voler les dernières «leçons de séduction» (n° 74, 75, 76) de la campagne de lingerie Aubade. Aux policiers, ils ont expliqué être membres du bureau des élèves de leur fac : les affiches serviraient de lots pour une prochaine soirée. La société d'affichage a porté plainte, car «plus de dix affiches Aubade» avaient déjà disparu au cours des nuits précédentes.
La marque Aubade, qui ne souhaite pas commenter davantage l'incident, s'estime «victime de [son] succès». Voilà treize ans qu'elle décline ses «leçons» qui délivrent des conseils aux femmes (n° 34 : «Jouer avec ses nerfs», n° 75 : «L'inciter au renoncement» ) mais font surtout tourner la tête aux hommes. Au point que chaque nouvelle série donne lieu à des vols avec ou sans dégradation de mobilier urbain.
Inconnus fébriles. Consciente de son petit effet, la marque les a éditées en calendrier, puis en livre. Un poil perverse, elle va jusqu'à publier sur son site web les lettres de ses fans. Extrait : «J'aimerais plus que tout au monde être le poseur d'affiches Aubade, j'aimerais plus que tout au monde devenir pour une nuit ce Père Noël pour tous les hommes.» Chez Decaux comme chez Clear Channel, leaders du mobilier urbain, les poseurs d'affiches ont surtout appris à composer avec des inconnus fébriles leur demandant de leur en céder une. Chez Decaux, la consigne est d'accepter, mais seulement quand la campagne de pub se termine.
Seins et fesses. Les professionnels de l'affichage urbain assurent cependant que le vol de photos de seins et de fesses offerts au regard serait fréquent, mais finalement peu conséquent. Rien à voir avec les anti-pubs qui, eux, feraient de «très gros dégâts», dit-on chez Decaux. Ce qui n'empêche pas Aubade de qualifier de «vandales» les étudiants de Rennes. Sans s'interroger outre mesure sur la tentation qu'elle a suscitée à dessein.
Très peu de ses concurrents peuvent d'ailleurs se vanter de déclencher une telle passion. Barbara, Lou, Lise Charmel ou Wonderbra ont également mené des campagnes très sexy, mais sans parvenir à égaler la popularité d'Aubade. Qui est définitivement l'élue des internautes. Ceux-ci téléchargent lesdites leçons pour en faire des fonds d'écran. Ils échangent sur des forums des tuyaux pour ouvrir les panneaux d'affichage à l'aide d'une petite cuillère, ou racontent qu'ils guettent le poseur d'affiches qui n'aura pas pris le temps de cadenasser le système de fermeture. Des étudiants se vantent d'avoir tapissé les murs de leurs studios avec ces affiches, d'autres en ont même fait l'objet d'un mémoire de fin d'étude, comme un étudiant en commerce de Lausanne particulièrement appliqué.
Pour sa part, la marque Chantelle a renoncé à l'affichage de rue. Pas pour cause de vols, bien que ce bonnetier ait lui aussi connu le phénomène, notamment à l'hiver 2005, quand les yeux des passants et, plus dangereux, ceux des automobilistes, tombaient directement dans le décolleté fourni d'une bonde à l'allure scandinave. «Nous avons été obligés d'augmenter nos stocks pour les poseurs d'affiches», explique-t-on au siège de la marque. S'adressant «plus directement aux femmes», Chantelle s'estime préservée. Même affirmation chez Lou.
Un responsable marketing du secteur laisse entendre que, si Aubade connaît plus de vols que d'autres, c'est qu'elle l'a bien cherché : «Elle s'adresse aux hommes, elle est très aguicheuse.»
«Le minimum». Les sous-vêtements masculins ne sont pas en reste. Notamment ceux de Hom, qui a presque plagié les leçons d'Aubade. Sur ses affiches, on voit des fesses d'hommes fendues d'un string, avec ce slogan : «Oser le minimum.» Des homos très friands en auraient dérobé. Ce que ne dément pas Hom.
Pour toute réponse, les marques assurent qu'elles envoient gracieusement les affiches convoitées à ceux qui en font la demande
Biologication et sanitarisation 7 sept. 06 Bordeaux
congrès de l'Association française de sociologie qui se tient à Bordeaux du 5 au 8 septembre prochain :
- la session plénière le matin du 7 septembre, consacrée au thème : "Vers une biologisation et une sanitarisation des questions sociales ?" (organisateurs : Catherine Dechamp-le-roux, Lise Demailly, Pierre Lenel, et Dominique Memmi)
- et les cinq sessions (les après-midis du 5 au 8 septembre) de notre Réseau 17, Gestion politique des corps et des population qui seront consacrées cette année au thème : Les morts contemporaines. Genèse sociale et transformations récentes du rapport à la mort (organisateurs : Serenella Nonnis, Emmanuel Taieb, et Dominique Memmi)
Vers une « biologisation » et une sanitarisation des questions sociales ?
(responsables : Dominique Memmi, Catherine Dechamp-Leroux, Lise Demailly, Pierre Lenel)
- Question scolaire et "dépistage" précoce de la "déviance" à l'école : Francine Muel-Dreyfus
Directrice d’études EHESS, Centre de Sociologie Européenne, EHESS
Vichy et l’éternel féminin. Contribution à une sociologie politique des corps, Paris,Seuil, 1996
Le métier d’éducateur, Paris, Minuit, 1983
- La filiation entre lien du sang et lien social : Marcela Iacub
Chargée de recherches CNRS
L’empire du ventre, pour une autre histoire de la maternité, Paris, Fayard,2004
Le crime était presque sexuel et autres essais de casuistique juridique,Paris,Flammarion,2003
Agnès Martial
Chargée de recherches CNRS, centre d’anthropologie Univ. Toulouse
S’apparenter.Ethnologie des liens de familles recomposées, Paris, ed MSH, 2003.
- La circulation des étrangers et des précaires : Arnaud Veïsse
Médecin, directeur du COMEDE (centre médical pour les exilés)
« La dignité dans l’accès des étrangers aux soins médicaux » in Girard.G,Hennette-Vauchez.S.,La dignité de la personne humaine,recherche sur un processus de judiciarisation.Paris, PUF,2005
« Les lésions dangeureuses », Plein Droit, n°56,2003
« Les salles d’attente de l’universel », Vacarme, n°17,2001
- Le « traumatisme » entre biologisation et psychologisation : Richard Rechtman
Psychiatre, médecin-chef d’établissement CHS La Verrière et chercheur au CESAMES (CNRS, INSERM, UP5)
Rédacteur en chef de L’évolution Psychiatrique
« Remarques sur le destin de la psychanalyse dans les usages sociaux du traumatisme »Revue française de psychosomatique, 2005, 28,27-38
« Du traumatisme à la victime : une construction psychiatrique de l’intolérable » in D.Fassin et P.Bourdelais, 2005, Les constructions de l’intolérable, Paris,La découverte
_______________________________
Le présent congrès vise à confronter, face aux tendances dominantes des discours médiatiques, politiques, et économiques, les interprétations propres aux professionnels de la sociologie et des sciences sociales. Dans cette perspective, ce qui pouvait bien apparaître comme des formes contemporaines de sanitarisation, de « biologisation », bref de naturalisation d’un certain nombre de questions sociales nous ont paru dignes d’être commentées. A titre de simple cadre d'analyse provisoire, quatre interrogations ont été proposées à nos intervenants :
1- Dans quelle mesure a-t-on assisté au cours du XX siècle dans votre domaine ou sur votre objet à une naturalisation, ou une sanitarisation des questions sociales ? Comment interpréteriez-vous pour votre part cet énoncé ?
2- Si oui, dans quelle mesure peut-on dater ce processus?
3- Pouvez-vous en esquisser une genèse, propre à votre objet ?
4- Quelles seraient les mouvements contraires à ce processus et les résistances qu'il rencontre ?
Crimes et criminels (15 oct.2006) Criminocorpus
Le troisième dossier thématique du site "Criminocorpus. Le site portail sur l'histoire des crimes et des peines" sera consacré à la représentation des crimes et des criminels dans le cinéma de fiction.
Impossible, sur cette matière, d'être exhaustif. Il s'agira plutôt de donner quelques coups de projecteurs sur un domaine encore peu exploité du point de vue de l'histoire des crimes et des peines.
Le cinéma de fiction fait, depuis son origine, la part belle aux crimes et aux criminels. Inspiré par les faits divers ou les sciences criminologiques (anthropologie criminelle, psychiatrie, psychologie, sociologie…), il a produit à son tour des représentations du crime et du criminel qui ont durablement imprégné l'imaginaire collectif et peut-être même, en retour, les criminels (reproche qu'on lui adresse depuis fort longtemps). Reprenant la tradition du roman policier de la fin du XIXème siècle, il s'est d'abord penché de manière privilégiée sur l'énigme policière, puis, dans les années 30, avec la vogue des films de gangsters à la psychologie du criminel et la représentation du crime. Le film noir, à partir des années 40, allait accentuer cet intérêt pour le criminel, et allait souvent, comme l'affirmait déjà au XIXème siècle Thomas De Quincey, considérer le meurtre comme l'un des beaux arts, ou du moins une forme stylistique obligée dans certains genres cinématographiques.
Ce dossier voudrait explorer quelques composantes de la représentation cinématographique des crimes et des criminels :
- rapport entre la construction cinématographique et les faits divers,
- la mise en scène, le rôle des acteurs (physique, jeu), la spécificité du discours cinématographique (par réalisateurs, aire culturelle ou films de « genre »),
- le passage à l'acte, l'enquête, le procès, l'exécution de la peine, sa fin.
Conseils aux auteurs
Les articles ne dépasseront pas 50 000 signes et ne comprendront pas de notes de bas de pages. Les citations dans le corps du texte seront référencées entre parenthèses (Hervé Dumont, Robert Siodmak, 1981, p. 12) avec renvoi à la bibliographie pour la référence complète. La bibliographie sera présentée comme suit :
Nom (Prénom), Titre, Lieu, Editeur, date,
Nom (Prénom), Titre de l'article, Titre de la revue, date, vol., n°, p. 1-10.
Les propositions d'articles devront parvenir conjointement par voie électronique aux responsables de ce dossier avant le 15 octobre 2006
Date limite
- dimanche 15 octobre 2006
Contact
- Daniel Becquemont (Becquemont@wanadoo.fr)
- Marc Renneville (marc.renneville@justice.fr)
Villes en guerre (15 sept.06) 25-26 janvier 07 Chambery
Villes en guerre (1939-1945)
Le cas des Alpes occidentales
Colloque international
Chambéry-Grenoble
25-26 janvier 2007
Dans les études, pourtant pléthoriques, concernant la Seconde Guerre mondiale, le thème de la ville n'apparaît que fugitivement. Et pourtant… Durant ce que l'on a coutume d'appeler les « Années sombres », les villes ont tenu une place essentielle. À leurs fonctions traditionnelles, relevant du politique, de l'administration, du commerce, de l'industrie, de la culture, fonctions qui s'exacerbèrent parfois durant le conflit, se sont ajoutées d'autres rôles : celui de lieux de refuge, pour ceux qui fuyaient les combats de 1940 et l'avancée des troupes allemandes, transformés souvent en pièges – ainsi pour les Juifs se réfugiant en France, dans la zone non occupée ; celui de lieux où émergea la Résistance, et l'on ne compte plus les « capitales » de la Résistance, où s'organisèrent les réseaux, où s'imprima la presse clandestine, où se prirent les décisions de créer des maquis ; celui de lieux où s'organisèrent principalement les propagandes officielles, celle de l'État fasciste jusqu'à l'automne 1943, de l'État français, par l'intermédiaire de l'administration bien sûr, mais aussi des organisations spécifiques comme la Légion des combattants, par le biais aussi des voyages du Maréchal, généralement urbains à quelques rares exceptions près ; celui de lieux d'où s'organisa aussi la répression contre les maquis ; celui de lieux d'où partirent les convois de la déportation ; celui de lieux symboliques de la Libération – la libération successive des villes en constitua une des principales sagas – qui s'accompagna parfois de lourdes destructions, dues à la fonction industrielle ou de carrefour de communications.
Pour toutes ces raisons, il nous paraît indispensable de nous pencher sur le cas spécifique des villes durant la Seconde Guerre mondiale. Dans le cadre des programmes Interreg franco-italien et franco-suisse « Mémoire des Alpes », nous privilégierons la zone alpine, sans négliger toutefois des éléments comparatifs permettant d'éclairer des situations, spécifiques ou non, des Alpes occidentales.
Nous l'aborderons suivant plusieurs thèmes :
Le thème des villes « capitales » d'abord, capitales administratives réelles mais en tenant compte aussi des projets, par exemple ceux de Vichy sur les provinces et leurs incidences urbaines ; « capitales » de la Résistance, tant par l'implantation des mouvements et réseaux que par les initiatives pour canaliser le phénomène des réfractaires du STO, partant pour créer des maquis refuge, plus tard transformés en maquis de combat.
Dans cette optique, les villes tissèrent avec les campagnes des liens particuliers. Déjà la lancinante question du ravitaillement vit naître de nouvelles relations entre milieux urbains et milieux ruraux avec toutes les nuances allant du marché « gris » au marché noir. Mais les campagnes, et plus encore les montagnes, servirent de zones de repli, parfois illusoires, lorsque les tensions et dangers de la ville devinrent par trop aigus. Les villes créèrent dans la plupart des cas les maquis, d'abord pour éloigner les jeunes des mesures spécifiques de répression les visant, puis dans une optique tactique, voire stratégique.
Mais la ville, c'est aussi les lieux traditionnels de socialisation, de distraction, qui prirent durant le conflit des résonances toutes particulières : cafés, restaurants, hôtels, cinémas, théâtres, bibliothèques, parcs gagnèrent en fréquentation du fait des restrictions – on allait l'hiver à la bibliothèque pour lire, certes, mais aussi pour avoir moins froid… – mais s'érigèrent aussi en hauts lieux de résistance – ainsi a-t-on pu dresser une carte des bistrots lyonnais de la Résistance – mais aussi de répression : la réquisition des hôtels par les forces occupantes de l'Axe et leurs collaborateurs dessina un sinistre plan des villes. La ville devint ainsi le lieu éminent d'une pratique qui, pour n'être pas née de la guerre, connut un acmée dans les Années noires, la rafle. Ainsi naquit une topographie des villes en guerre, voire des itinéraires.
Les villes subirent également des destructions, dues aux combats de 1940, aux bombardements allemands, italiens puis alliés, sans oublier les velléités de destruction et destructions de quartier par les Allemands comme le montra l'exemple de Marseille dans le second cas, et celui du quartier Saint-Bruno à Grenoble dans le premier. Ces destructions générèrent en France un phénomène particulier, l'« adoption » de « villes martyres » par d'autres villes, à l'initiative de l'État français, et en Italie celui du sfollamento, de l'évacuation d'une partie de la population des villes industrielles et nœuds de communication menacées par les bombardements aériens. La démographie des villes subit ainsi des à-coups : à de brusques croissances de la population, aux flux des réfugiés, succéda parfois un reflux, celui des populations fuyant les villes menacées.
La ville vit naître des actions spécifiques de résistance : si la notion de « guérilla urbaine » peut parfois être utilisée, ne peut-on considérer la manifestation comme un mode urbain tout à fait particulier de protestation et de Résistance, manifestations spontanées de ménagères par exemple, ou manifestations organisées autour des commémorations patriotiques, le 14 juillet, le 11 novembre.
Enfin la ville, après la Libération, devint un lieu éminent de commémoration par l'érection de monuments, le baptême de rues, la tenue de cérémonies.
Le colloque devant se dérouler en deux jours, quatre thèmes principaux, correspondant à quatre demi-journées, ont été dégagés :
1. Structures urbaines (Maillage urbain, démographie, administration)
2. Lieux de socialisation et lieux symboliques (Notamment les lieux de résistance, de répression, de déportation)
3. Villes et campagnes (Ravitaillement, refuge, maquis, guérilla rurale et urbaine)
4. Destructions et Libération (Combats, bombardements, libération)
Appel à communications
Les personnes intéressées par ce colloque devront fournir avant le 15 septembre 2006 :
Leurs nom et qualités
Le titre de leur projet de communication
Un résumé d'une demi-page
A l'adresse suivante :
mda@iep.upmf-grenoble.frmda@iep.upmf-grenoble.fr
bien spécifier pour le sujet du mail : Veg
La guerre (10 sept 2006) 25-27 avril 07 Paris
Colloque international
« La guerre après la guerre ».
Images et construction des imaginaires de guerre dans l'Europe du XXè siècle
Organisé par le Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), l'Institut national de l'audiovisuel et le Laboratoire Communication et Politique (CNRS)
Paris, Institut national de l'audiovisuel (Institut national de l'audiovisuel, Centre Pierre Sabbagh, 83 rue de Patay, 75013 Paris)
25, 26, 27 avril 2007
Appel à contribution
Date limite : 10 septembre 2006
La question des guerres au XXè siècle, profondément renouvelée ces vingt dernières années, a donné lieu à d'abondantes études prenant en compte des problématiques variées et des documents de plus en plus diversifiés, tant écrits que visuels. Le champ de recherche, désormais bien établi, des « cultures de guerre », est sans doute l'un de ceux qui a le plus participé au renouvellement observé. Il attire notamment l'attention de l'historien sur l'aspect essentiel des imaginaires de guerre et la nécessité, pour les saisir, de ne négliger aucune source. A ce titre, l'image, sous toutes ses formes, est un outil précieux pour l'historien.
Le présent colloque ne se propose pas d'étudier la manière dont se construisent les représentations collectives en temps de guerre. Il se situe résolument au-delà, c'est-à-dire une fois le conflit achevé et s'attache à un outil d'observation exclusif, bien que polymorphe : l'image. Avec une question centrale : comment, la paix revenue, les images (celles laissées par la guerre ou construites après la guerre pour en faire le récit) contribuent-t-elle à nourrir les imaginaires collectifs sur la guerre passée ? La question ne prend tout son sens que dans une perspective comparative et de longue durée. L'espace choisi est celui de l'Europe et la séquence chronologique couvre l'ensemble du siècle. Parce que le regard sur la guerre éclaire, comme on sait, davantage sur le présent que sur le passé, la rencontre ne négligera aucun type de conflit armé (guerre mondiale, guerre nationale, guerre civile…). Parce que les représentations se bâtissent à partir de sources variées, convergentes ou contradictoires, le colloque prendra en compte toutes les formes d'images (images documentaires, de propagande, de fiction, de création…).
Enjeux, retours et conflits de mémoire des guerres à travers leur expression visuelle fourniront le socle général de la réflexion. Comment le récit par l'image d'un conflit ancien permet-il de mieux comprendre la lecture faite d'un conflit récent ou contemporain ? Comment l'utilisation ou l'instrumentalisation de l'image éclairent-ils sur la perception nationale de l'histoire de l'Europe du XXè siècle? Comment se bâtissent, grâce aux images, les représentations communes, parallèles, différenciées des guerres à l'échelle européenne? Mais aussi, dans une perspective de longue durée, quels rôles particuliers jouent les grands médias d'images, télévision ou cinéma notamment, dans la construction des représentations ? Des images, caractéristiques d'une époque, sont-elles chassées par d'autres, estimées plus éloquentes ou plus symboliques ? Assiste-t-on à une sédimentation du visuel ou, au contraire, peut-on saisir des phénomènes de « générations », chaque époque privilégiant « ses » images ? Bref, il s'agit d'apprécier la manière dont les images des guerres européennes du XXè siècle peuplent les représentations des individus et des groupes et leur fournissent, à tort ou à raison, les clés de compréhension du passé mais aussi du présent.
Comité d'organisation :
Christian Delporte
Denis Maréchal
Caroline Moine
Isabelle Veyrat-Masson
Envoi de la proposition de communication :
Texte de 1500 signes maximum (avec coordonnées précises de l'auteur), avant le 10 septembre à christian.delporte@uvsq.fr
Que sait la police ? 28 sept 06 La Sorbonne
Que sait la police ?
La formation des savoirs policiers en Europe (1700-1830)
Journée d'étude organisée par le Centre de Recherche en Histoire Moderne de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Jeudi 28 septembre 2006
9h 30 –17h 30
salle Perroy (Sorbonne, galerie Dumas, esc. R, 2e étage)
La police classique entretient avec le savoir des relations multiples. Sous l'Ancien Régime naît une volonté de savoir, au coeur de l'ambition policière, et qui survit à la crise de la police classique au dix-huitième siècle. Du secret des alcôves et des familles aux "mauvais propos", de l'observation de la rue à l'enregistrement des prostituées, des "mauvais sujets" ou des voyageurs, la police se construit largement sur l'ambition d'être omnisciente, comme le résume la métaphore contemporaine de l'oeil. Toute la chaîne de ses agents, des grades les plus subalternes de la force armée et des hommes "en bourgeois" au lieutenant général de police, les rapports, les formulaires et les registres, jusqu'au fameux quotidien "bulletin de Paris" destiné au souverain, contribuent à composer un immense texte policier, qui constitue par sa diversité (mercuriales, états des étrangers, dossiers individuels, bulletins quotidiens) et sa richesse un des matériaux privilégiés de la recherche historique. Loin de se réduire à une instance répressive, la police ne cesse d'accumuler des connaissances sur les hommes et les choses dans l'espace dans lequel elle se déploie. La police contribue ainsi à l'édification d'une "érudition d'Etat" (A. Dewerpe) qui ne se réduit pas aux individus, mais porte aussi sur la société dans son ensemble. Ce savoir comme l'ambition à son principe méritent d'être interrogés, parce qu'ils sont porteurs d'une vision du social spécifique, sont constitutifs d'une "science de l'Etat" qui éclaire et détermine parfois l'action de celui-ci, et se trouvent aussi au principe de certaines des sciences de l'homme (comme la statistique de la population et des migrations ou la criminologie).
Outre ce savoir que se donne pour fin la police, l'effectuation des tâches de police par ses agents demande la maîtrise de compétences très diverses, liées à la multiplicité des domaines d'intervention (police économique, police judiciaire, maintien de l'ordre, police administrative). Il peut s'agir de domaines proprement techniques, comme détecter une fraude sur un produit, faire un signalement, maîtriser une foule ou mener une enquête. Mais la police est aussi un art des circonstances, qui repose des savoirs-faires d'une autre forme, comme repérer des suspects ou gérer l'ordre dans un quartier, et qui, sans être institutionnalisés, sont considérés comme caractéristique de ce qui fait le "bon policier" dès l'Ancien Régime. Bien avant la création de corps spécifiques ("la police"), c'est peut-être la maîtrise de l'ensemble de compétences et de gestes qui "fait" le policier. A une époque où des acteurs très divers exercent la police, ces savoirs constituent le dénominateur commun de ses praticiens, par-delà la diversité des statuts et des positions, et par conséquent un observatoire privilégié pour qui s'intéresse à la police d'Ancien Régime, ses contours, ses pratiques et sa place dans la société globale.
Il s'agit de rapprocher et d'étudier des domaines jusqu'ici séparés. L'évolution comme la nature des connaissances que produit la police dépend également des savoirs techniques qu'elle utilise. Dans l'un et l'autre cas, on voudrait être attentif aux pratiques et aux techniques intellectuelles des policiers, les modèles et les instruments d'analyse dont ils usent, leurs supports, la manière dont ils circulent mais aussi façonnent l'action des policiers.
Programme
Matinée
9 h 30 : accueil des participants
9h 45 : Vincent Denis (Université Paris 1), introduction : que sait la police ?
10 h 15 : Robert Carvais (CNRS, Institut d'histoire du droit), « Les savoirs de la police parisienne des bâtiments sous l'Ancien Régime ».
10 h 45 : Brigitte Marin (Université de Provence), « Connaissance de l'espace urbain. Les pratiques cartographiques de la police (1750-1815) ».
11 h 15 : Pierre Karila-Cohen (Université de Rennes II), « La formation d'un savoir composite : l'analyse de l'opinion sous la Restauration et la Monarchie de Juillet »
11h 45 : discussion
Déjeuner
Après-midi
14 h : Hervé Drévillon (Université de Poitiers), « La tactique du dragon. Les aptitudes des dragons au maintien de l'ordre (XVIIe-XVIIIe siècles) ».
14 h 30 : Pascal Brouillet, docteur en histoire, « La formation des cavaliers de maréchaussée et de gendarmerie de la fin de l'Ancien Régime à la fin du Premier Empire ».
15 h : discussion
15 h 45 : Déborah Cohen (Institut Universitaire Européen), « Entre police et justice : savoir informel et preuves formelles. L'exemple des lettres de cachet à Paris au XVIIIe siècle »
16 h 15 : Vincent Milliot (Université de Caen), « L'oeil et la mémoire : réflexions sur les savoirs policiers d'après les mémoires du lieutenant de police Lenoir »
16 h 45 : discussion générale
Power and gender
Durham University, 13-16 July 2007
How was power exercised, implicitly and explicitly, in the centuries of the medieval and Renaissance eras? How was it displayed and performed, theorised, ritualised, romanticised, codified, sanctified or opposed?
The conference will consider questions such as these in a sequence of interdisciplinary sessions covering the full span of the periods and looking at social contexts ranging from the medieval republic of Iceland to the imperial courts of Renaissance Europe. It will discuss both the typical and the atypical structures of power and ways in which power was embodied in persons and institutions. It will investigate the roles of wealth in the acquisition of power and the maintenance of it. The conference will ask how power was related to knowledge: how it was determined by access to knowledge, how it regulated such access, and how it was challenged by knowledge in its various forms. It will seek to understand the ways in which power was gendered. And it will ask to what extent the realities of power were revealed in literature, historical writing and other cultural products.
Sequential sessions will be organised around five main themes:
- Representation of Power
- Gender and Power
- Wealth and Power
- Knowledge and Power
- Narratives and Power
If you are interested in contributing to the conference, please send your title and an abstract of no more than 300 words, preferably by attached file, to:
Dr Cathy McClive
CMRS Power Conference 2007
Department of History
University of Durham
43 North Bailey
Durham
DH1 3EX
United Kingdom
The deadline for submission of abstracts is 15 September 2006
De la haine, 11-13 octo. 06 Univ Poitiers
Appel à communications
11, 12 et 13 octobre 2007
Histoire et actualité de la haine : approches croisées
Depuis les années 1960, la haine est évoquée dans les travaux historiques sans pour autant avoir fait l'objet de recherches spécifiques. Lucien Febvre, l'un des fondateurs des Annales, avait déjà souligné qu'il faudrait un jour entreprendre une histoire de la haine qui constituait un véritable objet historique. Depuis, les historiens se mettant à l'écoute des anthropologues se sont attachés plus particulièrement aux violences interpersonnelles, aux modes résolutions de conflits et aux formes de la régulation sociale. Ils se sont ainsi intéressé à l'histoire de la vengeance, ont commencé à explorer les “sentiments envieux”, la jalousie, les inimitiés et les rivalités. Les haines collectives, comme la peur de l'Autre et l'aversion pour l'étranger ont également donné lieu à d'importants développements qu'il faudrait “revisiter”. Il importe aussi de de procéder à une relecture des travaux sur les guerres civiles. Mais il conviendrait d'interroger, indépendamment de l'échelle, de l'individu au groupe, de la classe à la nation les formes de la haine. Sans aucun doute, faudrait-il s'attacher aux modalités de la haine, aux lieux où elle s'exprime, à ces effets individuels et sociaux.
La haine n'est pas en tant que telle un objet spécifique clairement identifié ni par la sociologie, ni par la psychologie sociale. Pourtant, à travers leurs préoccupations respectives, l'intégration, la cohésion, le lien social, le rapport à l'autre et à soi, et en utilisant parfois des notions plus ou moins proches (rejet, exclusion, discrimination, stigmatisation, etc.) sociologues et psychologues sociaux traitent souvent des conditions sociales et psychologiques de la « pacification des mœurs » tant finalement collectives qu'individuelles et interindividuelles. Le présent colloque sur la haine sera l'occasion de faire le point sur ces questions et d'apporter des éclairages sur des phénomènes plus contemporains (haine ethnique, religieuse, etc.).
La haine est pour la psychopathologie un fait clinique. Ce qui signifie sa causalité psychique et nécessite la prise en considération de ses conséquences sociales. Deux exemples sont particulièrement distingués, à savoir la haine jalouse et la haine de l'être. La haine jalouse se modèle sur l'expérience du frère appendu au sein maternel telle que Saint Augustin l'a traduite dans ses Confessions, le sujet s'y percevant comme dépossédé de l'objet de son désir.`La haine de l'être vise une personne à laquelle est supposé un savoir plus parfait et dont les conduites ou les propos sont alors exécrés. Ce qui a été le cas de certains scientifiques en avance sur leur époque comme Galilée, Cantor, Freud et d'autres. Ainsi, nous voyons que la haine est articulée à l'Autre et au savoir, le prochain, le père, Dieu, l'institution. Elle fait symptôme dans le lien social. C'est ainsi que nous appréhendons dans nos recherches la haine comme symptôme du sujet dans le lien social.
Si la haine est abordée dans la philosophie présocratique d'un point de vue mythologique et prend place dans une ontologie, la pensée antique classique et l'âge moderne ont préféré l'analyser dans le cadre d'une théorie des passions ordonnée à une perspective morale. La réflexion contemporaine sur les masses, le totalitarisme, les génocides ont conduit à réfléchir sur la haine dans une problématique politique qui s'interroge sur les formes du mal et se demande comment il est possible de surmonter des périodes où la haine politique, religieuse, raciale, ethnique a semblé être la passion politique dominante. Les expériences de Réconciliation menées dans certains pays (l'Afrique du Sud, le Rwanda) amènent à s'interroger moins sur les causes de la haine politique que sur ses effets sur les possibilités de passer à un nouvel ordre politique. La haine pose ainsi les problèmes du pardon, de la punition, de la mémoire et de la réconciliation en politique.
Université de Poitiers, UFR SHA, 8 rue Descartes, 86022 Poitiers cedex
Comité d'organisation : Jean-Claude Bourdin (CRHIA), Frédéric Chauvaud (GERHICO),
Ludovic Gaussot (SACO), Christian Hoffmann (ERPC)
Ce colloque se tiendra à l'Université de Poitiers les 11, 12 et 13 octobre 2007
Les propositions de communication (nom, prénom, fonction, adresses électronique et postale, titre, quinze lignes de présentation) devront être envoyées pour le 7 octobre 2006. Les organisateurs du colloque vous donneront d'autres précisions en décembre 2006. Une publication est d'ores et déjà prévue.
Vous pouvez envoyer votre proposition de communication à : chauvaud.frederic@wanadoo.fr
ou Gerhico-Colloque Histoire de la haine
à l'attention de Monsieur Martin
8 rue Descartes
86022 Poitiers cdex
Les droits d'inscription fixés à 100 euros comprennent pour les auteurs de communications retenues l'accueil, l'ébergement (2 nuitées), le dîner du colloque, les Actes du colloque.
Date limite
- samedi 07 octobre 2006
Contact
- Frédéric Chauvaud (chauvaud.frederic@wanadoo.fr)
Université de Poitiers
UFR SHA
8 rue Descartes
86022 Poitiers cedex
Piercing et bijoux corporels
Un site sur le piercing et les bijoux intimes
http://www.bijintim.com/index2.html